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Stadslab à Melitopol : création d’un parc interculturel
Le succès et l’aspect pratique du réseau des
cités interculturelles se reflètent dans la
collaboration qui s’est instaurée dernièrement
entre les deux villes pilotes de Tilburg et
Melitopol.
La cité ukrainienne de Melitopol souhaite
réaménager le principal parc de la ville, le
parc Gorky, qui couvre 36 hectares, dans la
perspective de la cité interculturelle. Et
Tilburg propose pour ce projet l’aide créative
et professionnelle de son institut
d’architecture et d’urbanisme.
Le laboratoire d’urbanisme européen Stadslab, le programme de 3e cycle de
l’Académie Fonty d’architecture et
d’urbanisme de Tilburg organise donc une
"master class" d’une semaine afin
d’élaborer de nouvelles idées pour le
réaménagement du parc.
La "master class" sera animée par deux
designers de renommée internationale
lauréates de prix prestigieux : Beatriz Ramo,
architecte du cabinet STAR (stratégies +
architecture) basé à Rotterdam et l’architecte
paysagiste néerlando-suisse Anouk Vogel, qui
sera garante de la qualité de ce programme.
M. Glaudemans, d’où est venue l’idée de
ce projet?
J’ai rencontré la délégation de Melitopol l’année dernière à l’occasion d’une
conférence internationale à Tilburg. Elle nous
a présenté son projet de parc interculturel. A
l’époque, leurs idées n’étaient pas très
précises, mais le projet pouvait constituer
éventuellement une étude de cas pour notre
laboratoire d’urbanisme européen Stadslab,
au sein duquel nous mobilisons des experts
internationaux du design pour des initiatives
de ce type. Irena Guidikova, du Conseil de
l'Europe, et Olexandr Butsenko, de
l’organisation "la Démocratie par la culture"
basée à Kiev, ont servi de médiateurs et
nous avons préparé une visite à Melitopol
pour étudier la viabilité d’un projet commun.
A l’occasion de cette visite en septembre
2009, j’ai vu le parc et rencontré le conseil
municipal et divers partenaires de la ville et
j’ai été agréablement surpris de l’ambition
bien exprimée de la municipalité. A partir de
ce moment, nous avons décidé que nous
pouvions nous engager dans une coopération
internationale.
Pourquoi un parc interculturel ?
Si nous sommes d’accord sur l’idée
d’aménager des cités agréables à vivre et
reconnaissons que des cultures différentes au
sein d’une collectivité urbaine peuvent
utilement contribuer à cet objectif, la
prochaine étape consiste à créer des
moments (comme des festivals ou des
manifestations) et des lieux permettant de
mettre en valeur cette richesse
interculturelle. Les espaces publics d’une
ville, comme les parcs et les squares, sont
les lieux naturels pour de tels événements,
qui peuvent aller des pratiques quotidiennes
très modestes jusqu’aux manifestations
annuelles à thème des communautés
importantes. Melitopol se considère comme
une ville ayant une infrastructure sociale et
culturelle intéressante avec une centaine de
nationalités présentes dans la communauté
urbaine. Si cela est vrai, la création d’un
symbole illustrant cet aspect de la cité
constitue un projet passionnant, surtout si
l’on considère que Melitopol a certainement
besoin de moderniser son image.
A quoi pourrait ressembler un parc
interculturel et en existe-t-il des
exemples ?
Nous ne savons pas encore très bien à quoi
le parc ressemblera ; ce sera la tâche
essentielle des designers de la "master
class" ! On connaît quelques exemples
internationaux (par exemple le Stadtpark à
Dessau) et plusieurs références dans la
littérature. Mais les exemples sont si rares et
si éloignés géographiquement et
culturellement que, de toute façon, le
résultat dépendra beaucoup du site. Le
contexte du parc, son utilisation courante et
les moyens et les ambitions de la ville
joueront un rôle déterminant sur les
résultats.
En quoi sera-t-il différent d’un parc
"normal" ?
Je suppose qu’environ 80% du projet sera
assimilable à un projet normal de
réaménagement d’un parc. Les parcs réussis
fonctionnent toujours comme des lieux de
rassemblement sociaux et culturels. Il suffit
de penser au rôle de Central Park à New
York. Le parc Gorky peut être considéré
comme un parc très populaire ; il est extrêmement fréquenté par une grande
variété de personnes et de groupes de la
communauté urbaine et couvre un large
éventail d’activités : sports, loisirs,
manifestations culturelles, commerces, etc.
Pour tenir compte de la composition
interculturelle de la société, il faudra
compléter l’aménagement par des
programmes ou des caractéristiques
spécifiques.
Par quels moyens garantirez-vous
l’intérêt du parc pour les différents
usagers ?
Nous effectuerons plusieurs analyses pour
définir les forces et les faiblesses, les risques
et les potentiels du projet pour la ville et
identifier les parties prenantes. Il est déjà
évident qu’en plus de l’objectif social et
culturel d’un nouveau parc, il y a
certainement aussi un objectif économique. Il
doit contribuer à accroître l’attrait touristique
de Melitopol. Si nous sommes très
pragmatiques, en réaménageant le parc
selon les méthodes les plus récentes à partir
des atouts du parc actuel, nous atteindrons
l’objectif des 80 % évoqué dans votre
précédente question, permettant d’améliorer
visiblement la cité. Au cours de la "master
class", nous viserons certainement plus haut
afin de traiter la dimension interculturelle qui
est difficilement mesurable.
Qui peut participer à cette "master
class" ?
Les "master classes" de Stadslab sont
destinées à des architectes, des urbanistes et
des architectes paysagistes professionnels,
titulaires d’un diplôme dans leur discipline et
possédant plusieurs années d’expérience
professionnelle. Nous accueillons aussi avec
plaisir des participants ayant une expérience
spécifique ne correspondant pas à ce critère.
Par exemple des anthropologues urbains, des
sociologues et des promoteurs immobiliers
pourraient apporter une dimension manquant
aux designers.
Que faire pour y participer ?
Il suffit de se rendre sur notre site Web
(www.stadslab.eu) et de remplir le formulaire
d’inscription ou encore de nous envoyer un
CV et un dossier pour nous permettre de
vérifier que vous répondez aux critères de
participation.
Propos recueillis par Annasophia Heinze
M. Marc Glaudemans est professeur de
"stratégies urbaines" et doyen de
l’Académie Fonty d’architecture et
d’urbanisme. Il dirige le laboratoire européen
d’aménagement urbain Stadslab, où il a élaboré ce projet de "master class".
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