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Contexte
Le blanchiment de l'argent, c'est à dire le processus
par lequel les délinquants donnent une apparence de légitimité à la
source de produits du crime, constitue un phénomène en voie d'expansion
et d'internationalisation croissante. Il risque d'affecter
particulièrement les économies en cours de transformation, qui offrent
d'importantes possibilités en termes d'investissements étrangers. Le
cadre réglementaire auquel sont soumises les activités financières,
qu'elles concernent le secteur bancaire ou non, est souvent moins strict
dans ces pays que dans les autres, ce qui les rend vulnérables aux
activités de blanchiment de l'argent. Étant donné les activités
illégales variées, parmi lesquelles le blanchiment de l'argent, des
organisations criminelles dans certains de ces pays et, ponctuellement,
leur infiltration supposée dans l'ensemble de l'économie nationale, il
apparaît de l'intérêt vital pour les pays en question de créer et de
protéger un système financier crédible qui soit en mesure de détecter,
de prévenir et de lutter contre le blanchiment de l'argent.
En outre, l'expérience récente a montré que les groupe terroristes
organisés font également un usage abusif du système financier mondial
pour financer leurs opérations illégales, d'où un grave risque pour les
institutions financières d'être utilisées pour dissimuler l'argent du
terrorisme. Les mesures visant à prévenir et dissuader le blanchiment
d'argent doivent donc être étendues au financement lié au terrorisme.
La mise en place d'un système efficace de lutte contre le blanchiment de
l'argent est, dans de nombreux pays, rendue possible par l'application
de mesures nationales et internationales et leur suivi régulier par des
organes internationaux, tels que le Groupe d'action financière sur le
blanchiment de capitaux (GAFI).
Ce suivi, qui suppose une évaluation
mutuelle des performances au sein de «groupes de pairs», permet
d'améliorer considérablement la compatibilité entre les normes
nationales et les principes internationaux applicables aux activités
financières et à l'action des forces publiques et de la justice.
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Le Conseil de l’Europe a été la première organisation
internationale à souligner la nécessité de prendre des mesures dans le
but de parer aux dangers que le blanchiment de capitaux représente pour
la démocratie et la primauté du droit.
En 1977, le Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC) du
Conseil de l’Europe a décidé de mettre en place un comité d’experts
restreint chargé d’étudier " les graves problèmes que pose dans de
nombreux pays le transfert illicite de capitaux d'origine criminelle
souvent employés pour perpétrer d'autres infractions. Les travaux de ce
Comité ont abouti en 1980 à l'adoption par le Comité des Ministres du
Conseil de l'Europe d'une
Recommandation relative aux
mesures contre le transfert et la mise à l'abri des capitaux d'origine
criminelle, assortie d’un train de mesures pour la mise en
place d’un vaste programme de lutte contre le blanchiment de capitaux.
D’autres travaux ayant trait à la confiscation des produits du trafic de
stupéfiants ont été menés dans le cadre des activités du Groupe de
coopération en matière de lutte contre l’abus et le trafic illicite des
stupéfiants (connu également sous le nom de Groupe Pompidou).
En septembre 1990, les Ministres ont adopté la
Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la
confiscation des produits du crime (STE 141), du Conseil de l’Europe.
Ladite convention vise à faciliter la coopération et l’entraide
internationales en matière d’enquête sur les délits, ainsi que de
dépistage, de saisie et de confiscation des produits de ces délits. La
Convention a pour objet d’aider les États à atteindre un degré
d’efficacité comparable, même en l’absence d’harmonisation complète des
lois. Elle a été ratifiée par l’ensemble des États membres du Conseil de
l’Europe, ce qui en fait un outil particulièrement utile du point de vue
de la coopération internationale en raison de ses diverses dispositions
relatives à l’entraide. Par ailleurs, elle est ouverte aussi à la
signature des pays qui ne sont pas membres de l’Organisation.
La « Convention de Strasbourg » reste un traité de référence et
constitue une pierre angulaire du système de normes en matière de lutte
contre le blanchiment de capitaux. Elle a été largement ratifiée,
puisqu’à ce jour, quarante-huit États y sont Parties, y compris les
quarante-sept États membres du Conseil de l’Europe et un État non membre
(l’Australie).
En 2003, le Conseil de l’Europe a décidé d’actualiser et d’élargir la
Convention de Strasbourg pour prendre en compte le fait que les
activités liées au terrorisme pourraient être financées non seulement
par le blanchiment de capitaux issus d’activités criminelles, mais aussi
par des activités licites. Ce processus a pris fin le 3 mai 2005, avec
l’adoption de la
Convention relative au
blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits
du crime et au financement du terrorisme (STCE 198).
Cette nouvelle convention est le premier traité international
couvrant à la fois la prévention et le contrôle du blanchiment de
capitaux et du financement du terrorisme. Elle tient compte du fait que
la rapidité d’accès aux informations financières ou aux informations sur
les actifs détenus par les organisations criminelles, y compris les
groupes terroristes, est la clé de l’efficacité des mesures de
prévention et de répression et, en fin de compte, le meilleur moyen de
faire obstacle aux organisations en question. La convention inclut un
mécanisme visant à assurer la bonne application de ses dispositions par
les parties. |