Retour Les élections au Kazakhstan ont été bien organisées sur le plan technique, mais se sont déroulées dans un contexte marqué par l'absence de pluralisme politique

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe parmi les observateurs internationaux
La participation des femmes à la campagne pour les élections générales est restée limitée et inégale selon les régions du Kazakhstan

La participation des femmes à la campagne pour les élections générales est restée limitée et inégale selon les régions du Kazakhstan

Les élections législatives anticipées du 23 août au Kazakhstan, bien que techniquement bien préparées, se sont déroulées dans un contexte marqué par un manque de pluralisme politique. Le choix politique a été restreint par l’absence d’alternatives politiques distinctes, tous les partis en lice soutenant les politiques du président sortant, ont déclaré les observateurs internationaux, dont l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dans un communiqué préliminaire publié aujourd’hui.

La campagne s’est déroulée dans le calme et les partis en lice ont bénéficié de conditions de campagne équitables, mais le nouveau parti Adilet a bénéficié d’un avantage indu, ont indiqué les observateurs.

Restrictions concernant les candidatures, les médias et la participation des femmes

Les lois et règlements relatifs aux élections, qui ont fait l’objet d’une révision en profondeur à l’approche du scrutin sans consultation publique suffisante, contiennent un certain nombre de dispositions qui ne sont pas conformes aux normes internationales en matière d’élections démocratiques, notamment en ce qui concerne les droits fondamentaux liés à la participation politique, indique la déclaration. Les femmes restent nettement sous-représentées.

Si les électeurs avaient accès à plusieurs médias, le pluralisme médiatique est resté limité, et des préoccupations subsistent concernant les restrictions imposées aux médias et les pressions exercées sur les journalistes. Les médias suivis par les observateurs ont proposé une couverture éditoriale et analytique très limitée des élections, ce qui a réduit la capacité des électeurs et électrices à faire un choix éclairé.

« Après avoir procédé à une refonte constitutionnelle de son cadre électoral, le Kazakhstan a organisé des élections qui ont permis de voir si ces changements ouvraient la voie à une saine concurrence politique », a déclaré Gábor Hajdu, coordinateur spécial de l’OSCE et chef de la mission d’observation à court terme. « Malgré certains aspects positifs, il existe toutefois peu de véritables possibilités pour les candidatures indépendantes, un espace restreint pour la société civile et les médias indépendants, ainsi qu’un manque de conditions équitables conformes aux engagements de l’OSCE, notamment en ce qui concerne les femmes. »

La suppression du droit de se présenter en tant que candidat indépendant et la règle selon laquelle les candidats au nouveau Kurultai (le Parlement Kazakh), composé de 145 membres, ne pouvaient être désignés que par les partis politiques parmi leurs propres membres ont limité la compétitivité électorale.

Signalements de l’utilisation abusive des ressources publiques dans le cadre des élections

Les observateurs ont reçu des informations crédibles faisant état de cas d’utilisation abusive des ressources publiques, notamment l’implication de fonctionnaires, conférant à Adilet un avantage indu qui a brouillé la frontière entre l’État et le parti.

La campagne électorale et le jour du scrutin se sont déroulés dans le calme et l’ordre. Cependant, des écarts marqués entre l’activité observée chez les électeurs et les données officielles sur la participation, ainsi que des violations procédurales importantes lors du dépouillement, ont soulevé des questions quant à l’intégrité des rapports sur la participation électorale et du processus de dépouillement.

Sur une note positive, l’administration électorale a bénéficié de la confiance des partis en lice, a mené une vaste campagne d’information des électeurs et a déployé des efforts considérables pour garantir l’accessibilité des bureaux de vote et faciliter la participation des personnes en situation de handicap.

Le marché des médias est dominé par l’État par le biais d’une participation directe au capital et de subventions budgétaires non transparentes. Ces facteurs, associés aux préoccupations rapportées concernant l’influence de l’État sur le contenu éditorial, restreignent le pluralisme des médias, malgré le grand nombre de médias enregistrés. Les préoccupations de longue date concernant les arrestations et les pressions exercées sur les journalistes indépendants entraînent une autocensure généralisée.

« Des élections libres et équitables et des médias indépendants sont étroitement liés. Sans un environnement médiatique inclusif, crédible et pluraliste, la participation et la représentation politiques sont fondamentalement limitées, en particulier lors des élections », a déclaré Sevilay Çelenk, cheffe de la délégation de l’Assemblée parlementaire. « Le Kurultai nouvellement élu devrait favoriser un environnement médiatique grand public véritablement pluraliste, garantissant que toutes les voix et tous les points de vue de l’ensemble de la société du Kazakhstan soient entendus et représentés. »

Les femmes restent nettement sous-représentées dans la vie politique et publique ; elles représentaient 172 des 545 candidats (31,5 %), tandis que leur participation à la campagne est restée limitée et inégale d’une région à l’autre.

Les bonnes pratiques électorales ne sont pas mises en œuvre

Les modifications apportées en 2026 aux règles relatives au financement des campagnes électorales ont relevé les plafonds applicables aux contributions et aux dépenses. Les recommandations du Groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe concernant la déclaration et le contrôle du financement des campagnes électorales restent sans suite. Le mécanisme de contrôle ne comporte ni vérification indépendante ni enquête, ce qui limite la portée et l’efficacité du contrôle.

Les amendements de 2026, formulés en termes généraux et vagues, qui étendent l’interdiction du financement étranger à toute activité liée aux élections, ont été interprétés de manière contradictoire par les autorités, ce qui a créé des obstacles indus pour les observateurs citoyens, contrairement aux engagements pris dans le cadre de l’OSCE, et a dissuadé certains d’entre eux de participer à l’observation. Néanmoins, plusieurs organisations ont observé le scrutin le jour du scrutin, démontrant un besoin évident d’améliorations conformément aux recommandations antérieures de l’OSCE.


 Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe

 Groupe d'Etats contre la corruption

Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe Strasbourg 25 août 2026
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page
Sur le même thème

Royaume-Uni : le Groupe d’États contre la corruption évalue les mesures de lutte contre la corruption au niveau local

Groupe d’États contre la corruption (GRECO) 20 août 2026 Strasbourg

Royaume-Uni : le GRECO salue la solidité du cadre d’intégrité au niveau local et relève des domaines dans lesquels des améliorations sont nécessaires  

Read More