Committee of Experts on the Operation of European Conventions on Co-Operation in Criminal Matters (PC-OC)

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    Strasbourg, 12 avril 2006
    [PC-S-AV\Docs 2006\PC-S-AV(2006)09 – f ] PC-S-AV (2006) 09

    COMIT EUROPEN POUR LES PROBLMES CRIMINELS
    (CDPC)

    Groupe de spcialistes sur l’assistance aux victimes
    (PC-S-AV)

    RAPPORT DE SYNTHSE
    de la 5e et dernire runion

    Strasbourg, 15-16 mars 2006

    Mmorandum du Secrtariat
    prpar par
    la Direction Gnrale des Affaires juridiques

    **********************************

    Rsum :

    Le groupe a adopt l’expos des motifs de la recommandation sur l’assistance aux victimes et la prvention de la victimisation rpte.

    Il a galement adopt quelques amendements l’avant-projet de recommandation.

    L’avant-projet de recommandation et l’expos des motifs seront soumis au CDPC sa 55e session plnire (3-7 avril 2006).

    Le groupe a galement dfini une srie d’activits de suivi dans le domaine de l’assistance aux victimes, qui pourraient tre entreprises par le Conseil de l'Europe.

    I OUVERTURE DE LA RUNION ET ADOPTION DE L’ORDRE DU JOUR

      1. Dame Helen REEVES (Royaume-Uni), prsidente du comit, ouvre la runion.
      2. L’ordre du jour est adopt (annexe I).
      3. La liste des participants figure l’annexe II du prsent rapport.

    II ADOPTION DU RAPPORT DE LA 4E RUNION

      4. Le groupe confirme que le rapport reproduit de manire adquate les discussions de sa 4e runion.

    III EXAMEN DU PROJET D’EXPOS DES MOTIFS DU PROJET DE RECOMMANDATION SUR L’ASSISTANCE AUX VICTIMES ET LA PRVENTION DE LA VICTIMISATION RPTE

      5. Le groupe accueille favorablement les observations de certaines dlgations du CODEXTER concernant l’avant-projet de recommandation qui leur avait t transmis aprs la 4e runion du comit. Le groupe a tenu compte de ces observations pour l’examen de l’expos des motifs et la finalisation du projet de recommandation ; il a dcid de les transmettre au CDPC pour sa prochaine session plnire.

      6. Aprs examen des diffrentes parties du projet d’expos des motifs, le groupe adopte l’expos des motifs de la recommandation sur l’assistance aux victimes et la prvention de la victimisation rpte (annexe IV).

      7. Quelques amendements l’avant-projet de recommandation, rsultant de l’examen de l’expos des motifs, sont galement adopts (annexe III).

      8. Le nouvel avant-projet de recommandation et son expos des motifs seront transmis au CDPC pour sa session plnire (3-7 avril 2006).

    IV PROPOSITIONS DE SUIVI EN MATIERE D’ASSISTANCE AUX VICTIMES, POUR SOUMISSION AU CDPC

      9. Le groupe a identifi les propositions prioritaires suivantes, qui pourraient tre examines par le CDPC :

              i. Indemnisation des victimes de crimes : tudes et recherches sur l’application des normes en vigueur, la gestion des fonds, les bonnes pratiques, les difficults et les risques de chevauchement d’activits avec d’autres services tels que les services sociaux ou sanitaires.
              ii. Justice rparatrice et mdiation en matire pnale : laboration d’instruments europens modernes pour complter, au niveau rgional, les travaux entrepris par l’ONU dans ce domaine, et pour largir et mettre jour les normes du CdE relatives la mdiation, labores en 1999.
              iii. Promouvoir la visibilit des normes du CdE dans le domaine des victimes – et notamment de la nouvelle recommandation – dans les Etats membres et auprs du grand public, par le biais de publications, traductions, site Web, etc.
              iv. Renforcer les programmes d’assistance dans le domaine des victimes de manire diffuser les normes du CdE et accompagner les Etats membres dans leur mise en œuvre.

      10. De plus, des travaux supplmentaires pourraient tre envisags, notamment sur la position de la victime dans le cadre du droit pnal et de la procdure pnale (mise jour de la Recommandation R(85)11) ainsi que sur la prvention/rduction de la criminalit.

      11. Le groupe adopte la liste de dcisions prises par le comit (PC-S-AV (2006)06) la prsente runion.

      12. Enfin, le groupe remercie chaleureusement sa prsidente, Dame Helen Reeves, pour sa prsidence efficace, son expertise et son engagement.

    **************************

    ANNEXE I

    LIST OF PARTICIPANTS / LISTE DE PARTICIPANTS

    SPECIALISTS / SPECIALISTES

    Ms Christa PELIKAN, Researcher, Institut fr Rechts-und Kriminalsoziologie, Museumstrasse, VIENNA, Austria Apologised / Excuse

    Mme Michle BERNARD REQUIN, Magistrate, Conseillre la Cour d’Appel de Paris, PARIS, France  Apologised / Excuse

    Mr Lszl SMJNI, Section Leader, Department of Legal Administration, Ministry of Justice, BUDAPEST, Hungary

    Dame Helen REEVES, Chair of the PC-S-AV, LONDON, United Kingdom

    Ms Cristina SOEIRO, Assistant Professor, Institute of Judicial Police of Criminal Sciences, Bureau of International Relations, Ministry of Justice, LISBON, Portugal

                      Apologised / Excuse

    Mr Daniil ZUYKOV, Prosecutor, International Law Department, Office of the Prosecutor General of the Russian Federation, MOSCOW, Russian Federation

    Ms Anna WERGENS, Lawyer, Project Leader, UME, Sweden

    EXPERTS CONSULTANT

    Dr. Professor Marc GROENHUIJSEN, Tilburg University, Department of Criminal Law, LE TILBURG, the Netherlands

    Dr. Michael KILCHLING, Senior Researcher, Manager of public relations and administrative affairs, Max Planck Institute for Foreign and International Criminal Law, Department of Criminology, FREIBURG i.Br., Germany

    REPRESENTATIVES OF OTHER COMMITTEES / REPRESENTANTS D’AUTRES COMITES

    Representatives of the Steering Committee for Human Rights (CDDH) / Reprsentant du Comit directeur pour les Droits de l'Homme (CDDH)

    Mme Deniz AKAY, Conseillre juridique, Adjointe au Reprsentant Permanent de la Turquie auprs du Conseil de l'Europe, STRASBOURG, France 

    Mr Martin EATON, Legal Consultant, BROMSGROVE, B60 1QP, United Kingdom 
    Representatives of the Committee of Experts on Terrorism (CODEXTER) / Reprsentant du Comit d’Experts sur le terrorisme (CODEXTER)

    Ms Ann Marie Bolin PENNEGRD, Ambassador, Ministry of Justice, Division for Criminal Cases and International Legal Cooperation (BIRS), STOCKHOLM, Sweden;
    Apologised / Excuse

    Mrs Mar PREUS, Conseillre technique du Cabinet, Ministre de l’Intrieur, MADRID, Spain ;

    INTERNATIONAL ORGANISATIONS / ORGANISATIONS INTERNATIONALES

    European Commission / Commission europenne

    No nomination

    Council of the European Union / Conseil de l’Union europenne

    No nomination

    International Criminal Court (ICC) / Cour Pnale Internationale (CPI)

    Ms Michaela BAUER, Support Officer, Victims and Witnesses Unit, International Criminal Court (ICC), THE HAGUE, The Netherlands Apologised / Excuse

    United Nations Interregional Crime and Justice Research Institute (UNICRI)

    No nomination

    United Nations Office on Drugs and Crime / Office contre la drogue et le crime (UNODC)

    Ms Claudia BARONI, Crime Prevention and Criminal Justice Officer, Legal Advisory Services/DTA, United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), VIENNA, Austria;

    Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights (OHCHR-UNOG) / Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme (HCNUDH)

    Ms Lucie VIERSMA, Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, Service de la Recherche et du Droit au Dveloppement, GENEVE, Suisse 

    COUNCIL OF EUROPE SECRETARIAT / SECRETARIAT DU CONSEIL DE L'EUROPE

    Ms Bridget O’LOUGHLIN, Head of the Criminal Justice Division, Department of Crime Problems, DG I - Legal Affairs /Chef de la Division de la Justice Pnale, Service des problmes Criminels, DGI – Affaires Juridiques 

    Mr Humbert de BIOLLEY, Programme Adviser, Secretary to the PC-S-AV, Department of Crime Problems, DG I - Legal Affairs / Conseiller de Programme, Secrtaire du PC-S-AV, Service des problmes Criminels, DGI – Affaires Juridiques

    Ms Dominique WULFRAN, Assistant, Department of Crime Problems, DG I - Legal Affairs / Assistante, Service des problmes Criminels, DGI – Affaires Juridiques

    INTERPRETERS / INTERPRETES

    Mr Robert SZYMANSKI Mme Chlo CHENETIER Mme Sylvie BOUX

    ANNEXE II

    AGENDA / ORDRE DU JOUR

      1. Opening of the meeting / Ouverture de la runion

      2. Adoption of the agenda / Adoption de l’ordre du jour

      3. Report of the 4th meeting of the Group – comments / Rapport de la 4me runion du Groupe - observations

      4. Discussion of the draft Explanatory memorandum to the draft Recommendation on the assistance to victims and the prevention of repeat victimisation / Discussion du projet d’expos des motifs du projet de Recommandation sur l’assistance aux victimes et la prvention de la victimisation rpte

      5. Identification of follow-up proposals on the assistance to victims, to be submitted to the CDPC / Identification de propositions de suivi en matire d’acssistance aux victims, soumettre au CDPC

      6. Miscellaneous / Divers

      7. Closing of the meeting / Clture de la runion

      ***

    ANNEXE III

    Avant-projet d’une
    RECOMMANDATION SUR L’ASSISTANCE AUX VICTIMES D’INFRACTIONS

    Prambule

    Le Comit des Ministres, en vertu des dispositions de l’article 15.b du Statut du Conseil de l'Europe,

    Conscient du fait que la victimisation par le crime est un phnomne quotidien qui affecte la vie des citoyens partout en Europe,

    (i) Eu gard la recommandation R(87)21 sur l’assistance aux victimes et la prvention de la victimisation, destine complter la Convention europenne relative au ddommagement des victimes d'infractions violentes de 1983 (STE n116) et la recommandation  R (85) 11 sur la position de la victime dans le cadre du droit pnal et de la procdure pnale ;

    (ii) Observant que, depuis l’adoption de la recommandation R (87) 21, plusieurs recommandations ont t adoptes par le Comit des Ministres et que d’importants dveloppements sont intervenus dans le domaine de l’assistance aux victimes, notamment des volutions en terme de lgislations et de pratiques nationales, une meilleure comprhension des besoins des victimes et de nouveaux travaux de recherche ;

    (iii) Ayant l’esprit la Convention europenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Liberts fondamentales (1950), la Convention europenne relative au ddommagement des victimes d'infractions violentes (1983), la Convention du Conseil de l'Europe pour la prvention du terrorisme (2005) et la Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des tres humains (2005);

    (iv) Rappelant les rsolutions des Confrences des ministres europens de la Justice en 2003 et en 2005, invitant le Comit des Ministres adopter de nouvelles rgles concernant l’amlioration du soutien aux victimes d’actes terroristes et leur famille ;

    (v) Observant le travail du Comit d’experts sur le terrorisme (CODEXTER) qui traite notamment des victimes du terrorisme ;

    (vi) Ayant examin les Lignes directrices sur les droits de l'homme et la lutte contre le terrorisme, adoptes par le Comit des Ministres le 11 juillet 2002 et les Lignes Directrices sur la protection des victimes d'actes terroristes, adoptes le 2 mars 2005;

    (vii) Tenant compte des normes labores par l’Union europenne et les Nations Unies concernant les victimes ;

    (viii) Notant avec satisfaction les travaux mens par des organisations non gouvernementales concernant l’assistance aux victimes ;

    (ix) Conscient de la ncessit d’une coopration entre les Etats, notamment en matire d’assistance aux victimes du terrorisme et d’autres formes de crimes transnationaux;

    (x) Conscient de la ncessit de prvenir la victimisation rpte, notamment pour les victimes appartenant des groupes vulnrables ;

    (xi) Convaincu qu’il est de la responsabilit de l’Etat aussi bien de veiller ce qu’une assistance soit assure aux victimes que de s’occuper des auteurs d’infraction.

    Recommande aux gouvernements des Etats membres de diffuser les principes indiqus dans l’Annexe la prsente Recommandation, qui remplace la Recommandation R(87)21 sur l’assistance aux victimes et la prvention de la victimisation, et de s’en inspirer dans leur lgislation et leur pratiques internes.

1. Dfinitions

    Aux fins de la prsente recommandation,

    1.1 On entend par victime toute personne physique qui a subi un prjudice, y compris une atteinte son intgrit physique ou mentale, une souffrance morale ou un prjudice conomique caus par des actes ou des omissions violant le droit pnal d’un Etat membre. Le terme  victime  inclut galement, le cas chant, la famille immdiate ou les personnes charge de la victime directe.
    1.2 On entend par victimisation rpte la situation dans laquelle une mme personne est victime de plus d’une infraction pnale sur une priode donne.
    1.3 On entend par victimisation secondaire la victimisation qui se produit non pas comme rsultat direct de l’acte criminel mais rsultant de la rponse apporte par les institutions et les individus la victime.

    2. Principes

    2.1 Les Etats devraient assurer la reconnaissance effective et le respect des droits des victimes, eu gard leurs droits fondamentaux ; ils devraient en particulier respecter la scurit, la dignit, la vie prive et familiale des victimes et reconnatre les effets ngatifs des infractions sur les victimes.
    2.2 Les Etats devraient s’assurer que toutes les victimes sans distinction aient accs aux mesures nonces dans la prsente Recommandation.
    2.3 L’offre de ces services et la mise en place de ces mesures ne devraient dpendre ni de l’identification, de l’arrestation, des poursuites engages l’encontre de l’auteur de l’infraction pnale, ni de sa condamnation.

    3. Assistance

    3.1 Les Etats devraient identifier et soutenir les mesures visant diminuer les effets ngatifs de l’infraction et s’assurer que les victimes soient assistes dans tous les aspects de leur rhabilitation, dans la communaut, leur domicile et au lieu de travail.
    3.2 L’assistance disponible devrait inclure la fourniture de soins mdicaux, d’aide matrielle ainsi que des services de sant psychologique, des services sociaux et du conseil. Ces services devraient tre gratuits, tout le moins immdiatement aprs l’infraction.

    3.3 Les victimes devraient tre protges de la victimisation secondaire.
    3.4 Les Etats devraient s’assurer que des mesures spciales, les mieux adaptes chaque situation, soient offertes aux victimes particulirement vulnrables, soit du fait de leurs caractristiques personnelles, soit des circonstances de l’infraction.
    3.5 Autant que possible, l’assistance devrait tre fournie dans une langue comprise par la victime.

    4. Le rle des services publics

    4.1 Les Etats devraient identifier et soutenir les mesures encourageant tout personnel et organisation en contact avec les victimes les respecter, reconnatre leur statut et comprendre les effets ngatifs du crime.

    Institutions de la justice pnale
    4.2 La police et les autres institutions de la justice pnale devraient identifier les besoins des victimes afin qu’une information, une protection et une assistance approprie leur soit disponible.
    4.3 Les Etats devraient faciliter l’orientation des victimes par la police vers des services d’aide de manire ce que les services adapts puissent leur tre proposs.
    4.4 Les victimes devraient obtenir des explications sur les dcisions prises dans le cadre de leur affaire et devraient avoir des occasions de prsenter des informations pertinentes au personnel de la justice pnale charg de prendre ces dcisions.
    4.5 Une assistance juridique devrait tre mise disposition lorsque cela s’avre approprie.

    Services dans la communaut
    4.6 Les Etats devraient promouvoir l’offre de mesures spciales de support ou de protection des victimes, par exemple par les organismes de sant, de scurit sociale, de logement, d’ducation et d’emploi.

    Rle des Ambassades et Consulats
    4.7 Les Ambassades et les Consulats devraient fournir des informations et une assistance appropries leurs ressortissants qui sont victimes d’une infraction.

    5. Services d’aide aux victimes

    5.1 Les Etats devraient proposer ou favoriser la mise en place de services spcifiquement axs sur l’aide aux victimes, et appuyer les travaux des organisations non gouvernementales qui portent assistance aux victimes

    Normes minimales
    5.2 Ces services devraient :

      tre facilement accessibles ;
      apporter aux victimes un soutien gratuit de nature psychologique, sociale et matrielle avant, pendant et aprs l’enqute et les procdures judiciaires ;
      avoir toutes les comptences requises pour traiter des problmes auxquels sont confrontes les victimes dont ils s’occupent ;
      fournir aux victimes les informations relatives leurs droits et aux services existants ;
      le cas chant, orienter les victimes vers d’autres services ;
      respecter la confidentialit lors de la prestation de ces services.

    Centres spcialiss
    5.3 Les Etats sont invits favoriser la mise en place ou la prennit de centres spcialiss pour les victimes d’infractions telles que les violences sexuelles et domestiques, et de faciliter l’accs ces centres.
    5.4 Les Etats pourraient galement estimer ncessaire d’encourager la cration ou le maintien de centres spcialiss pour les victimes d’infractions dans des situations de victimisation massive, notamment le terrorisme.

    Lignes tlphoniques nationales d’urgence
    5.5 Les Etats sont invits mettre en place ou aider des services tlphoniques nationaux gratuits pour les victimes.

    Coordination des services d’aide aux victimes
    5.6 Les Etats devraient prendre des mesures pour assurer la coordination des activits des services d’aide aux victimes, de manire veiller ce que:

      une large gamme de services soit offerte et accessible ;
      des normes de bonnes pratiques pour les services d’aide aux victimes soient labores et observes ;
      une formation approprie soit dispense et coordonne ;
      ils puissent tre consults par le gouvernement lors de l’laboration de mesures politiques et lgislatives.
      Cette tche pourrait tre confie une organisation nationale unique ou tre ralise par d’autres moyens.

    6 Information

    Fourniture d’informations
    6.1 Les Etats devraient veiller ce que les victimes aient accs aux informations qui les concernent et qui sont ncessaires pour la protection de leurs intrts et l’exercice de leurs droits.
    6.2 Les informations devraient tre transmises ds que la victime prend contact avec les services de police ou de justice pnale ou les services sociaux ou de sant. Elles devraient tre communiques oralement et par crit et, dans la mesure du possible dans une langue comprhensible par la victime.

    Contenu des informations

    6.4 Toutes les victimes devraient recevoir des informations concernant les services ou les organisations susceptibles de leur apporter une aide, le type d’aide et le cas chant son cot.
    6.5 Lorsqu’une plainte a t dpose aux services de police ou de justice pnale, les informations fournies la victime devraient, au minimum, porter sur les lments suivants :

      la procdure qui s’ensuivra et le rle de la victime dans cette procdure ;
      les modalits et les conditions d’obtention d’une protection ;
      les modalits et les conditions d’obtention d’une indemnisation de la part de l’auteur de l’infraction;
      la disponibilit et, le cas chant, le cot de :

          (i) l’assistance juridique,
          (ii) l’aide juridictionnelle, ou
          (iii) de tout autre type d’assistance,

      les dmarches entreprendre pour rclamer, le cas chant, une indemnisation,
      dans le cas o la victime rside dans un autre Etat, les mcanismes existants lui permettant de dfendre ses intrts.

    Informations relatives aux procdures judiciaires
    6.6 A moins que la victime ne souhaite pas recevoir d’information, les Etats devraient veiller ce qu’elle soit tenue informe et comprenne :

      les suites donnes sa plainte ;
      les diffrentes tapes du droulement de la procdure pnale,
      la dcision et, le cas chant, la condamnation, prononc(e) par la juridiction comptente.

    7 droit un acces effectif a d’autres voies de recours

    7.1 Les victimes peuvent avoir besoin de former des recours en matire civile pour dfendre leurs droits la suite d’une infraction. Les Etats devraient donc prendre les mesures ncessaires pour assurer un accs effectif des victimes tout recours en matire civile, dans des dlais raisonnables, en prvoyant :

      un droit d’accs aux juridictions comptentes ; et
      une aide juridictionnelle, le cas chant.

    7.2 Les Etats devraient instaurer des procdures permettant aux victimes de rclamer une indemnisation l’auteur de l’infraction dans le cadre d’une procdure pnale. Les victimes devraient bnficier d’un soutien et de conseils pour entreprendre ces dmarches et pour veiller au versement des indemnits accordes.

8 Indemnisation accorde par l’Etat

    Bnficiaires
    5.1 L’Etat devrait accorder une indemnisation:

      aux victimes d’infractions consistant en des actes graves de violence commis de manire intentionnelle, y compris les violences sexuelles;
      la famille proche et aux personnes charge des personnes dcdes la suite de tels faits.

    Fonds d’indemnisation
    8.2 Les Etats devraient mettre en place un mcanisme d’indemnisation des victimes d’infractions commises sur leur territoire, quelle que soit la nationalit de la victime.
    8.3 L’indemnisation accorde aux victimes devrait tre base sur le principe de solidarit sociale.
    8.4 L’indemnisation devrait tre accorde sans retard, un niveau juste et appropri.
    8.5 Dans la mesure o de nombreuses personnes sont victimes d’infractions dans un autre Etat europen que le leur, les Etats sont encourags cooprer pour permettre aux victimes de rclamer une indemnisation l’Etat sur le territoire duquel l’infraction a t commise en dposant leur demande auprs d’une instance comptente dans leur pays.

    Prjudices indemniser
    8.6 L’indemnisation devrait couvrir les soins et la rducation pour les prjudices physiques et pourrait englober le pretium doloris et les prjudices psychologiques.
    8.7 Les Etats devraient galement envisager d’accorder une indemnisation pour la perte de revenus, les frais funraires et la perte d’aliments pour les personnes charge.

    Subsidiarit
    8.8 L’indemnisation de l’Etat ne devrait intervenir que dans la mesure o le prjudice n’est pas couvert par ailleurs, notamment par l’auteur de l’infraction, par les assurances ou par les services sociaux et mdicaux financs par l’Etat.

    9 Assurance

    9.3 Les Etats devraient valuer l’tendue de la couverture prsente par les compagnies d’assurance publique ou prive aux diffrentes catgories de victimes d’actes criminels. L’objectif serait d’assurer un accs quitable en matire d’assurance pour tous les rsidents.
    9.4 Les Etats sont invits trouver des moyens garantissant que des polices d’assurance soient accessibles au plus grand nombre. Les biens personnels ainsi que l’intgrit physique des personnes devraient tre assurs. Les Etats devraient encourager les propritaires de logements publics ngocier des polices d’assurance collectives pour tous leurs locataires, de manire veiller ce que les personnes occupant des proprits publiques soient correctement couvertes.
    9.5 Les Etats sont invits veiller ce que les polices d’assurance n’excluent pas les prjudices causs par des actes de terrorisme.

    10 Protection

    A. Protection de l’intgrit physique et psychologique
    10.1 Les Etats devraient garantir, toutes les tapes de la procdure, la protection de l’intgrit physique et psychologique de la victime. Une protection particulire pourra tre ncessaire pour les victimes susceptibles d’tre amenes tmoigner.
    10.2 Des mesures de protection particulires devraient tre prises pour les victimes exposes un risque d’intimidation, de reprsailles ou de victimisation rpte.
    10.3 Les Etats devraient prendre les mesures ncessaires pour s’assurer qu’il puisse tre dcid, tout le moins lorsque la remise en libert de la personne poursuivie ou condamne pour une infraction pourrait faire courir un danger aux victimes, d’avertir celles-ci en cas de besoin.
    10.4 Dans la mesure o un Etat transmet de sa propre initiative les informations vises au point 10.3, il devrait veiller ce que les victimes soient en droit de ne pas les recevoir, sauf si la procdure pnale suivie en la matire impose la communication de ces informations.

    B. Protection contre la victimisation rpte
    10.5 Les Etats devraient prendre des mesures pour identifier et lutter contre la victimisation rpte. La prvention de la victimisation rpte devrait tre une composante essentielle de toutes les stratgies en matire d’assistance aux victimes et de prvention de la criminalit.
    10.6 L’ensemble du personnel intervenant auprs des victimes devrait recevoir une formation approprie sur les risques de victimisation rpte et sur les moyens de minimiser ces risques.
    10.7 Les victimes devraient tre informes des risques de victimisation rpte et des moyens de minimiser ces risques et aides mettre en oeuvre les mesures proposes.

    C. Protection de la vie prive
    10.8 Les Etats devraient prendre les mesures ncessaires pour viter, autant que faire se peut, une atteinte au respect de la vie prive et familiale des victimes, en particulier lors de l’enqute et de l’action pnale.
    10.9 Les Etats devraient encourager les mdias adopter et respecter des mesures d’autorglementation destines garantir le respect de la vie prive des victimes.

    11 Confidentialit

    11.1 Les Etats devraient encourager tous les organismes, officiels ou non gouvernementaux, en contact avec les victimes, adopter des normes claires par lesquelles ils s’engagent ne pas divulguer des tiers des informations qui leur ont t communiques par la victime ou concernant cette dernire, moins que :

      la victime n’ait donn son accord cette divulgation,
      qu’il existe une obligation lgale de communiquer ces informations ou
      conformment des considration morales imprieuses.

    11.2 Dans ces trois cas d’exception, la divulgation d’informations devrait tre rgie par des rgles claires. Des procdures de recours devraient tre publies pour traiter des cas de violations prsumes de ces rgles.

    12 slection et formation du personnel

    12.1 Les Etats devraient apporter leur aide et leur soutien aux services d’aide aux victimes pour :

      l’laboration de normes appropries pour la slection de l’ensemble du personnel, salari et bnvole, charg d’apporter une aide directe aux victimes ;
      l’organisation de formations et de soutien pour l’ensemble du personnel, salari et bnvole, pour veiller ce que l’assistance fournie rponde des normes professionnelles.

    Formation
    12.2 La formation devrait au minimum porter sur :

      La sensibilisation aux effets ngatifs de l’infraction sur les victimes;
      Les comptences et connaissances ncessaires pour apporter une aide aux victimes
      La sensibilisation aux risques de victimisation secondaire et les comptences ncessaires pour les prvenir.

    Formation spcialise
    12.3 Une formation spcialise devrait tre dispense l’ensemble du personnel intervenant auprs d’enfants et de victimes de catgories spcifiques d’infractions, en particulier les victimes de violences domestiques, de violences sexuelles, de crimes de haine ainsi qu’aux familles des victimes de meurtres.

    Formation du personnel dans d’autres services
    12.4 Les Etats membres devraient veiller ce qu’une formation approprie soit propose :

      aux forces de police et aux autres catgories du personnel de justice;
      aux services d’urgence et autres intervenants sur les lieux d’un incident majeur ;
      au personnel concern des services de sant, de logement, de scurit sociale, d’ducation et d’emploi.

    12.5 Le personnel devrait recevoir une formation suffisante pour lui permettre de grer ses contacts avec les victimes. La formation devrait au minimum porter sur:

      La sensibilisation gnrale aux effets de l’infraction sur les attitudes et les comportements (y compris verbaux) d’une victime,
      Les risques de victimisation secondaire et les comptences requises pour minimiser ces risques ;
      Les services existants offrant des informations et un soutien rpondant spcifiquement aux besoins des victimes et les moyens d’accder ces services.

    13 Mdiation

    13.1 Lors de leur intervention auprs des victimes, les organismes officiels devraient, lorsque cela est opportun, envisager les possibilits que prsente une mdiation entre la victime et l’auteur de l’infraction.
    13.2 L’intrt des victimes doit primer dans la prise de dcision ainsi que durant le processus de mdiation. Il conviendrait de tenir dment compte des bnfices et risques potentiels pour la victime.
    13.3 Les Etats devraient encourager l’adoption de normes claires pour protger les intrts des victimes. Ces normes devraient notamment porter sur la capacit des parties donner leur libre consentement, les questions de confidentialit, l’accs une source indpendante d’information ainsi que la possibilit de se retirer de la procdure tout moment et la comptence des mdiateurs.

    14 Coordination et cooperation

    14.1 Chaque Etat devraient laborer et appliquer des stratgies coordonnes pour promouvoir et protger les droits et les intrts des victimes.
    14.2 A cette fin, chaque Etat devrait veiller, tant au niveau national que local, ce que

      tous les organismes, officiels, non gouvernementaux ou bnvoles, oeuvrant dans le domaine de la justice pnale, de l’aide sociale et des soins de sant, collaborent pour apporter une rponse coordonne aux victimes ;
      soient labores des procdures complmentaires pour grer les situations de victimisation grande chelle ainsi que des stratgies globales de mise en œuvre incluant l’identification des organismes principaux.

    15 coopration Internationale

    Elaboration des rponses des Etats
    15.1 Les Etats devraient collaborer dans la mise en place d’une rponse efficace et coordonne aux crimes transnationaux. Ils devraient veiller ce qu’une rponse globale soit offerte aux victimes et ce que les services collaborent dans la fourniture d’une assistance.

    Coopration avec l’Etat de rsidence
    15.2 Dans les cas o la victime ne rside pas habituellement dans l’Etat sur le territoire duquel l’infraction a t commise, l’Etat en question et l’Etat de rsidence devraient collaborer pour assurer une protection la victime et l’aider dans ses dmarches pour porter plainte ainsi qu’au cours de la procdure judiciaire.

    16 sensibiliser l’opinion publique aux effets de l’infraction

    16.1 Les Etats devraient contribuer sensibiliser l’opinion publique aux besoins des victimes et oeuvrer la comprhension et la reconnaissance des effets de l’infraction de manire prvenir la victimisation secondaire et faciliter la rinsertion de la victime.
    16.2 Cette initiative devrait tre finance par l’Etat et passer par des campagnes de publicit, utilisant tous les mdias existants.
    16.3 Le rle du secteur non gouvernemental dans la sensibilisation du public la situation des victimes devrait tre reconnu, promu et soutenu.

    17 tudes et recherches

    17.1 Les Etats devraient promouvoir, aider et, dans la mesure du possible, financer ou faciliter la collecte de fonds pour la recherche en victimologie, y compris la recherche compare par des chercheurs nationaux ou trangers.

      La recherche devrait porter sur :
      La victimisation d’origine criminelle et son impact sur les victimes ;
      La prvalence et les risques de victimisation d’origine pnale, y compris les facteurs affectant le risque ;
      L’efficacit des mesures lgislatives et d’autre nature, pour le soutien et la protection des victimes dans la justice pnale et dans la communaut.
      L’efficacit de l’intervention par les institutions de la justice pnale et par les services aux victimes.

    17.2 Les Etats devraient prendre en compte l’tat le plus avanc de la connaissance en matire de recherche en victimologie pour dvelopper leurs politiques en matire de victimes de manire cohrente et base sur des preuves.
    17.3 Les Etats devraient encourager tous les organismes, gouvernementaux ou non, s’occupant des victimes, partager leur expertise avec d’autres agences ou institutions – de manire nationale et internationale.

    * * *

    ANNEXE IV

    EXPOS DES MOTIFS A LA RECOMMANDATION SUR L’ASSISTANCE AUX VICTIMES D’INFRACTIONS

    Introduction

    Contexte de la Recommandation n R (87) 21 sur l’assistance aux victimes et la prvention de la victimisation

    1. Les statistiques indiquent que la victimisation est un phnomne quotidien en Europe. Les menaces de terrorisme, ainsi que les actes terroristes et d’autres formes de crimes transnationaux, requirent galement l’amlioration des divers systmes d’assistance aux victimes.
    2. En 2003, sur la base d’une tude1 consacre la pertinence de la Recommandation n R (87) 21, le Conseil Scientifique Criminologique (PC-CSC) a conclu la ncessit de l’laboration d’une nouvelle recommandation en la matire afin d’actualiser la Recommandation n R (87) 21.
    3. La Recommandation n R (87) 21 tait conue pour complter la Convention Europenne relative au Ddommagement des Victimes d’Infractions Violentes de 1983 (STE n 116) et la Recommandation n R (85) 11 sur la position de la victime dans le cadre du droit pnal et de la procdure pnale.
    4. Depuis l’adoption de la Recommandation n R (87) 21 en 1987, d’importants dveloppements sont intervenus dans le domaine de l’assistance aux victimes en Europe. La lgislation et la pratique des Etats membres ont volu, comme le prouvent plusieurs tudes consacres ce sujet.
    5. En 1996, le Comit des Ministres du Conseil de l’Europe a adopt la Recommandation n R (96) 8 — intitule  Politique criminelle dans une Europe en transformation  — qui appelle les Etats membres adopter une politique criminelle cohrente et concerte visant notamment fournir une assistance aux victimes. De plus, le Comit des Ministres a adopt plusieurs autres Recommandations2 qui proposent une assistance des catgories particulires de victimes.
    6. Les Nations Unies3 et l’Union Europenne4 ont labor plusieurs normes concernant les victimes.

    Victimes du terrorisme

    7. L’assistance aux victimes du terrorisme est considre comme une priorit depuis les actes terroristes perptrs New York en 2001, Beslan (Fdration de Russie) et Madrid en 2004 et Londres en 2005.
    8. Au sein du Conseil de l’Europe, les travaux dans le domaine juridique ont t confis au Comit d’experts sur le terrorisme (CODEXTER) qui s’est notamment consacr la rdaction d’instruments juridiques antiterroristes.
    9. Lors de leurs confrences tenues en 2003 et 2005, les Ministres europens de la Justice ont invit le Comit des Ministres adopter, si ncessaire, de nouvelles rgles concernant notamment l’amlioration du soutien aux victimes d’actes terroristes et leur famille5.
    10. Fruit du travail du CODEXTER, la Convention du Conseil de l’Europe pour la prvention du terrorisme (STE n 196) a t ouverte la signature en mai 2005. L’article 13 de cet instrument porte spcifiquement sur la protection, l’indemnisation et l’assistance aux victimes du terrorisme6.

    Mandat du Groupe de Spcialistes sur l’Assistance aux Victimes

    11. Le Comit des Ministres a approuv, le 15 dcembre 2004, le mandat d’un Groupe de spcialistes sur l’assistance aux victimes et la prvention de la victimisation (PC-S-AV).
    12. Ce Groupe est convi laborer, sous l’autorit du CDPC, un projet de Recommandation (actualisant la Recommandation n R (87) 21) qui noncerait, entre autres, des normes et principes appropris dans ce domaine et tiendrait notamment compte des Recommandations et Rsolutions pertinentes du Conseil de l’Europe.

    Travail du Groupe de Spcialistes sur l’Assistance aux Victimes

    13. Le PC-S-AV a tenu cinq runions entre janvier 2005 et mars 2006. Conformment son mandat, il a suivi une approche double : il lui a initialement t demand d’accorder la priorit, en temps et en substance, l’assistance aux victimes du terrorisme (une activit dont il a rendu compte la fois au CDPC et au CODEXTER en juin 2005, tout en tenant le CDDH inform) et, ensuite seulement, se concentrer sur les aspects plus larges de l’assistance aux victimes (une activit dont il rend compte au CDPC).
    14. Aprs avoir consult le CODEXTER, et ayant tenu le CDDH inform, le Groupe a adopt, lors de sa 5e runion, les 15 et 16 mars 2006, un avant-projet de recommandation et son expos des motifs: ces deux documents ont t envoys au CDPC pour adoption.

    15. Le projet de Recommandation a t approuv par le CDPC le --- et adopt par le Comit des Ministres du Conseil de l’Europe le ---.

    Observations gnrales : but de la Recommandation

    16. Le but de la Recommandation est triple :

    17. Son premier objectif est d’actualiser la Recommandation n R (87) 21 sur l’assistance aux victimes, en tenant compte de l’volution de la lgislation et de la pratique des Etats membres depuis 1987.
    18. Son deuxime objectif est d’aider les Etats membres prvenir la victimisation rpte, surtout en ce qui concerne les victimes appartenant aux groupes vulnrables de la socit.
    19. Son troisime objectif est de guider utilement les Etats membres concernant la dfinition de leur lgislation et de leur pratique en matire d’assistance aux victimes du terrorisme.

    Commentaire des dispositions de la Recommandation et son annexe.

    Prambule

    Victimes de la criminalit et victimes du terrorisme — paragraphes iv, v et vi.

    20. D’emble, le Groupe a d dterminer la mesure dans laquelle la nouvelle Recommandation traiterait spcifiquement du soutien aux victimes du terrorisme par opposition aux victimes en gnral.
    21. Bien que certains pays aient accord une priorit aux infractions de terrorisme, le Groupe a estim que les besoins des victimes du terrorisme taient essentiellement les mmes que ceux des victimes d’autres infractions.
    22. Il a fond ses rflexions sur la lgislation et la pratique nationales des Etats membres. Dans ce but, il a sollicit l’aide de l’Institut Max Planck de droit pnal tranger et international qui a effectu une tude intitule  Victims of Terrorism — Policies and Legislation in Europe — an overview on victim related assistance and support 7.
    23. Le rapport indique qu’un nombre limit de pays possde des politiques spcifiques d’assistance aux victimes du terrorisme, tels l’Espagne, la France, l’Italie, la Grce, le Royaume Unie (Irlande du Nord), la Fdration de Russie et la Turquie. La plupart des pays possdent des programmes d’assistance qui s’appliquent aux victimes en gnral et peuvent donc couvrir les victimes du terrorisme. Un nombre plus limit d’Etats a mis en œuvre des fonds tatiques d’indemnisation pour les victimes d’infractions en gnral ou victimes de terrorisme en particulier.

    24.Le Groupe a galement tenu compte des Rsolutions pertinentes des Ministres europens de la Justice, des Lignes Directrices sur les Droits de l’Homme et la Lutte contre le Terrorisme adoptes par le Comit des Ministres le 11 juillet 2002 et des Lignes Directrices sur la Protection des Victimes d’Actes Terroristes, adoptes par ce mme organe le 2 mars 20058, ainsi que des travaux du CODEXTER (y compris ses profils de pays sur leur capacit juridique et institutionnelle lutter contre le terrorisme9).
    25.Sur la base des informations fournies par l’expert scientifique de l’Institut Max Planck, le Groupe a adopt un rapport sur l’assistance aux victimes du terrorisme en juin 2005 et l’a fait parvenir au CODEXTER et au CDPC10, qui l’ont comment.

    26. Dans ses discussions consacres au texte de la nouvelle Recommandation sur l’assistance aux victimes en gnral, le Groupe a dcid de dbattre successivement de chaque article et d’inclure, si ncessaire, des dispositions visant spcifiquement les victimes du terrorisme.
    27. Sauf indication contraire, les dispositions incluses dans la Recommandation doivent tre comprises comme applicables l’ensemble des victimes de la criminalit, y compris les victimes du terrorisme.

28. Le prsent Expos des motifs contient quelques exemples de pratique nationale. En outre, le rapport  Victims of Terrorism – policies and legislation in Europe , ainsi que les profils de pays runis par le CODEXTER, fournissent des informations sur les principaux lments des pratiques et lgislations nationales en matire d’indemnisation des victimes du terrorisme. Lesdits lments peuvent tre pris en considration par les Etats lorsqu’ils appliquent l’article 13 de la Convention du Conseil de l’Europe pour la Prvention du Terrorisme (STE n 196). 11

    Porte de l’assistance aux victimes

    29. L’assistance aux victimes est comprise, aux fins de la prsente Recommandation, comme incluant diverses mesures que les Etats sont encourags adopter dans le but gnral d’attnuer les effets ngatifs des infractions sur les victimes et de contribuer leur rhabilitation dans la communaut.
    30. Par consquent, outre les services d’aide proposs aux victimes, la Recommandation aborde aussi des questions telles que l’information des victimes, la protection des victimes, les mesures sociales, la slection et la formation du personnel travaillant avec les victimes, certains aspects des systmes de justice civile et pnal, l’indemnisation et la mdiation. Cette approche holistique de l’assistance aux victimes reflte la manire dont les diffrents acteurs et institutions de la socit devraient interagir avec les victimes.
    31. La Recommandation contient des dispositions dtailles sur les diffrents types d’assistance aux victimes. Cette attention porte aux dtails est dlibre et correspond au dsir de fournir des conseils utiles aux spcialistes et aux autorits en vue du dveloppement de la pratique et de la lgislation. Les normes dictes dans la Recommandation devraient contribuer dfinir de nouvelles aspirations dans le domaine de l’assistance aux victimes.

    Rle des organisations non gouvernementales (ONG) — paragraphe viii

    32. Le Groupe a reconnu le rle important jou par les organisations non gouvernementales (ONG) dans l’assistance aux victimes et dans le renforcement d’un dialogue avec les autorits publiques comptentes. Les ONG contribuent fortement la sensibilisation au sort des victimes et au renforcement des cadres institutionnels et juridiques pertinents.
    33. En particulier, le Groupe a mentionn le travail et l’exprience d’associations telle que le  Forum Europen des Services d’Aide aux Victimes  (ci-aprs  le Forum ), un rseau de 21 organisations nationales non gouvernementales provenant de 19 Etats europens. Le Groupe a t assist par les dclarations politiques faites par le Forum sur diverses questions12.

    Prvention de la criminalit et de la victimisation rpte – paragraphe x.

    34. La Recommandation couvre l’assistance aux victimes et la prvention de la victimisation rpte. A la diffrence de la Recommandation n R (87) 21, elle ne vise pas la prvention de la criminalit en gnral, un domaine actuellement plus communment appel  rduction de la criminalit .
    35. La rduction de la criminalit est considre comme une question affectant l’ensemble de la collectivit et pas seulement les personnes victimes de la criminalit13. Au vu de tous les travaux dj mens sur ce sujet, il a t convenu que ce thme ferait l’objet d’un document distinct et exclu du mandat du Groupe.

    36. On en sait beaucoup plus maintenant sur le phnomne connu sous le terme de  victimisation rpte 14, qui est le seul aspect de la rduction de la criminalit qui affecte directement les personnes ayant dj t victimes de la criminalit. Les recherches menes dans diffrents pays d’Europe ont confirm qu’une fois une infraction commise, la possibilit d’une infraction similaire sur la mme victime, ou au sein du mme foyer, augmente considrablement.
    37. La nouvelle Recommandation attire l’attention sur ce phnomne et sur la responsabilit de l’Etat concernant l’insertion de mesures de prvention de la victimisation rpte dans les dispositions gnrales relatives aux services d’aide aux victimes.

    Considrations gnrales sur l’assistance aux victimes – paragraphe xi

    38. Le Groupe a exprim sa profonde conviction que l’assistance aux victimes doit tre comprise, renforce et promue comme une fin en soi.
    39. En particulier, l’assistance prodigue aux victimes doit tre conue, organise et fournie indpendamment des intrts globaux du systme de justice pnale. Mme lorsque les intrts et la position des victimes sont pris en compte dans le contexte de la procdure pnale, l’objectif global des politiques d’assistance aux victimes doit mettre d’abord l’accent sur les intrts de ces dernires.

    Protection accrue

    40. Rien dans la Recommandation n’empche les Etats d’adopter des mesures et de proposer des services plus favorables que ceux dcrits dans cet instrument.

2. Dfinitions

    41. Les dfinitions proposes dans la prsente section visent aider le lecteur comprendre l’acception des termes mentionns dans la Recommandation qui n’apparaissant pas dans d’autres instruments du Conseil de l’Europe.

    42. Victime : la dfinition est cohrente par rapport l’article 1 de la Dcision-cadre du Conseil europen (UE) relative au statut des victimes dans le cadre de procdures pnales15. Elle englobe les personnes physiques victimes de tous les types d’infractions, y compris les infractions non violentes et les infractions rsultant d’une ngligence.
    43. Aux fins de la Recommandation, la famille immdiate et les personnes charge d’une victime d’infraction sont galement considres comme des victimes. La notion de  famille immdiate  inclut le conjoint ou le partenaire.
    44. La dfinition des victimes, ainsi que l’inclusion des membres de la famille et des personnes charge, est conforme aux normes des Nations Unies, telle la Dclaration des Principes fondamentaux de Justice relatifs aux Victimes de la Criminalit et d’Abus de Pouvoir (1985)16.

    45. Victimisation rpte : la dfinition a t approuve par le PC-S-AV sur la base des travaux mens par les chercheurs et les spcialistes. Elle renvoie des situations dans lesquelles une mme personne est victime de plus d’une infraction pnale sur une priode donne. Elle s’applique, par exemple, aux victimes de cambriolages rpts, de violence domestique continue ou de toute forme de harclement.

    46. Victimisation secondaire : la recherche et l’exprience professionnelle dmontrent que la victimisation secondaire, gnre par des institutions ou des individus, est souvent exprimente par les victimes dans la priode immdiatement conscutive l’infraction. La victimisation secondaire implique un manque de comprhension des souffrances de la victime, ce qui peut la mener se sentir isole ou inscurise, perdant foi en l’aide disponible de sa communaut et des agences professionnelles. L’exprience de la victimisation secondaire intensifie les consquences immdiates de l’infraction en prolongeant ou aggravant le traumatisme de la victime. Des attitudes, comportements, actes ou omissions peuvent mener les victimes se sentir trangres la socit dans son ensemble.17

3. Principes

    47. La responsabilit de l’Etat en matire d’assistance aux victimes dcoule des obligations nonces dans la Convention Europenne des Droits de l’Homme. Les Etats parties la Convention ont une obligation positive de reconnatre   toute personne relevant de leur juridiction les droits et liberts dfinis [dans la] Convention . et en particulier leur droit la vie (Art 2), la scurit (Art 5) et la vie prive et familiale (Art 8).
    48. Les Etats devraient reconnatre les effets ngatifs des infractions sur les victimes et prendre des mesures pour attnuer lesdits effets et faciliter la rhabilitation des victimes dans la communaut.

    49. Les caractristiques personnelles d’une victime — telles que sa race, sa couleur, son sexe, son orientation sexuelle, son ge, sa langue, sa religion, sa nationalit, ses opinions politiques ou autres, ses croyances ou pratiques culturelles, son tat de fortune, sa situation la naissance ou sa situation de famille, son origine ethnique ou sociale ou son handicap — ne sauraient constituer un refus d’assistance.
    50. Cela n’empche cependant pas les Etats d’laborer des dispositions spciales lorsque les caractristiques ou circonstances spcifiques de la victime le requirent.
    51. Un certain nombre d’Etats diffrencient l’assistance donne aux victimes selon le type d’infraction. Il serait cependant souhaitable qu’ils considrent en priorit les besoins des victimes.
    52. Le comportement de la victime avant, pendant ou aprs un vnement criminel ne devrait pas constituer un motif de lui refuser l’assistance. Cela pourrait cependant tre pris en compte lors de l’tude de l’tendue de l’indemnisation.
    53. Une condamnation antrieure de la victime, pour d’autres faits, ne devrait pas constituer un motif de refus d’une quelconque disposition de la Recommandation.
    54. Le recours ces services ne doit pas tre subordonn l'identification de l’auteur d'une infraction, son arrestation, l’engagement de poursuites son encontre ou sa condamnation. Il est entendu que certaines mesures, notamment la mdiation, supposent l’vidence que l’auteur des faits soit identifi.

4. Assistance

    Remarques gnrales

    55. L’tendue de l’assistance a t dveloppe supra, 29-31.
    56. Les Etats devraient s’assurer que les services mentionns dans la Recommandation sont disponibles aussi longtemps que de besoin pour la victime.
    57. Lorsque les ressources aux fins de l’assistance aux victimes – les services de conseil par exemple – sont modestes, l’Etat peut les rserver aux victimes d’infractions plus graves.

    Types d’assistance

    - L’assistance immdiate devrait consister en un examen mdical prliminaire suivi de premiers soins si ncessaire, ainsi que de la communication d’informations gnrales sur l’assistance la disposition des victimes. Le personnel en contact avec les victimes devrait tre conscient du risque de victimisation secondaire et avoir suivi une formation adquate lui permettant d’viter sa survenance.
    - A moyen terme, il s’avre particulirement utile de nommer une personne de contact ou un  agent de liaison  servant d’intermdiaire entre la victime, les services proposs par la collectivit et les quipes charges de l’enqute. L’intress devrait avoir t convenablement form sur les services disponibles, et devrait pouvoir comprendre et satisfaire les besoins motionnels de la victime. De plus, il conviendrait de garantir la protection de la vie prive de la victime.
    - A plus long terme, l’ventail des services proposs court et moyen terme devrait rester disponible tant que la victime en a besoin. Cette dernire peut exprimer le dsir de bnficier de services spcialiss ou de groupes de soutien o des victimes partagent leur exprience avec d’autres victimes. Toutefois, il ne faudrait pas que ces initiatives aient pour effet de prolonger le sentiment d’tre une  victime  chez la personne concerne.

    Assistance aux victimes particulirement vulnrables

    58. Les Etats devraient garantir une assistance aux groupes particuliers de victimes pouvant tre considrs comme vulnrables soit en raison de leurs caractristiques personnelles (comme dans le cas des enfants ou des adultes affligs d’un handicap physique ou de troubles de l’apprentissage), soit en raison du type d’infractions auquel ils sont exposs (par exemple violences domestiques ou sexuelles ou bien criminalit organise). Ces victimes devraient bnficier de mesures spciales conues en fonction de leur situation.
    59. Il conviendrait d’accorder une attention particulire aux victimes qui ne comprennent pas la langue locale : autant que possible, l’assistance devrait tre fournie dans une langue comprise par la victime.

    Assistance aux victimes de victimisation multiple

    60. Dans les cas de victimisation multiple, ce qui peut inclure le terrorisme, certaines victimes pourraient bnficier de travail en groupe ou de mise en rseau des victimes d’un mme vnement.
    61. Les Etats devraient galement prvoir les dispositions ncessaires une assistance grande chelle pour la priode succdant immdiatement ce genre d’incident, tel que dcrit sous le Chapitre 15 de la Recommandation.

5. rle des services publics

    Agences de justice pnale

    62. Les recherches ont indiqu que les victimes bnficient des orientations faites par les forces de l’ordre vers les services d’aide aux victimes. Certains Etats interprtent la lgislation relative la protection des donnes dans un sens qui empche la transmission des donnes personnelles de la victime par orientation. Les recherches ont cependant dmontr que les victimes sont satisfaites de la transmission de leurs donnes personnelles aux services d’aide aux victimes. La pratique dans des pays tels que la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni a dmontr l’efficacit de ces orientations.
    63. Les victimes devraient tre explicitement prvenues qu’elles peuvent refuser les orientations vers les services de victimes ou les offres d’assistance des services d’aide aux victimes.

    64. Les services d’aide aux victimes vers lesquels la police aiguille des personnes devraient tre tenus de proposer, en plus de leurs propres prestations, un accs des organisations spcialises dans l’aide aux victimes d’infractions spcifiques (telles que le terrorisme) ou des groupes particuliers de victimes (femmes, enfants, etc.).
    65. Bien que de nombreux Etats fournissent de l’information sur les principales dcisions prises durant les procdures pnales, peu d’Etats prennent des mesures visant expliquer ces dcisions. Des explications devraient tre fournies en particulier sur les dcisions dcrites l’Art 6.5 de la Recommandation.
    66. Lorsque la victime est bien informe de la dcision prise, elle serait davantage encline fournir des informations additionnelles pertinentes dans l’affaire en cause.
    67. En plus de la formation des agences de la justice pnale visant reconnatre les besoins des victimes, comme prvu au Chapitre 12 de la Recommandation, il a t dmontr que les systmes de  monitoring  des performances contribuent encourager de bonnes pratiques.
    68. Les victimes devraient recevoir des conseils juridiques sur les aspects de leur implication les procdures de justice pnale, y inclus la possibilit de devenir partie civile ou de demander une indemnisation.

    Services dans la collectivit

    69. Les mesures proposes dans cette section visent les aspects plus larges de la vie de la victime dans la collectivit, non couverts par le systme de justice pnale ou d’indemnisation de l’Etat. La Recommandation reconnat que de nombreuses victimes ont besoin par exemple de services mdicaux capables de soigner leurs blessures physiques et psychologiques, que l’infraction ait t ou pas signale la police. De mme, certaines victimes de cambriolages rptition ou de harclements racistes ou autres ont besoin d’une assistance sous forme de scurisation de leur domicile ou de relogement.
    70. Bien que ces dispositions soient disponibles dans la plupart des pays, par exemple le relogement d’une victime tmoin de crime organis, les droits des autres victimes ont rarement t reconnus et mriteraient une plus grande considration.

    71. La dclaration politique adopte par le Forum Europen des Services d’Aide aux Victimes sur  Les Droits Sociaux des Victimes d’Infractions Pnales  (1998)18 prvoit des exemples de mesures sociales qui pourraient tre envisages par les Etats dans des domaines tels que l’accs aux soins de sant, le revenu, la scurisation du domicile, l’emploi ou l’ducation.19

    Rle des Ambassades et Consulats

    72. Les Etats devraient prendre les mesures ncessaires pour veiller ce que leurs Ambassades et Consulats fournissent leurs ressortissants victimes d’une infraction l’information sur l’assistance leur disposition, tant dans le pays hte que dans leur propre pays. Ils devraient galement, dans la mesure du possible, accorder une assistance immdiate leurs ressortissants en les aidant obtenir notamment des documents d’identit, un billet d’avion et un logement.

6. services d’aide aux victimes

    73. En plus de l’assistance dlivre par les agences de la justice pnale et par les services publics, les Etats devraient fournir les services spcialiss ou soutenir de tels services d’aide aux victimes. Ces services peuvent revtir de trs nombreuses formes, mme si les recherches ont dmontr la valeur positive de la mise en place et de la promotion des organisations nationales — indpendantes et non gouvernementales — de soutien aux victimes20.
    74. Alors que la majorit des organisations d’aide aux victimes naissent dans le secteur bnvole, leur succs dpend beaucoup de l’aide du gouvernement. La Dcision-cadre de 2001 de l’UE relative au statut des victimes dans le cadre de procdures pnales demande aux Etats membres de  soutenir l’intervention des services d’aide aux victimes chargs d’organiser l’accueil initial ainsi que le soutien et l’assistance ultrieurs des victimes 21.
    75. Parmi les recommandations du module IV du projet PHARE relatif l’Etat de droit, l’une insiste sur le fait que dans chaque Etat,  des hauts fonctionnaires nomms dans les diffrents ministres et organes de justice pnale soient chargs de la responsabilit expresse d’identifier et de promouvoir les politiques et les programmes en faveur des victimes et des tmoins 22.

    Normes minimales

    76. Les services d’aide aux victimes devraient adopter et respecter des normes de conduite et, au minimum, se conformer aux normes fixes dans cette section de la Recommandation.
    77. Rien ne devrait empcher de tels services d’aller plus loin dans leur dfinition des normes en matire de prestations. On pourrait notamment mentionner cette fin la dclaration du Forum Europen des Services d’Aide aux Victimes (1999) relative aux  droits des victimes des services de qualit 23.
    78. Ces services devraient tre disponibles aux victimes sans tenir compte du moment auquel la victime prend contact avec les services d’aide aux victimes. En particulier dans les cas de violence contre les mineurs, une longue priode peut s’couler avant que la victime ne prenne l’initiative de contacter un service d’aide.
    79. La formation, telle que dcrite au Chapitre 12, devrait faire en sorte que le personnel appropri soit pleinement comptent pour s’occuper des problmes des victimes qu’il aide.
    80. Les services spcialiss, s’occupant par exemple des enfants, des victimes de viol ou victimes de terrorisme sont d’une grande utilit. Les services gnraux sont encourags fournir ces services ou orienter les victimes d’autres spcialistes. Ces services devraient tre facilement accessibles. La coordination des services d’aide aux victimes, comme mentionn aux 83 – 87 et 145, joue un rle important cet gard.

    Centres spcialiss

    81. L’existence de ces centres est particulirement prcieuse pour les victimes d’infractions telles que les violences sexuelles et violences domestiques. Lesdites victimes peuvent en effet redouter de dposer plainte et prfrer s’adresser d’abord un tel centre. Elles devraient pouvoir bnficier d’un soutien et obtenir des informations, qu’elles dcident ou pas de signaler l’infraction aux autorits. Le personnel de ces centres devrait tre conscient de l’importance de la runion de preuves en vue d’une ventuelle procdure pnale ultrieure.
    82. Certains Etats considrent que ces centres spcialiss peuvent galement prendre en charge d’autres formes de traumatismes, notamment ceux conscutifs des actes de terrorisme.

    Lignes tlphoniques d’aide

    83. Il est recommand que des lignes tlphoniques d’aide soient mises disposition des victimes en plus des autres services lists dans la Recommandation. Les lignes tlphoniques d’aide devraient, tout le moins, offrir un soutien et une information gnrale ainsi qu’une orientation vers les agences d’aide aux victimes.
    84. Tout le personnel concern devrait tre form en vue de fournir le support de base en fonction des besoins exprims.

    Coordination des services d’aide aux victimes

    85. Il est important que les Etats assurent une offre effective de soutien aux victimes. Ils devraient garantir que les services adquats sont disponibles et qu’ils oprent de manire coordonne. Dans plusieurs pays, la mise en place d’organisations nationales gnralistes contribue raliser cet objectif.
    86. La coordination des services spcialiss dans l’aide aux victimes contribue  :
    - formuler les besoins et les proccupations des associations membres et permettre un meilleur accs et une plus grande influence sur les politiques gouvernementales et les institutions ;
    - superviser les services proposs aux victimes et permettre ainsi de les valuer et d’identifier leurs points faibles et leurs points forts ;
    - prparer et veiller au respect de normes de bonne conduite pour les services d’aide aux victimes ;
    - coordonner l’assistance aux victimes ;
    - coordonner la formation.
    87. Les recommandations formules par le Groupe de travail du PHARE, proposent que  des efforts actifs soient dploys dans tous les Etats soit pour favoriser le dveloppement d’une organisation gnrale dj existante d’aide aux victimes, soit pour crer et soutenir la cration d’une telle organisation l o il n’y en a pas 24.
    88. Le Forum Europen des Services d’Aide aux Victimes plaide galement depuis longtemps en faveur de la cration de tels services nationaux d’aide aux victimes. Il est d’ailleurs compos de 21 organisations nationales, provenant de 19 pays.
    89. Des services nationaux d’assistance aux victimes ont merg dans de nombreux pays europens25 et se sont avrs efficaces en tant que groupes de pression impliqus dans la prparation de dcisions politiques gouvernementales en faveur des victimes. Ces organisations sont consultes avant la prise de dcisions importantes par le gouvernement, et, dans certains cas, elles engagent elles-mmes le dbat.

7. Information

    90. Cette section de la Recommandation correspond largement l’article 4 de la Dcision-cadre du Conseil de l’Union Europenne relative au statut des victimes dans le cadre de procdures pnales26.

    Fourniture d’informations

    91. Les victimes devraient tre informes aussi rapidement que possible des services disponibles lorsqu’elles dposent plainte la police. Elles devraient galement tre informes de la possibilit que des services d’aide aux victimes les approchent.
    92. Si la victime contacte les services d’aide aux victimes avant de dposer plainte, elle devrait tre informe sur la manire dont on dpose une plainte.
    93. Des procdures devraient tre mises en place pour s’assurer que les victimes puissent facilement accder aux informations pertinentes leur cas et ncessaires la protection de leurs intrts.
    94. Concernant en particulier les cas dans lesquels l’information est cense tre communique la victime par un organisme cr par la loi (police, par exemple), il conviendrait de mettre en place un mcanisme de contrle garantissant la mise en œuvre et le respect des procdures.
    95. Afin de fournir aux victimes des informations complmentaires, nombre d’Etats ont prsent des sites Internet, brochures et autres guides. L’information communique peut tre adapte en fonction des besoins de divers types de victimes (enfants, victimes de violences domestiques, de meurtre, d’agression sexuelle, etc.).

    Contenu des informations

    96. Lorsque la victime dpose plainte, elle devrait tre informe des procdures qui suivront et de son rle dans lesdites procdures. Les informations ainsi communiques devraient inclure, le cas chant, la mention de la possibilit pour la victime d’exercer ses droits dans le cadre d’une procdure pnale, de bnficier d’une protection, d’tre cite comme tmoin, etc.

    Informations sur la procdure pnale

    97. Les victimes devraient obtenir des informations sur l’avancement de leur dossier. Peuvent ainsi leur tre communiques les dcisions d’inculpation, de non-inculpation ou d’abandon des poursuites, les dates d’audiences, ou encore la dcision de remettre en libert l'auteur des faits plac en dtention provisoire. Les victimes devraient en particulier tre informes de la dcision de remise en libert d’un dlinquant lorsque les faits concernent des actes de violence ou de harclement et que leur auteur a t condamn une longue peine (douze mois et plus, par exemple).
    98. Dans certains cas, les victimes ne veulent pas recevoir d’information relative l’auteur de l’infraction ou aux progrs de l’affaire en cause. Les victimes devraient avoir en consquence la possibilit d’exprimer leur souhait de ne pas recevoir une telle information.

8. droit un accs effectif d’autres voies de recours

    99. Les victimes ayant subi un prjudice du fait d’une infraction devraient bnficier d’un accs effectif la justice pour protger leurs droits. Elles devraient notamment pouvoir accder au systme judiciaire pour rsoudre des problmes tels que la garde de leurs enfants, leur droit de proprit, la scurit de leur domicile ou une demande en dommages et intrts contre le coupable. Le cas chant, des ordres d’exclusion ou d’autres injonctions devraient tre mises disposition.
    100. La victime devrait aussi tre en mesure de rclamer une indemnisation l’auteur de l’infraction dans le cadre d’une procdure pnale. Cela est cohrent avec la Dcision-Cadre du Conseil de l’Union Europenne du 15 mars 2001 relative au statut des victimes dans le cadre de procdures pnales (article 9).
    101. Il conviendrait aussi d’aider la victime percevoir effectivement les indemnits qui lui ont t accordes. Dans certains pays, l’assistance percevoir une indemnit attribue par une juridiction pnale est assure par l’Etat. Les recherches indiquent que cela reprsente le moyen le plus efficace de s’assurer que le paiement est effectif. Les Etats devraient en consquence examiner les dmarches ncessaires en vue de s’assurer d’un tel paiement.

9. Indemnisation par l’Etat

    Rgime d’indemnisation

    102. Chaque Etat devrait adopter un rgime d’indemnisation des victimes.
    103. Il est soutenu que l’obligation, pour l’Etat, d’indemniser se fonde sur le principe de solidarit sociale en vertu duquel la socit, dans son ensemble, accepte de partager le poids du fardeau gnr par l’infraction.
    104. La pratique en matire d’indemnisation des victimes varie normment d’un Etat l’autre. Les gouvernements sont donc invits comparer les systmes de compensation, y compris leur financement. Les sommes servant au dit financement peuvent provenir de fonds publics, de la confiscation de biens appartenant l’auteur de l’infraction, d’amendes, d’une taxe sur les polices d’assurance (comme c’est le cas en France) ou d’autres sources.
    105. Les fonds nationaux d’indemnisation devraient intervenir pour toutes les victimes ligibles d'infractions commises sur le territoire national. L’accs l’indemnisation devrait tre accord quelle que soit la nationalit de la victime. La nationalit pourrait toutefois tre prise en compte, dans une certaine mesure, pour le calcul du montant des indemnits.

    Prjudices indemniser

106. En tant qu’expression de la solidarit sociale, les soins et la rducation pour les atteintes physiques ainsi que les atteintes morales et psychologiques devraient tre indemnises.
107. La Recommandation insiste sur le fait qu’il convient d’indemniser, outre les blessures physiques, la douleur et la souffrance ainsi que les blessures psychologiques. Cette approche s’impose particulirement eu gard aux nombreuses victimes de violences sexuelles.
108. Les blessures physiques et les pertes de revenu peuvent dans de nombreux cas tre couvertes par des assurances prives et/ou la scurit sociale. Le prjudice immatriel est souvent le prjudice principal indemniser. L’inclusion de la douleur et la souffrance comme prjudices indemniser est donc cruciale dans les cas o il n’y a pas de blessure matrielle mais des dommages moraux considrables causs par l’infraction.
109. Il conviendrait galement d’envisager une indemnisation pour des prjudices spciaux tels la perte de revenus, les frais d’enterrement et, concernant les personnes charge, la disparition du soutien de famille.
110. Concernant le niveau de l’indemnisation accorder, il est suggr que le niveau soit le mme pour toutes les victimes, quelles que soient la situation ou les besoins de la victime individuelle.

    Victimes du terrorisme

    111. Concernant les victimes du terrorisme, le Groupe a beaucoup dbattu des types de pertes qu’il conviendrait d’indemniser, ainsi que des types d’indemnisation qu’il conviendrait d’accorder.
    112. Le rapport intitul  Victims of Terrorism – policies and legislation in Europe. An overview on victim related assistance and support , rdig par l’Institut Max Planck de droit pnal tranger et international27, ainsi que le  Rapport sur l’assistance aux victimes du terrorisme  adopt par le Groupe en juin 200528, formulent des suggestions utiles dans ce domaine ainsi que des exemples nationaux.
    113. Concernant les formes possibles de l’indemnisation, il conviendrait de tenir compte du point VII des Lignes Directrices sur la Protection des Victimes d’Actes Terroristes adoptes par le Conseil de l’Europe : Hormis le versement d’une indemnisation pcuniaire, les Etats sont encourags envisager, selon les circonstances, de prendre d’autres mesures pour attnuer les effets ngatifs subis par les victimes de l’acte terroriste . Ces autres formes de reconnaissance des victimes pourraient tre examines dans tous les cas de victimisation multiple29.
    114. Dans certains pays, une indemnisation est accorde la collectivit associe la victime d’un acte terroriste, ladite collectivit tant ensuite libre d’utiliser cette somme pour construire un hpital, une cole ou un mmorial ou bien pour crer une association ou une fondation.
    115. Un systme de contributions volontaires un fonds en fiducie au bnfice d’une collectivit affecte peut tre envisag.
    116. Le niveau des preuves exig des victimes du terrorisme dans toute procdure judiciaire quelconque d’indemnisation devrait tre limit. Les tribunaux devraient se contenter de la preuve qu’un acte terroriste a t commis et que le requrant compte parmi les victimes. Il ne faudrait pas exiger la preuve d’un lment intentionnel.

    Subsidiarit

    117. L’indemnisation de l’Etat devrait intervenir dans la mesure o le prjudice n’est pas couvert par ailleurs, notamment par l’auteur de l’infraction, par les assurances ou par les services sociaux et mdicaux financs par l’Etat.
    118. L’application de ce principe varie d’un Etat l’autre. Dans de nombreux pays, par exemple, il est tenu compte de l’indemnisation obtenue auprs des compagnies d’assurance dans le calcul du montant devant tre vers par l’Etat. Dans certains Etats, toutefois, il n’en va pas ainsi et l’indemnisation de l’Etat vient s’ajouter un ddommagement ventuellement vers par la compagnie d’assurance.

10. Assurance

119. Les Etats devraient valuer l’tendue de la couverture offerte par les rgimes d’assurance publics ou privs pour les diffrentes catgories de victimisation criminelle. Lorsque cela est ncessaire, les Etats devraient rechercher les moyens de rendre les assurances plus accessibles aux familles soumises un grand risque et celles qui disposent de ressources limites.
120. Au Royaume-Uni, les recherches (enqute britannique sur la criminalit, 1998) ont montr que presque un foyer britannique sur cinq ne souscrit pas d’assurance pour son mobilier. Les foyers faibles revenus sont les moins susceptibles d’tre assurs ; environ la moiti des personnes habitant un logement lou un bailleur public ou social n’est pas assure. L’enqute a galement rvl que les personnes les moins susceptibles d’tre assures sont aussi celles qui courent le plus grand risque d’tre cambrioles30. Une autre recherche a montr que la raison habituelle de ne pas s’assurer est le cot de l’assurance : il est relativement plus cher de s’assurer avec un faible revenu. Les familles bas revenus habitant dans des quartiers connaissant un fort taux de criminalit ont trois quatre fois plus de chances de ne pas tre assures que les foyers revenus levs.
121. Une solution de remplacement intressante pour les personnes qui ne peuvent pas s’offrir une assurance classique est le  rgime d’assurance couvrant les biens des locataires . Ce type de rgimes peut tre gr par des bailleurs publics ou sociaux et prvoit l’encaissement de la prime d’assurance avec le loyer. Le bailleur peut ngocier des tarifs prfrentiels avec les compagnies d’assurance et en faire profiter les locataires qui bnficient ainsi d’une couverture abordable, souple et rpondant leurs besoins. Les bailleurs peuvent prouver qu’ils se sont acquitts de leurs obligations de promouvoir l’insertion sociale. L’tude commande montre que les rgimes de ce type fonctionnent trs bien, mais on peut (et il faudrait) faire encore davantage pour mettre sur pied et promouvoir l’assurance des biens mobiliers des locataires31.

11. Protection

    A. Protection de l’intgrit physique et psychologique

    122. Des mesures de protection spciales devraient couvrir les catgories de victimes particulirement vulnrables, telles que les enfants, les personnes souffrant de troubles de l’apprentissage, les victimes de violences domestiques et les autres types de personnes soumises une victimisation rpte, y compris les victimes de la traite d’tres humains, de violences sexuelles et des diverses formes de harclement. Dans ces cas, les services de police pourraient informer les victimes sur les risques potentiels ou rels d’infraction rptes ou de reprsailles et sur les moyens de se protger. Une formation et des ressources adquates devraient tre accordes dans ce but aux dits services de police.
    123. Les victimes susceptibles d’tre cites comme tmoins devraient bnficier d’une protection particulire lorsqu’elles courent un risque de harclement, d’intimidation ou de reprsailles. Les Recommandations du Conseil de l’Europe R (1997) 1332 et R (2005) 0933 — relatives, respectivement, l’intimidation des tmoins et aux droits de la dfense et la protection des tmoins et des collaborateurs de justice — contiennent des indications utiles en la matire.
    124. La protection peut inclure des mesures relevant du droit matriel et procdural. Elle peut aussi inclure des mesures pratiques : systmes d’alarme, tlvision en circuit ferm, camras vido, participation des voisins ou de la collectivit locale, etc.
    125. Le relogement devrait tre prsent comme option pour les victimes vulnrables ou menaces. Lorsqu’il y a lieu, les Etats sont encourags conclure des accords bilatraux dfinissant les procdures suivre pour bnficier de cette mesure et les droits associs de la victime (permis de sjour, droits sociaux, soins de sant, ducation, etc.).

    B. Protection contre la victimisation rpte

    126. Partout o le risque de victimisation rpte existe, les mesures d’aide aux victimes pour viter une nouvelle victimisation devraient tre considres comme un lment essentiel de l’assistance aux victimes.
    127. Les recherches menes dans diffrents pays d’Europe confirment qu’une fois une infraction commise, la possibilit d’une infraction similaire sur la mme victime, ou au sein du mme foyer augmente considrablement. Ainsi, un foyer qui a t cambriol risque quatre fois plus d’tre nouveau cambriol dans les six semaines suivant la premire infraction34. Les statistiques rvlent que, par exemple en Allemagne, 70 % des infractions dclares par la victime elle-mme ont t commis sur seulement 14 % de la population adulte35. Concernant les infractions violentes, 45 % d’entre elles sont perptrs sur 17 % de la population.
    128. A titre d’exemple de pratique nationale, dans certaines rgions d’Angleterre et du Pays de Galles,  Victim Support  a lanc des projets spciaux pour viter que les victimes de cambriolages ne soient vises de faon itrative. Les victimes rptition sont identifies grce des logiciels de reprage spcialiss et l’assistance est fournie sous forme d’un matriel adapt et de conseils.
    129. D’autres groupes prsentant des risques de victimisation spcifiques tels que les victimes de crimes racistes et de crimes de haine bnficient de services spciaux de  Victim Support  en liaison avec des autorits locales et la police. Des centres de dclaration spciaux ont t crs — dans des services de chirurgie, des bureaux de conseil, et des permanences d’entraide sociale — pour permettre aux victimes rptition de crimes racistes et de haine de dclarer le harclement ou l’intimidation dont elles sont l’objet sans accrotre leur vulnrabilit en faisant directement une dclaration au commissariat.

C. Protection de la vie prive

    130. La protection de la vie prive de la victime devrait tre assure, notamment lorsque l’infraction reoit un large cho dans les mdias.
    131. On observe dans certains pays une tendance des journalistes harceler les victimes, leur famille, amis et voisins dans l’espoir d’obtenir des informations caractre personnel. Des pressions sont galement exerces sur les organismes en contact avec la victime afin d’obtenir un accs aux intresss (impossible obtenir autrement). Ce comportement ne devrait pas tre tolr. Il est de la responsabilit de l’Etat de protger le droit des personnes la vie prive et familiale, comme prvu dans l’article 8 de la Convention europenne de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Liberts fondamentales (CEDH).36

12. Confidentialit

132. En matire de confidentialit et sans prjudice des situations couvertes par les 61-62, l’intrt de la victime, y compris la protection de ses donnes caractre personnel, devrait toujours prvaloir. Il est possible de divulguer des dtails relatifs la victime avec le consentement de celle-ci ou bien si la loi ou une considration morale imprieuse l’exige. Dans ces trois cas d’exception, la divulgation devrait tre rgie par des rgles claires. Des procdures de recours devraient tre prvues en cas de violation prsume de ces rgles.37
133. Les praticiens reconnaissent en gnral que certaines situations o la sant ou la scurit de quiconque est en jeu peuvent constituer une considration morale imprieuse qui permettrait de passer outre le principe de confidentialit.

13. Slection et formation du personnel

    134. Les rgles de slection et de formation du personnel devraient s’appliquer toutes les personnes dont le travail implique un contact avec des victimes et concerner aussi bien les bnvoles que les professionnels.
    135. Dans beaucoup d’Etats europens, les services aux victimes sont appuys par des quipes spcialises de bnvoles38. L’emploi de bnvoles qualifis est l’option retenue par de nombreuses ONG ; elle est primordiale pour assurer l’efficacit des services d’aide aux victimes, car les intresss reprsentent la collectivit qu’ils servent. Dans ces organisations, un personnel professionnel qualifi assure la formation et la supervision et prodigue une aide administrative, financire et personnelle aux travailleurs bnvoles.
    136. L’laboration d’un cadre professionnel de formation, soutien et supervision des bnvoles est indispensable l’efficacit de ces organisations. En vertu de l’article 14 de la Dcision-cadre de 2001 de l’UE, chaque Etat membre doit permettre au personnel travaillant auprs de victimes de  recevoir une formation approprie plus particulirement axe sur les besoins des catgories les plus vulnrables .

    Formation

    137. La formation du personnel devrait inclure au minimum la sensibilisation aux effets ngatifs des infractions, la diversit des ractions des victimes, le risque de provoquer une victimisation secondaire ainsi que l’acquisition des comptences et qualifications requises pour aider les victimes.
    138. Les comptences inculquer varient en fonction du type de services fourni par le personnel concern. Dans la mesure o cela s’avre ncessaire, la formation couvrira les aspects psychologiques de la victimisation, les types d’assistance disponibles et les moyens d’y accder, ainsi que des informations sur les dispositions lgales et judiciaires, etc.
    139. La formation peut tre facilite par les services nationaux d’aide aux victimes mme de coordonner l’organisation de la formation du personnel la fois des services publics (services mdicaux et sociaux, magistrats, forces de police) et des associations ou organisations prodiguant une assistance aux victimes.

    Formation du personnel dans d’autres services

    140. Cette section souligne la ncessit de dispenser une formation aux forces de police, aux membres de l’appareil judiciaire, des Ambassades et Consulats ainsi qu’au personnel des organismes de sant, de logement, de scurit sociale, d’ducation et d’emploi. Le personnel concern, savoir les personnes en contact direct avec les victimes, devrait tre form identifier les effets de l’infraction sur les victimes, le risque de provoquer une victimisation secondaire et la disponibilit des services capables de fournir de l’aide ou des informations.

14. Mdiation

    141. Tout le monde s’accorde reconnatre que la mdiation victime-dlinquant prsente pour la victime la fois des avantages et des risques potentiels qui doivent tre soigneusement mis en balance avant d’entamer le processus.
    142. Par exemple, il convient d’viter la mdiation dans des situations lies des relations intimes, telles que la violence domestique, dans lesquelles la victime risque de ne pas tre en mesure de consentir totalement librement au processus de mdiation.
    143. Les cas qui ne sont pas appropris pour une mdiation, en tant que diversion du systme de justice pnale, devraient pouvoir bnficier de la mdiation un stade ultrieur la condamnation.

    144. Lorsqu’ils optent pour un certain type de lgislation et de pratique en matire de mdiation victime-dlinquant, les Etats membres devraient prter une attention particulire des questions telles que le risque de victimisation secondaire, la capacit des parties donner leur libre consentement, les questions de confidentialit, la comptence des mdiateurs et la possibilit d’arrter le processus tout moment.
    145. L’avis d’une personne indpendante sur les possibilits offertes par la mdiation est particulirement important pour fournir la victime des informations objectives sur les points mentionns au paragraphe prcdent. Un tel avis devrait permettre la victime de se faire une ide plus claire des avantages et des risques potentiels inhrents la mdiation.
    146. Les Etats devraient tenir compte des normes et pratiques internationales et nationales pertinentes, notamment :

      - la Recommandation du Conseil de l’Europe n R (99) 19 sur la mdiation en
      matire pnale39,
      - les principes de base des Nations Unies concernant le recours des programmes de justice rparatrice en matire pnale, Rsolution 2002/12 de l’ECOSOC, 24 juillet 200240,
      - la Dclaration du Forum europen des services d’aide aux victimes sur la position de la victime dans le processus de mdiation41.

15. Coordination et coopration

147. Le besoin de coordination est particulirement important dans les pays o plusieurs services d’aide aux victimes coexistent. Lorsque des organisations dont les services se chevauchent ou se ressemblent approchent une victime de manire non coordonne, elles augmentent le risque de confusion et de victimisation secondaire de l’intress. Le rle d’une organisation nationale en matire de coordination et de coopration entre les services et institutions peut s’avrer bnfique dans ce contexte.

16. Coopration internationale

    laboration des rponses des Etats

148. Tout particulirement dans les situations de victimisation de masse telles que les actes terroristes, les Etats devraient veiller disposer d’une rponse soigneusement prpare et coordonne. La rponse urgente devrait faire partie des plans d’intervention gnrale, civile et publique en cas de dsastre dont disposent la plupart des pays europens.
Ces plans d’urgence devraient :

        - dsigner l’organe charg de diriger la coordination de la rponse,
        - identifier les principaux organismes, publics et bnvoles, tels que la police, le personnel mdical ou les services d’aide,
        - assurer une rponse coordonne et immdiate.

      L’efficacit de ces plans d’urgence suppose :

        - des services spcialiss bien entrans (ONG, services d’aide aux victimes, police et autres services publics, etc.),
        - des exercices de simulation ralistes avec la participation des principaux acteurs supposs intervenir sur la scne du dsastre, notamment dans des situations transfrontires.

    149. Les mesures prises par les Etats dans ce domaine devraient rpondre aux exigences de l’article 3 de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prvention du terrorisme (STE 196), une disposition qui traite des politiques nationales de prvention.

17. Sensibiliser l’opinion publique aux effets de l’infraction

    150. Bien qu’il soit recommand que les Etats jouent un rle prioritaire dans l’ducation publique, les media ont galement un rle important jouer de ce point de vue.
    151. Les mdias devraient tre encourags jouer un rle positif dans la sensibilisation aux effets ngatifs de l’infraction sur les victimes et viter de se cantonner une description purement sensationnaliste ou motionnelle des images ou des faits. Ils devraient tre conscients du risque de provoquer une augmentation de la peur et une victimisation secondaire.
    152. Les media sont encourags montrer des exemples de modes par lesquels les membres de la socit peuvent contribuer la rhabilitation des victimes.

18. recherches

    153. Les Etats devraient contribuer au financement des recherches en victimologie ou au moins le soutenir. Ils pourraient soit verser directement des fonds, soit aider mobiliser des fonds en provenance de l’extrieur.
    154. Les Etats pourraient galement fournir une assurance concrte en dlivrant par exemple les autorisations ncessaires la conduite de recherches particulires, l’accs des donnes, etc.
    155. Il faudrait promouvoir les recherches comparatives. Les chercheurs d’autres pays devraient avoir un accs gal la recherche en gnral, ainsi qu’aux ressources et aux donnes pertinentes.
    156. Ces recherches compares devraient notamment porter sur :

        - l’efficacit des mesures (procdurales et matrielles) actuelles de protection ;
        - les programmes de formation destins aux services publics et aux associations ou organisations fournissant une assistance aux victimes ;

      - les rgimes d’indemnisation des victimes en gnral et des victimes du terrorisme en particulier ;

        - l’organisation d’une assistance immdiate aux victimes et notamment : la planification, la formation et la coordination de ce personnel ; la dfinition du rle spcifique de la police sur la scne de l’infraction ; l’laboration de mthodes appropries de recueil des dpositions de tmoin par les enquteurs.

    * * *


1 Document PC-CSC (2003)1,  Pertinence actuelle de la Recommandation R (87) 21 sur l’assistance aux victimes et la prvention de la victimisation , Helen Reeves, 16 janvier 2003.

2 Notamment : Recommandations n R (85) 4 sur la violence au sein de la famille, R (97) 13 sur l’intimidation des tmoins et les droits de la dfense, R (99) 19 sur la mdiation en matire pnale, R (2000) 11 sur la lutte contre la traite des tres humains aux fins d’exploitation sexuelle, R (2001) 16 sur la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle, R(2002)05 sur la protection des femmes contre la violence et R (2005) 09 sur la protection des tmoins et des collaborateurs de justice.

3 Cela inclut les Conventions des Nations Unies suivantes : Convention internationale pour la rpression du financement du terrorisme (1999) ; Convention des Nations Unies contre la criminalit transnationale organise (Assemble Gnrale, 8 janvier 2001, A/RES/55/25) et son Protocole sur la traite des tres humains, Convention des Nations Unies contre la corruption (Assemble Gnrale, 21 novembre 2003, A/RES/58/4) ainsi que la Dclaration des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalit et aux victimes d’abus de pouvoir (Rsolution 40/34 de l’Assemble gnrale des Nations Unies, 29 novembre 1985), Mise en oeuvre de la Dclaration des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalit et aux victimes d’abus de pouvoir (Rsolution 1989/57 du Conseil conomique et social des Nations Unies), Plan d’action pour la mise en œuvre de la Dclaration des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalit et aux victimes d’abus de pouvoir (Rsolution 1998/21 du Conseil conomique et social des Nations Unies), Dclaration de Vienne sur la criminalit et la justice : relever les dfis du XXIe sicle (Rsolution 55/59 de l’Assemble gnrale des Nations Unies, 2000), Lignes directrices en matire de justice dans les affaires impliquant les enfants victimes et tmoins d’actes criminels (adoptes sous forme d’annexe la Rsolution 2005/20 du Conseil conomique et social des Nations Unies, 22 juillet 2005), Principes fondamentaux et directives concernant le droit un recours et rparation des victimes de violations flagrantes du droit international des droits de l’homme et de violations graves du droit international humanitaire (adopts par l’Assemble gnrale des Nations Unies le 10 novembre 2005, document A/RES/60/147).

4 En particulier : la Dcision-cadre du Conseil de l’Union Europenne relative au statut des victimes dans le cadre de procdures pnales et la Directive de l’Union europenne 2004/80/CE du 29 avril 2004 relative l’indemnisation des victimes de la criminalit.

5 Rsolution n 1 sur la lutte contre le terrorisme de la 25e Confrence des ministres europens de la Justice, Sofia, 9 et 10 octobre 2003, Rsolution n 3 sur la lutte contre le terrorisme de la 26e Confrence des ministres europens de la Justice, Helsinki, 7 et 8 avril 2005.

6 Site Web de la convention : http://conventions.coe.int/Treaty/Commun/QueVoulezVous.asp?NT=196&CM=1&DF=24/02/2006&CL=ENG

7  Victims of Terrorism – policies and legislation in Europe. An overview on victim related assistance and support  [Victimes du terrorisme : politiques et lgislations en Europe. Un aperu de l’aide et de l’assistance prodigues aux victimes.], par Hans-Joerg Albrecht et Michael Kilchling, Institut Max Planck de droit pnal tranger et international, mai 2005 (PC-S-AV (2005) 04).

8 Le texte de ces lignes directrices est disponible l’adresse suivante : http://www.coe.int/T/CM/system/WCDdoc.asp?Ref=CM/Del/Dec%282005%29917/4.2&Ver=0002&Sector=CM&Lang=en#

9 Les profils de pays sont disponibles sur le site Web du CODEXTER : www.coe.int/gmt

10  Rapport sur l’assistance aux victimes du terrorisme  du 21 juin 2005 envoy au CDPC (Comit europen pour les problmes criminels) et au CODEXTER (Comit d’experts sur le terrorisme) — document PC-S-AV (2005) 07.

11 Article 13 – Protection, ddommagement et aide aux victimes du terrorisme
Chaque Partie adopte les mesures qui s’avrent ncessaires pour protger et soutenir les victimes du terrorisme commis sur son propre territoire. Ces mesures comprendront, selon les systmes nationaux appropris et sous rserve de la lgislation interne, notamment l’aide financire et le ddommagement des victimes du terrorisme et des membres de leur famille proche.


12 Pour plus de dtails sur le Forum europen des services d’aide aux victimes, visiter le site Web de cette organisation :
http://www.euvictimservices.org/
.

13 Pour plus de dtails, voir H. Reeves,  Pertinence actuelle de la Recommandation n R (87) 21  doc PC-CSC (2003)01, 16 janvier 2003.

14 Ce terme est dcrit davantage sous le chapitre 10.B

15 Doc 2001/220/JHA adopt le 15 mars 2001 ; Art 1, a) : "victime": la personne physique qui a subi un prjudice, y compris une atteinte son intgrit physique ou mentale, une souffrance morale ou une perte matrielle, directement caus par des actes ou des omissions qui enfreignent la lgislation pnale d'un tat membre

16 Dclaration des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalit et aux victimes d'abus de pouvoir, Art 2 : Le terme "victime" inclut aussi, le cas chant, la famille proche ou les personnes la charge de la victime directe et les personnes qui ont subi un prjudice en intervenant pour venir en aide aux victimes en dtresse ou pour empcher la victimisation.

17 Dclaration du Forum europen des Services aux Victimes sur  les Droits Sociaux des Victimes d’Infractions Pnales  (1998) – traduction ; voir texte en anglais.

18 Disponible sur http://www.euvictimservices.org/EFVSDocs/social_rights.pdf

19 Voir aussi la publication du Royaume Uni; Home Office, “a new deal for victims and witnesses”, 2003, disponible en anglais sur : http://old.homeoffice.gov.uk/docs2/vicwitstrat.pdf .

20 Brienen, M.E.I., Hoegen, E.H. Victims of Crime in 22 European Criminal Justice Systems: The Implementation of Recommendation (85) 11 of the Council of Europe on the Position of the Victim in the Framework of Criminal Law and Procedure, Niemegen, Pays-Bas : WLP, 2000, p. 45.

21 Conseil europen. Dcision-cadre du 15 mars 2001 relative au statut des victimes dans le cadre de procdures pnales (2001/220/JHA) JO, L82, 22 mars 2001, article 13.

22 Programme horizontal PHARE relatif la justice et aux affaires intrieures : Renforcement de l’Etat de droit : rapport final sur la premire partie du projet ; Commission europenne, aot 2002, p. 57.

23 Disponible sur http://www.euvictimservices.org/EFVSDocs/service_standard_rights.pdf

24 Programme horizontal PHARE relatif la justice et aux affaires intrieures : Renforcement de l’Etat de droit : rapport final sur la premire partie du projet ; Commission europenne, aot 2002. p. 57

25 Brienen, M.E.I., Hoegen, E.H. Victims of Crime in 22 European Criminal Justice Systems: The Implementation of Recommendation (85) 11 of the Council of Europe on the Position of the Victim in the Framework of Criminal Law and Procedure, Niemegen, Pays-Bas : WLP, 2000, p. 45.

26 Disponible sur : http://europa.eu.int/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi!celexapi!prod!CELEXnumdoc&lg=en&numdoc=32001F0220&model=guichett

27  Victims of Terrorism – policies and legislation in Europe. An overview on victim related assistance and support , par Hans-Joerg Albrecht et Michael Kilchling, Institut Max Planck de droit pnal tranger et international, mai 2005 (PC-S-AV (2005) 04)

28  Rapport concernant l’assistance aux victimes du terrorisme , adopt par le PC-S-AV le 21 juin 2005 et transmis au Groupe europen pour les problmes criminels (CDPC) et au CODEXTER (Comit d’experts sur le terrorisme) ; document PC-S-AV (2005) 07.

29 Dclaration des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalit et aux victimes d’abus de pouvoir (Rsolution 40/34 de l’Assemble gnrale des Nations Unies, 29 novembre 1985)

30 Budd, T. (1999) Burglary of domestic dwellings: findings from the British Crime Survey. (Home Office statistical bulletin ; 4/99), Londres, Home Office.

31 Housing Corporation (2001) Insurance for all: a good practice guide. Londres : The Housing Corporation, 2001.

32 Disponible sur : http://wcd.coe.int/com.instranet.InstraServlet?Command=com.instranet.CmdBlobGet&DocId=574854&SecMode=1&Admin=0&Usage=4&InstranetImage=43025

33 Disponible sur :

34 Graham Farrell, Multiple victimisation: Its Extent and Significance, International Review of Victimology 2 (1992)

35 Schneider, Hans Joachim, Victimological Developments in the World during the Last Three Decades ; travaux du symposium de Montral, 2000, Socit mondiale de victimologie.

36 La dclaration du Forum europen des services d’aide aux victimes intitule  Les droits des victimes des services de qualit  contient des indications utiles en la matire ; http://www.euvictimservices.org/EFVSDocs/service_standard_rights.pdf

37 Ibidem

38 Brienen, M.E.I., Hoegen, E.H. (2000) Victims of Crime in 22 European Criminal Justice Systems: The Implementation of Recommendation (85) 11 of the Council of Europe on the Position of the Victim in the Framework of Criminal Law and Procedure, Niemegen, Pays-Bas : WLP, 2000.

39 Disponible sur : http://cm.coe.int/ta/rec/1999/99r19.htm

40 Disponible sur : http://www.un.org/docs/ecosoc/documents/2002/resolutions/eres2002-12.pdf

41 Voir http://www.euvictimservices.org/