Culture, patrimoine et diversité

 

Le bonheur dans une ville italienne quand on vient d’ailleurs

 

Un supplément hebdomadaire du Corriere della Sera est consacré à Reggio Emilia, ville prospère de la région italienne d’Emilie- Romagne et lieu d’immigration et d’intégration. L’article compare également la ville à d’autres cités pilotes du programme des "Cités interculturelles" du Conseil de l'Europe, telles que Lyon, Oslo et Berlin Neukölln.

 

Quelles sont les politiques mises en oeuvre par la ville de Reggio ? Elles concernent l’organisation de cours d’italien pour les étrangers, l’apprentissage du vélo aux mères de famille, la formation des citoyens à la lutte contre la discrimination, ainsi que le financement d’un centre interculturel permettant aux Italiens de rencontrer les groupes minoritaires. D’autres initiatives de la municipalité couvrent des services plus fondamentaux comme la fourniture de soins de santé aux étrangers, l’aide apportée aux femmes issues des minorités pour leur intégration et l’éducation et la formation des enfants. Les réactions des groupes minoritaires eux-mêmes constituent un indicateur de la réussite de l’initiative des cités interculturelles à Reggio Emilia. L’article en question cite une adolescente de 14 ans originaire du Penjab : "Je suis née ici et lorsque j’entends mes amis dire que l’Italie ne vaut pas grand-chose, cela me met très en colère car j’aime beaucoup vivre ici". L’histoire de Sun Shuyan est un autre exemple d’intégration réussie : elle est arrivée de Chine il y a 20 ans et est maintenant l’heureuse épouse d’un médecin italien.

 

Les habitants de la ville sont aussi tolérants et accueillants. Ils acceptent bien les populations minoritaires. Comme l’explique un enseignant retraité : "Je vais chez un coiffeur chinois ; il travaille bien et est très sympathique". Le père d’une fillette originaire du Burkina Faso évoque la réussite de son intégration : sa fille est née à Reggio, joue au volleyball dans l’équipe locale, va à l’école et parle trois langues.

 

L’article illustre le niveau de diversité de Reggio Emilia en comparant la population totale de la ville à celle des groupes minoritaires. Sur un total de 165 000 habitants, 26 000 (soit 16 %) sont des étrangers.

 

Les chiffres sur l’emploi cités dans l’article illustrent aussi le niveau élevé de diversité et d’intégration. Au total 7 724 entrepreneurs étrangers travaillent dans la ville. L’étonnant est qu’ils proviennent de 113 pays différents. L’auteur de l’article estime aussi remarquable le fait que la ville de Reggio avait en 2008 le plus fort taux d’emploi d’Italie après Bologne.

 

L’intégration et l’inclusion dans la société est tout aussi évidente dans le domaine de l’éducation. L’article indique que 4 427 élèves étrangers étaient inscrits dans les établissements scolaires de la ville en 2009- 2010.

 

Il est évident que Reggio Emilia a mis en oeuvre avec succès les politiques et initiatives liées au programme des "Cités interculturelles" du Conseil de l'Europe. Les mesures prises au niveau municipal, l’attitude des habitants à l’égard des communautés minoritaires et le niveau de diversité et d’intégration obtenus le prouvent abondamment. Dans le droit fil des conclusions de l’article du Corriere della Sera, l’auteur du présent article aimerait conclure sur une note positive : une bonne gestion des groupes minoritaires est beaucoup plus bénéfique à la société qu’une politique de protectionnisme et de mise à l’écart des minorités. Les recommandations et les bonnes pratiques du programme des "Cités interculturelles" doivent être étendues à l’avenir à de nouvelles villes pilotes.

 

Thomas Pavan Woolfe