Retour Un an après le début de l'agression de la Russie contre l'Ukraine : les dangers du discours politique et de la propagande ultra-nationalistes

Un an après le début de l'agression de la Russie contre l'Ukraine : les dangers du discours politique et de la propagande ultra-nationalistes

Il y a un an, le 24 février 2022, la Russie a lancé une invasion d’envergure de l’Ukraine. Dans une déclaration exceptionnelle sur les conséquences de l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine, adoptée peu après, lors de sa 88e réunion plénière, l’ECRI a souligné que la guerre d’agression de la Russie « a été précédée et s’accompagne d’un discours politique et d’une propagande ultranationalistes », qu'elle a entraîné d'immenses souffrances pour le peuple ukrainien et a contraint des millions de personnes dans le désespoir et en danger de mort à fuir ou à trouver refuge à l'intérieur de l'Ukraine ou à l’étranger. Cette situation n'a pas laissé d'autre choix au Comité des Ministres du Conseil de l'Europe que de mettre fin à l'adhésion de la Russie à l'Organisation le 16 mars 2022, ce qui a également mis un terme au travail de suivi de l'ECRI concernant le racisme et l'intolérance en Russie.

Dans une autre déclaration, publiée un an avant l'agression de la Russie, l'ECRI avait jugé nécessaire de mettre en garde les Etats membres du Conseil de l'Europe contre les discours de haine et la violence ultranationalistes et racistes en relation avec les confrontations et les conflits non résolus en Europe et contre les « dangers consistant à développer des récits de nature accusatoire ». Dans cette déclaration, il était également fait référence au cinquième rapport de l’ECRI sur la Fédération de Russie, adopté en 2018, dans lequel l'ECRI avait exprimé ses préoccupations concernant le niveau croissant d'intolérance à l'égard des Ukrainiens depuis 2014 et le fait que les Ukrainiens étaient dépeints, au niveau politique, comme des « ennemis » de la Russie.

Le 30 juin 2022, lors d'un échange avec le Comité des Ministres, la Présidente de l'ECRI a souligné que la représentation, par les dirigeants russes, des Ukrainiens qui se battent pour leur pays comme des néo-nazis était un affront à la mémoire des millions de victimes du nazisme et de ceux qui l'ont combattu. Elle a également plaidé pour un engagement renouvelé des États membres du Conseil de l'Europe envers les principes de l'Organisation. « Le problème ne réside pas dans nos normes. Le problème ne réside pas dans notre capacité à contrôler le respect de ces normes. Le problème, c’est qu’un Etat membre a délaissé les principes de base de cette Organisation », a-t-elle déclaré. « Il est donc vital que les Etats membres du Conseil de l’Europe, désormais au nombre de 46, montrent qu’ils sont profondément attachés à tout ce que représente l’Organisation, y compris l’égalité effective pour tous et le respect de la diversité, et qu’ils coopèrent avec les organes de suivi du Conseil de l’Europe comme l’ECRI. A cette fin, chaque gouvernement doit pouvoir regarder en face le positif et le négatif, voire ce qui apparaît comme hideux », a-t-elle conclu.

Strasbourg 24 février, 2023
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page

accès restreint

 Accès membres

 Réinitialisation du mot de passe (expiration tous les 6 mois)

e-news