Retour Ensemble pour une meilleure santé mentale : placer les personnes, leur dignité et leur autonomie au centre

Ensemble pour une meilleure santé mentale : placer les personnes, leur dignité et leur autonomie au centre

Que signifie pouvoir prendre des décisions concernant sa propre vie lorsque l’on rencontre des problèmes de santé mentale ? Et que se passe-t-il lorsque l’aide dont on a besoin n’est pas disponible à proximité de son domicile ?

Ces questions étaient au cœur de la conférence régionale « Ensemble pour une meilleure santé mentale : droits humains, dignité et inclusion dans les soins de santé mentale », qui s’est tenue à Erevan le 8 octobre 2026, deux jours avant la Journée mondiale de la santé mentale. Organisée par le Conseil de l’Europe en étroite coopération avec le Bureau du Défenseur des droits de l’homme de la République d’Arménie, elle a réuni des décideurs politiques, des institutions de défense des droits humains, des professionnels de la santé mentale, des représentants de la société civile, des universitaires et des personnes ayant une expérience vécue, originaires d’Arménie et de Géorgie.  Ensemble, ils ont réfléchi aux moyens de faire d’une approche fondée sur les droits humains une réalité concrète dans le quotidien des personnes qui bénéficient de services de santé mentale.

Les débats ont débuté par une réflexion approfondie sur la capacité juridique et l’autonomie des patients. Les participants se sont penchés sur la nouvelle recommandation du Conseil de l’Europe relative au respect de l’autonomie dans les soins de santé mentale, adoptée en juin 2026, ainsi que sur la réforme en cours en Arménie en matière de capacité juridique, à la suite de l’arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Nikolyan c. Arménie. Cette réforme vise à remplacer le régime d’incapacité totale par un accompagnement adapté aux décisions que chaque personne peut prendre elle-même.

Pour les personnes privées de liberté, ils ont rappelé que l’accès aux soins de santé mentale est étroitement lié à la dignité, à la prévention et à la réadaptation. Ils ont aussi insisté sur l’importance de disposer d’informations fiables et valides et de renforcer les connaissances en santé mentale, de lutter contre la stigmatisation et de protéger les professionnels contre le stress et l’épuisement professionnel.

Ces échanges ont montré que la qualité des soins de santé mentale ne dépend pas seulement des traitements. Elle repose aussi sur la possibilité, pour chaque personne, d’être entendue, d’exercer des choix et de participer aux décisions concernant ses propres soins.

Les normes du Conseil de l’Europe, notamment la Convention européenne des droits de l’homme, la Convention d’Oviedo, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et les normes du Comité pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants,  offrent des garanties importantes aux personnes qui bénéficient de soins et de services de santé mentale. L’Arménie a ratifié la Convention d’Oviedo en 2025. Ses principes sont désormais progressivement intégrés à la pratique quotidienne, notamment grâce à des règles déontologiques destinées aux professionnels de santé, à des orientations sur le consentement éclairé et la confidentialité, ainsi qu’à des formations pour les médecins et les juristes. Mais ces normes ne prennent pleinement leur sens que lorsqu’elles améliorent concrètement la vie des personnes.

Comme l’a souligné Maxime Longangué, Chef du Bureau du Conseil de l’Europe à Erevan : “La signature d’un traité n’est qu’un début. Ce qui compte vraiment, c’est ce qu’elle change lorsqu’une personne ordinaire franchit la porte d’un dispensaire ou d’un hôpital”.

Samvel Kharazyan, vice-ministre de la Santé, a ajouté : “La santé mentale ne relève pas seulement de la politique de santé ; c’est aussi une question de droits humains, de dignité, d’égalité, d’inclusion sociale et de participation. Pour l’Arménie, cette approche est au cœur des réformes en cours. Celles-ci reflètent un principe fondamental : le fait d’avoir un trouble de santé mentale ne devrait jamais, à lui seul, justifier que l’on méconnaisse la dignité, la parole ou les droits d’une personne. Dans le même temps, la législation ne peut, à elle seule, transformer le système de soins de santé mentale. »

un message a traversé toute la journée : de meilleurs soins de santé mentale commencent par la reconnaissance de la personne, et pas seulement de son trouble. Cela suppose que chacun puisse demander de l’aide sans être stigmatisé, accéder à un accompagnement adapté, continuer à participer aux décisions concernant son propre corps et son esprit, et voir sa dignité respectée à chaque étape des soins.

En réunissant des voix diverses, notamment celles de personnes ayant une expérience vécue, la conférence a contribué au dialogue en cours sur les moyens de rendre les soins de santé mentale en Arménie et dans la région davantage fondés sur les droits, plus inclusifs et centrés sur la personne.

La conférence a été organisée par le Conseil de l’Europe dans le cadre de ses projets « Protection des droits humains en biomédecine III » et « Renforcer encore la protection des droits des personnes détenues », mis en œuvre au titre du Plan d’action du Conseil de l’Europe pour l’Arménie 2023-2026.

12 octobre 2026
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