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Comment les femmes font-elle l'actualité ? Séminaire sur les médias sociaux pour les candidates en Arménie

Arménie 22-23 juin 2016
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Group photo after the workshop

Group photo after the workshop

Le 21 juin, le Conseil de l’Europe a mené un séminaire sur les femmes en politique et dans la représentation en ligne, pendant lequel les participants ont réfléchi à comment les femmes accèdent aux médias électroniques et à comment elles sont représentées dans ces médias. Les risques et la valeur ajoutée des médias sociaux pour les femmes candidates ont été discutés autour d’expériences partagées.

A la suite du séminaire, qui peut être vu comme un tremplin pour de prochaines initiatives, le 22 et 23 juin, un groupe de 15 femmes a participé à une formation aux formateurs de deux jours sur la compréhension des médias sociaux pour les femmes candidates. La formation a couvert les principes des médias sociaux, des principaux sites de médias sociaux, de stratégie des médias sociaux et de mesure des médias sociaux. Après la formation, la plupart des participantes ont souligné le besoin urgent d’utiliser les médias sociaux pendant la campagne électorale et après avoir été élu, comme étant un outil important avec de faibles coûts et avec une large diffusion.

La formation a été conçue pour créer une réserve d’experts, qui seront capables d’améliorer les connaissances et les compétences sur les médias sociaux des femmes candidates pour être utilisée pour les élections locales de 2016 et leur offrir un accompagnement personnalisé si nécessaire.

Tous deux, le séminaire et la formation appartiennent au projet PCF « Assistance électorale durable aux acteurs associés aux élections en Arménie » et ont été rendus possibles grâce à Valentina Pellizzer et Belma Kučukalić, experts en médias sociaux et participation politique des femmes en Bosnie-Herzégovine, et a réuni des représentants d’organisations locales de femmes, des organisations internationales, des militantes et des journalistes.

 

Interview de Lilit Asatryan, Présidente de l’Association des jeunes femmes arméniennes (AYWA) et de Tamara Hovnatanya du journal Woman and Politics, au sujet de leur expérience

Selon votre expérience, quelles sont les enjeux les plus importants pour les femmes en Arménie ?

Lilit : Je voudrais plutôt mentionner le faible niveau de participation politique et économique.

Tamara : C’est également mon avis.

Quelles doivent-être les priorités les femmes actives en politique ?

Lilit : Une des priorités est de construire les capacités et de développer les compétences professionnelles des femmes qui veulent entrer en politique. Par exemple, elles devraient être formées aux discours publics, à la formulation de visions, de but et de stratégie, à l’utilisation de plateformes en ligne, etc. Un autre aspect concerne l’indépendance économique des femmes depuis, comme l’histoire le montre, que seulement les femmes actives économiquement peuvent se permettre d’entreprendre des activités dans le domaine politique.  

Tamara : Les médias sociaux peuvent promouvoir la participation politique des femmes. Ainsi, elles deviennent plus visibles. Il est également possible de conduire des campagnes effectives pour briser les stéréotypes négatifs associés au manque de femmes dans la vie politique.

Considérez-vous Internet comme un outil pour promouvoir la participation des femmes en politique ?

Lilit : Internet peut offrir une solide base à cet objectif. L’ensemble peut inclure des cours en ligne, une organisation en ligne des campagnes, des réseaux de militantes pour partager des expériences pertinentes, une reconnaissance dans un groupe d’électeurs plus vaste, etc. Aussi, Internet rend la communication entre les candidats et leurs circonscriptions plus rapide, plus efficace et plus ciblée. Ainsi, cela offre beaucoup d’opportunités. C’est juste un enjeu pour savoir comment les candidates et les organisations qui les supportent vont les utiliser et à quel niveau elles veulent que ses opportunités servent leurs besoins.

Tamara : Internet sert de plateforme à travers de laquelle vous pouvez atteindre vos circonscriptions et communiquer avec elles. C’est une double-conversation. Notre site internet WomenNet.am qui a sa propre page aussi ses sites dans les médias sociaux (Facebook, Twitter, Google+) vont exactement dans cette direction, en voulant fournir une plateforme pour les femmes actives politiquement non seulement pendant les élections mais en général.

Quels sont les principaux défis relatifs à l’utilisation d’Internet pour les campagnes politiques ?

Lilit : Les faux comptes qui sont hors de contrôle et qui peuvent avoir un effet contraire à cause des « black PR ». Son potentiel est immense mais cela doit être utilisé avec un haut niveau de responsabilité.

Tamara : Quand on parle de l’Arménie, il doit être noté qu’une large partie de la population « marz » (régionale) est toujours à suivre les campagnes électorales sur d’autres plateformes : communication individuelle ou de groupe, télévision, radio, médias papier. Dans les aires urbaines, Internet est moins utilisé pour des raisons subjectives et objectives, dont la disponibilité d’une connexion, la capacité à diriger les possibilités opérationnelles du réseau, le fait d’être dépassé par des tâches quotidiennes, etc.

Pouvez-vous rappeler des exemples d’usage d’Internet visant à promouvoir les enjeux sociaux ou le débat politique dans votre pays ?

Lilit : Je peux donner l’exemple d’une campagne sur l’allaitement ayant eu du succès, et qui a été largement discutée sur les forums Internet il y a quelques années. Aujourd’hui presque tous les enjeux sont discutés sur les plateformes en ligne. Quoiqu’il en soit, leur succès dépend d’une stratégie de campagne correcte, d’un travail acharné, de la capacité de choisir la bonne audience et d’un nombre d’autres facteurs employés par ceux qui mettent en place ces campagnes.

Tamara : Je peux rappeler les exemples d’initiatives ayant eu du succès sur l’activisme social, la campagne contre la réduction de l’allocation de maternité, « Electric Yerevan », « Nous ne paierons pas 100 drams pour un transport », etc. Toutes celles-ci ont été organisées sur les médias sociaux.

Comme exemple négatif, je peux mentionner l’humiliation des activistes des droits des femmes qui traitaient des enjeux des droits des femmes dans le cadre de la « campagne contre les genres ».

A votre avis, sur quoi les femmes actives en politique et les candidates devraient se focaliser quand elles utilisent Internet ?

Lilit : Je pense que quand elles commencent les campagnes politiques sur Internet, ces femmes devraient avoir une vision clairement formulée, des buts, une stratégie et une audience cible.

Quels sont les plus importants aperçus, conclusions ou connaissance que vous tirez du séminaire ?

Lilit : Je veux établir la principale conclusion que j’ai réalisé de ce séminaire en Arménie : Internet devient une plateforme moderne pendant les élections, particulièrement pour les femmes candidates.

Tamara : Je comprends que nous devons démarrer une discussion sur les médias sociaux dans le but d’avoir une meilleure compréhension des opportunités que les médias sociaux assurent et des risques qu’ils représentent. Et nous avons tous compris que la participation politique des femmes est une exigence pour une société et un développement démocratique.

Merci pour cette interview.