Education et langues, Politiques linguistiques

Bref historique

Les premiers programmes de coopération internationale élaborés à Strasbourg avaient pour principal objectif la démocratisation de l’apprentissage des langues afin d’encourager la mobilité des personnes et des idées et de promouvoir le patrimoine européen, représenté par la diversité culturelle et linguistique. Les projets mis en place ont aidé les Etats membres à appliquer des réformes visant à développer les compétences communicatives des apprenants. Ils ont également encouragé l’innovation dans l’enseignement des langues et la formation des enseignants, notamment en préconisant une méthodologie centrée sur l’apprenant. Tout en continuant à promouvoir l’innovation dans le développement de compétences communicatives et interculturelles, les projets récents prennent de plus en plus en compte la dimension sociale et politique de l’apprentissage des langues. Ils s’intéressent à l’éducation linguistique dans l’optique de la citoyenneté démocratique, à la diversification dans l’apprentissage des langues, à l’amélioration de la cohérence et de la transparence dans l’offre de langues et aux droits à l’éducation des minorités. Suite à l’Année européenne des langues (2001), de nouvelles initiatives ont été prises afin d’aider les Etats membres à concevoir des réponses d’ordre politique aux nouveaux défis rencontrés dans les domaines de la cohésion sociale et de l’intégration.

Les conclusions de ces projets ont donné lieu à une Résolution et à un certain nombre de Recommandations du Comité des Ministres et de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

Dates importantes dans l’histoire

1957

Première conférence intergouvernementale sur la coopération européenne dans le domaine de l’enseignement des langues

 

1963

Lancement du premier projet majeur dans le domaine de l’enseignement des langues

1975

Publication de la première spécification du « Threshold Level »

1989

Participation de nouveaux Etats membres aux projets intergouvernementaux

1994

Création du Centre Européen pour les Langues Vivantes

2001

Année européenne des langues
Cadre Européen Commun de Référence pour les langues
Portfolio européen des langues
Institution de la célébration annuelle de la Journée européenne des langues

Les premières étapes 1963 – 1972
Suite aux projets de planification du développement de l’enseignement des langues vivantes en Europe à la fin des années 1950, le premier projet majeur dans le domaine des langues vivantes (1963-1972) encourageait la coopération internationale pour l’utilisation de méthodes audiovisuelles et le développement de la linguistique appliquée, notamment en soutenant la création d’une Association Internationale pour la Linguistique Appliquée (AILA).

Système d’unités capitalisables 1971 - 1977
Suite à l’étude de la faisabilité d’un système européen d’unités capitalisables concernant les langues dans l’éducation des adultes, des principes de bases, sur lesquels les projets suivants se sont appuyés, ont pu être établis. Un modèle de spécification des objectifs a été élaboré. Celui-ci a servi de base pour l’anglais dans The Threshold Level au milieu des années 1970. Cette spécification, conçue en des termes opérationnels, décrit ce qu’un apprenant doit être capable de faire de façon autonome lorsqu’il utilise une langue étrangère. Elle définit également les connaissances et les compétences nécessaires pour atteindre cet objectif. La spécification initiale du Threshold Level pour l’anglais et celle qui a été élaborée pour le français (Un Niveau Seuil) ont servi de modèles de base, qui ont ensuite été adaptés à une trentaine de langues. Le modèle du Threshold Level a eu une influence considérable dans la planification des programmes linguistiques : il a servi de base pour l’élaboration de nouveaux curricula nationaux et de meilleurs manuels. Il a également permis la mise en place de cours multimédia destinés au grand public et de méthodes d’évaluation plus adaptées. Un objectif intermédiaire (Waystage) et un objectif supérieur (Vantage) ont été élaborés dans les années 1990.

Apprentissage et enseignement des langues vivantes à des fins de communication 1981 –1988
Les principes de bases élaborés lors du premier projet ont été appliqués dans une série de programmes concernant tous les secteurs de l’éducation. Par ailleurs, la Recommandation N° R(82) 18 a servi de cadre pour la réforme des curricula, des méthodes d’enseignement et d’évaluation dans les années 1980. Grâce à un réseau d’interaction scolaire, les Etats membres ont pu mettre en commun leur savoir-faire et leur expérience et introduire de nouveaux supports et de nouvelles méthodes dans les salles de classe. Les formateurs d’enseignants ont été considérés comme les acteurs-clés dans ce processus d’innovation. Aussi les Etats membres ont-ils organisé une série d’ateliers internationaux sur des thèmes prioritaires spécifiques à leur attention et à celle d’autres multiplicateurs.

Apprentissage des langues et citoyenneté démocratique 1989 – 1997
Cette période a été marquée par un accroissement rapide du nombre d’Etats membres du Conseil de l’Europe et par l’enrichissement du programme grâce à la participation des nouveaux Etats membres de l’Europe Centrale et Orientale. Une série d’ateliers « nouveau style » jumelés ont été organisés. Les technologies de l’information et de la communication, l’enseignement bilingue, les liens et les échanges éducatifs, l’autonomie de l’apprenant et des modèles enrichis de spécification d’objectifs en ont constitué les principaux thèmes. Lors d’un premier atelier de coordination organisé dans l’un des Etats membres, un programme de développement d’une durée de deux ans était mis en place. Un autre Etat membre accueillait ensuite un atelier de suivi, au cours duquel on procédait à la synthèse des résultats de ce programme, à la planification de leur diffusion et à la rédaction de recommandations.
Les conclusions et les recommandations élaborées lors de la conférence finale tenue à Strasbourg en 1997 ont constitué la base de la Recommandation N° R(98) 6 du Comité des Ministres. Cette Recommandation concernant les langues vivantes souligne le rôle de la communication interculturelle et du plurilinguisme en tant qu’objectifs politiques essentiels. Elle définit également des mesures concrètes à prendre dans les différents secteurs de l’éducation ainsi que dans la formation initiale et continue des enseignants.

Politiques linguistiques pour une Europe multilingue et multiculturelle (1997-2001)
Les orientations de ce projet à moyen terme tenaient compte des priorités du Conseil de l'Europe, et notamment du suivi du Second Sommet du Conseil de l'Europe (octobre 1997).
Les activités visaient à aider les autorités nationales dans la promotion du plurilinguisme et du pluriculturalisme, et à sensibiliser le public au rôle des langues pour la construction d'une identité européenne ; cet objectif s’est concrétisé par la préparation de l’Année européenne des langues 2001.
La diversification de l'apprentissage/enseignement des langues et leur optimalisation ont fait l’objet de réflexions et de stratégies. L’apprentissage des langues dès le début de la scolarisation a été largement promu afin de sensibiliser chaque élève à la diversité linguistique et culturelle de l’Europe ; plusieurs pays ont par la suite modifié leurs programmes en conséquence.
Le développement et la mise en œuvre d'instruments européens communs de référence pour la planification et l'évaluation de l'apprentissage des langues, la reconnaissance mutuelle des qualifications et la coordination des politiques ont été poursuivis.
L’Année européenne des langues 2001 a clôturé ce projet avec le lancement officiel du Cadre européen commun de référence pour les langues et du Portfolio européen des langues (www.coe.int/portfolio)