À l'occasion de réunions qui se sont tenues à Copenhague le 7 avril, le Groupe d'États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l'Europe a appelé le Danemark à mettre pleinement en œuvre les recommandations du GRECO visant à prévenir la corruption et à renforcer l'intégrité au sein du Parlement, du gouvernement central (personnes occupant de hautes fonctions de l'exécutif) et des forces de police.
Cette visite de haut niveau faisait suite à la constatation faite par le GRECO en décembre 2023 que le Danemark n'avait pas démontré de progrès suffisants dans la mise en œuvre des recommandations qui lui avaient été adressées dans le cadre de son Cinquième Cycle d'évaluation, ce qui avait déclenché l'application de la procédure de non-conformité du GRECO. Comme le Danemark n'avait montré depuis longtemps aucun progrès dans la mise en œuvre des recommandations qui lui avaient été adressées dans le cadre du Quatrième Cycle d'évaluation, le GRECO a estimé que l'importance du respect de ces recommandations en suspens (toutes concernent les parlementaires) devait être soulignée lors de la même visite de haut niveau. Celle-ci a permis d'examiner les meilleurs moyens de réaliser les changements législatifs et politiques recommandés par le GRECO.
La délégation du GRECO a rencontré Peter Hummelgaard Thomsen, ministre de la Justice ; Anette Ebbesen, cheffe du département de la police nationale danoise ; Christian Liebing, directeur de l'Agence danoise pour l'emploi et les compétences ; Marie Hansen, secrétaire générale du Parlement danois ; Jens Teilberg Søndergaard, secrétaire général adjoint du Parlement danois ; Clara Worsaae Møller, cheffe de la délégation danoise auprès du GRECO ; ainsi que d'autres hauts fonctionnaires.
La délégation a pris note des informations fournies par les autorités danoises au cours de la visite. Elle s'est félicitée de l'engagement pris au plus haut niveau de mettre en œuvre les recommandations du GRECO au sujet des hautes fonctions de l'exécutif et des services répressifs et attend des mesures rapides à cet égard.
Toutefois, la délégation a vivement regretté qu'aucune mesure supplémentaire ne soit prévue pour donner suite aux recommandations formulées à l'égard des parlementaires. Cette situation est contraire à l'engagement pris par le Danemark, en sa qualité de membre du GRECO, de prévenir efficacement la corruption. Le GRECO exhorte donc le Parlement danois à renforcer en priorité les mesures d'intégrité applicables aux parlementaires.
Près de six ans après l'adoption de son Rapport d'évaluation du Cinquième Cycle sur le Danemark, seules deux des 14 recommandations ont été pleinement mises en œuvre. De plus, 11 ans après l'adoption du Rapport d'évaluation du Quatrième Cycle, seules deux des six recommandations ont été pleinement mises en œuvre. Ce constat suscite des inquiétudes au sujet des cadres mis en place par le Danemark pour prévenir efficacement la corruption dans le secteur public. Le gouvernement et le Parlement danois sont instamment priés de prendre des mesures rapides et effectives pour mettre en œuvre les recommandations en suspens.
Le GRECO examinera les mesures prises par les autorités danoises pour mettre en œuvre ses recommandations du Cinquième Cycle, ainsi que leur efficacité, en juin 2025, et ses recommandations du Quatrième Cycle en 2026.
La délégation du GRECO était composée de son président, David Meyer, de la directrice de la sécurité, de l'intégrité et de l'État de droit du Conseil de l'Europe, Hanne Juncher, des chefs de délégation au GRECO de Chypre, Alexia Kalispera, et de Suède, Johan Davidsson, ainsi que de la secrétaire exécutive du GRECO, Livia Stoica Becht, et de la conseillère juridique principale du secrétariat du GRECO, Victoria Cherniychuk.

