Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a averti que l’escalade de la crise en Iran et dans toute la région du Moyen-Orient soulevait des questions fondamentales pour la sécurité de l’Europe et la capacité du droit international à encadrer l’usage de la force.
S’adressant aux représentant·es des 46 États membres et de plusieurs pays observateurs au sein du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, il a appelé à une action plus forte pour un continent confronté à un embrasement régional à ses portes :
« Cette crise se déroule aux frontières immédiates de l’Europe ... Elle touche directement les États membres de notre organisation. »
Alain Berset a déclaré aux ambassadeurs et ambassadrices présents qu’il s’était entretenu avec les dirigeant·es des États limitrophes de la région – notamment le président de Chypre, Níkos Christodoulides, le Premier ministre de l’Arménie, Nikol Pashinyan, le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, et le ministre des Affaires étrangères de la République de Moldova, Mihai Popșoi – afin d’exprimer sa solidarité avec ces pays et qu’il allait avoir un entretien avec Hakan Fidan, le ministre des Affaires étrangères de la Türkiye.
Une rupture de l’ordre juridique international
Face au démantèlement de l’ordre juridique international, il faut « une vision audacieuse et claire, fondée sur des valeurs, pour l’Europe tout entière », a déclaré M. Berset. Au bout du compte, le monde a besoin d’une Europe « sûre, prospère, fidèle à ses valeurs et prévisible sur le plan politique », constituant un point d’ancrage pour la stabilité mondiale.
C’est en temps de crise que le Conseil de l’Europe prend tout son sens. Alain Berset a observé que cette organisation avait été créée « précisément pour les périodes où la force menace de supplanter l’État de droit ».
Le Conseil de l’Europe doit-il évoluer face aux menaces pour la sécurité ?
Dans un contexte de rupture de l’ordre juridique international, le Secrétaire Général a fait valoir que l’Europe devait réfléchir aux moyens d’organiser sa réponse collective à l’instabilité croissante : « Nous sommes confrontés à un choix crucial : voulons-nous continuer à réagir aux crises créées par d’autres ? Ou allons-nous organiser notre sécurité collective dans un cadre permanent qui nous permette d’anticiper et d’agir ensemble ? »
Le Conseil de l’Europe s’est engagé dans un processus de réforme visant à renforcer sa capacité d’action.
Le Secrétaire Général a estimé que l’architecture de sécurité de l’Europe devrait s’inscrire dans un cadre institutionnel stable et permanent, de manière à remédier aux réponses ponctuelles et parcellaires et à éviter la paralysie. L’objectif est de donner aux pays européens les moyens de prendre des décisions cohérentes et continues face à l’instabilité croissante.
Pour Alain Berset, « le Conseil de l’Europe est la seule organisation ayant l’étendue géographique, la légitimité historique et la cohérence juridique nécessaires pour remplir cette mission. »
Le Secrétaire Général a souligné que le moment présent était l’occasion de réfléchir collectivement au rôle que l’organisation pourrait jouer dans l’architecture de sécurité européenne.
Des consultations avec les États membres auront lieu dans les prochaines semaines afin de tracer la voie à suivre.

