Retour Le rapport sur la Croatie salue des progrès dans la lutte contre le racisme et l'intolérance; il identifie la nécessité d’élaborer une stratégie nationale globale pour l’intégration des migrants

Le rapport sur la Croatie salue des progrès dans la lutte contre le racisme et l'intolérance; il identifie la nécessité d’élaborer une stratégie nationale globale pour l’intégration des migrants

Dans son 6e rapport sur la Croatie, aussi publié en croate, la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) du Conseil de l'Europe note des initiatives encourageantes en matière d'éducation civique, de prévention du discours de haine et d'intégration des Roms, tout en exhortant le gouvernement à prendre des mesures plus fermes contre le discours de haine, la discrimination et le profilage racial.

Concernant les progrès réalisés depuis la précédente évaluation, l'ECRI félicite notamment la Croatie d'avoir renforcé l'éducation civique au moyen de réformes transversales et d'avoir mis en place des modèles locaux comme le programme facultatif de Rijeka, qui est apprécié par les élèves et par la communauté éducative.

Les efforts destinés à intégrer les personnes déplacées venues d'Ukraine, y compris l'accès rapide aux cours de langue et la scolarisation rapide des enfants, sont considérés comme de bonnes pratiques.

Les politiques d'inclusion des communautés roms ont également progressé. L'ECRI note un soutien accru à la légalisation du logement, au développement des infrastructures et à l'élargissement de l'accès aux centres communautaires offrant des services sociaux. Les efforts déployés pour réduire les taux d'abandon scolaire grâce à des bourses et à un système de récompense témoignent d'un engagement croissant en faveur de l'accès à l'éducation pour toutes et tous.

Les initiatives de sensibilisation et les réponses apportées par la population au discours de haine sont saluées. Les campagnes publiques de promotion de la diversité et de lutte contre le discours de haine (par exemple, le projet de production de vidéos mené par la Fédération croate de football) ont été accueillies favorablement.

L'ECRI note également le rôle positif des institutions de l'Ombuds, qui jouissent de la confiance du public et condamnent activement le discours de haine tout en donnant des conseils sur les politiques d'inclusion. Le renforcement des pouvoirs juridiques de ces organismes et du soutien financier qui leur est accordé pourrait encore améliorer leur efficacité.

Il reste cependant des motifs de préoccupation. Les personnes LGBTI continuent d'être largement confrontées à des préjugés et à des discriminations, et la procédure de reconnaissance juridique du genre est décrite comme contraignante et trop médicalisée.

Le discours de haine (dirigé en particulier contre les Roms, les personnes d'origine serbe et les personnes LGBTI) reste fréquent lors d'événements publics, sur internet et dans la classe politique.

Les communautés roms continuent d'être confrontées à une ségrégation résidentielle, de rencontrer des difficultés d'accès aux soins et d'avoir une espérance de vie réduite.

L'ECRI met en exergue le fait que le profilage racial potentiel par les forces de l'ordre et le sous-signalement des crimes de haine sont des problèmes qui doivent être traités.

Le rapport souligne aussi la nécessité d'une stratégie nationale globale pour l'intégration des personnes migrantes, qui s'appuie sur des initiatives locales ayant fait leurs preuves.

L'ECRI propose des mesures ciblées pour faire progresser l'inclusion et combler les lacunes restantes. Il formule notamment les recommandations suivantes :

• améliorer la procédure de reconnaissance juridique du genre, en veillant à ce qu'elle soit rapide et transparente, et à ce qu’elle ne soit pas soumise à des exigences médicales invasives ou excessives ;

• encourager les personnalités publiques à prendre fermement position contre l’expression de propos haineux, racistes ou LGBTI-phobes, et à réagir en proposant un contre-discours et un discours alternatif;

• élaborer des programmes de déségrégation en matière de logement pour favoriser le relogement volontaire de familles roms installées dans des campements séparés et les aider à se mêler au reste de la population.

L'ECRI demande aussi à la Croatie de donner la priorité, ces deux prochaines années, à deux aspects : l'élaboration d'une stratégie nationale d'intégration pour les bénéficiaires d'une protection internationale et les autres personnes migrantes, et l'amélioration de l'accès aux soins pour les populations roms. Les progrès réalisés dans ces domaines seront examinés en 2027.

L’ECRI et la Croatie

 

Division des migrations et des réfugiés Strasbourg 16 juin 2025
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