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Formation des enseignants de langue travaillant auprès de migrants adultes
Comme les enseignants de toutes les autres matières, avant d’entrer en
fonction, les enseignants de langue sont tenus de suivre une formation
spécialisé(e), initiale ou continue, et ce, que la langue enseignée soit ou non
leur première langue. Des lignes directrices relatives à la formation de futurs
enseignants de langues dans des établissements européens d’enseignement général
sont proposées dans le
Profil européen pour la formation des enseignants de langues étrangères, qui
est l’aboutissement d’un projet financé par l’Union européenne, et dans le
Portfolio européen pour les enseignants en langues en formation initiale
(PEPELF), élaboré dans le cadre d’un projet du Centre européen pour les
langues vivantes (CELV) afin d’aider les futurs enseignants à évaluer leurs
propres progrès. Ces documents peuvent constituer des points de référence
particulièrement utiles pour la conception de programmes de formation destinés
aux personnes qui travaillent en tant qu’enseignants de langues sans avoir
préalablement suivi de formation formelle dans ce domaine.
Toutefois, en général, ces formations initiales ne répondent pas aux besoins
spéciaux des enseignants qui travaillent sur des approches de l’enseignement
des langues aux migrants adultes. En outre, parfois, les personnes qui
enseignent des langues aux migrants au sein d’associations communautaires et
d’organisations caritatives, ou en tant que bénévoles, n’ont suivi aucune
formation formelle dans ce domaine. Dans de tels cas, il est nécessaire de
proposer des formations complémentaires afin de leur permettre de dispenser un
enseignement efficace aux migrants. Gardant à l’esprit les
principes du Conseil de
l’Europe, ces formations pourraient notamment aborder les domaines spécifiques
suivants :
- le passé social et psychologique du migrant « typique », et son bagage
éducatif et linguistique ;
- sa situation probable et ses besoins
concrets dans la communauté hôte ;
- les questions interculturelles,
notamment la diversité et le racisme ;
- le plurilinguisme et le pluriculturalisme ;
- le rôle des
descripteurs et
principes du CECR dans l’enseignement
aux migrants adultes et l’évaluation
de ceux-ci ;
- les matériels d’apprentissage et les approches de l’enseignement adaptées
aux migrants adultes – des apprenants qui peuvent présenter des origines
culturelles et des parcours scolaires très différents.
Prestation de formations complémentaires spécialisées destinées aux
enseignants travaillant auprès de migrants adultes
Il existe plusieurs manières d’assurer des telles formations. Celles-ci
peuvent prendre l’une des formes suivantes (ou consister en une combinaison de
ces formes) :
- une formation « introductive » au début de la prise de fonctions en tant
qu’enseignant. Généralement, ces formations sont de courte durée et se
concentrent sur des questions pratiques, telles que le bagage éducatif et
linguistique du migrant « typique » dans la ville concernée, la façon
d’évaluer les besoins des migrants, le type de matériels pédagogiques à
utiliser ou la manière de motiver les apprenants confrontés à des défis
d’ordre pratique, social et psychologique dans la « vraie vie », c’est-à-dire
en dehors du cadre du cours ;
- une formation continue dans le domaine spécifique de l’enseignement des
langues aux migrants – cette formation pouvant se dérouler à temps partiel,
parallèlement à l’expérience professionnelle « concrète » en salle de classe,
dont peuvent se servir les enseignants pour les travaux écrits qu’ils ont à
rendre, et lors de leurs évaluations pratiques. La formation professionnelle
des enseignants s’occupant de migrants adultes devrait notamment aborder les
aspects culturels de
l’enseignement des langues à des personnes issues de cultures éducatives
différentes, ainsi que la manière d’aborder les apprenants qui possèdent peu
de compétences en littératie, la manière
de relier le programme de la formation aux besoins concrets que rencontrent
les apprenants au quotidien, et l’évaluation des progrès des apprenants.
Certains Etats membres ont mis au point des programmes spécialisés de «
reformation » destinés aux enseignants de langue en général, afin de leur
permettre d’obtenir des qualifications formelles dans le domaine de
l’enseignement aux migrants également.
- des ateliers conduits par des enseignants de migrants chevronnés et des
spécialistes du domaine. A cet égard, bon nombre d’employeurs ont conscience
de l’utilité de permettre régulièrement aux enseignants d’échanger des
expériences et de collaborer pour résoudre des questions difficiles sur leur
lieu de travail, ou, plus occasionnellement, lors d’événements et de
conférences externes pertinents.
- du tutorat par un collègue plus expérimenté, qui peut prendre différentes
formes, notamment l’enseignement en équipe, dans le cadre duquel deux
enseignants planifient et enseignent ensemble certaines leçons, ou
l’observation par les pairs, qui consiste, pour les enseignants concernés, à
s’observer mutuellement puis commenter leurs observations, ou à demander des
explications sur celles-ci.
Importance de la formation professionnelle continue
Toutes ces options peuvent être considérées comme des formes de formation
professionnelle continue, qui se définit comme le processus par lequel
l’enseignant, quel que soit son niveau d’expérience, continue de renforcer et
d’approfondir son expertise et ses connaissances dans le type spécifique
d’éducation aux langues dont les migrant adultes ont besoin. Peuvent également
s’inscrire dans la formation continue toutes les activités professionnelles
jugées utiles et importantes pour l’enseignant concerné, telles que la prise en
charge de nouvelles responsabilités liées ou non à l’enseignement,
l’apprentissage d’une ou de plusieurs langues
de migrants, la lecture dirigée, le conseil aux apprenants et la
réception de feedback direct de leur part, ou encore la conduite
d’activités de recherche au niveau de la classe. C’est lorsque l’enseignant
prend lui-même en main sa formation professionnelle que celle-ci s’avère la plus
efficace. Néanmoins, pour ce faire, il doit pouvoir bénéficier de certaines
orientations dans ce domaine et d’un soutien financier de la part de son
employeur, qui doit également reconnaître la formation en question.
RR