Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI)


Communiqué de presse – 08.06.2004

Conseil de l’Europe : rapports sur le racisme en République tchèque, Allemagne, Grèce et Hongrie

Strasbourg, 08.06.2004 – La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), organe du Conseil de l’Europe spécialisé dans la lutte contre le racisme, publie aujourd’hui quatre nouveaux rapports sur le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’intolérance concernant la République tchèque, l’Allemagne, la Grèce et la Hongrie. L’ECRI constate une évolution positive dans l’ensemble de ces quatre pays membres du Conseil de l’Europe. Dans le même temps, les rapports font aussi état d’éléments qui demeurent préoccupants pour la Commission, dont les suivants :

En République tchèque, la situation des Roms ne s’est guère améliorée. Ceux-ci demeurent en marge de la société majoritaire, comme en témoigne leur ghettoïsation dans des campements aux conditions inférieures aux normes, situés à la périphérie des villes. Les violences à motivation raciale et les mauvais traitements que la police inflige à des Roms continuent d’être préoccupants. L’ECRI soulève aussi un certain nombre de questions en ce qui concerne les demandeurs d’asile et les migrants, et notamment la question préoccupante de la rétention des enfants.

En Allemagne, la violence raciste, xénophobe et antisémite reste un sujet de préoccupation pour l’ECRI, et touche en particulier les demandeurs d’asile, les membres des communautés juives, les Roms et les Sintis. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir que les non-ressortissants et les personnes d’origine immigrée jouissent véritablement, dans tous les domaines de la vie publique, de l’égalité des chances. Des progrès doivent encore être réalisés concernant la reconnaissance du rôle positif de l’immigration, comme le montre notamment la stigmatisation des immigrés, des demandeurs d’asile et des réfugiés dans les débats publics.

En Grèce, il existe encore des stéréotypes, des préjugés et des discriminations à l’encontre des membres de groupes minoritaires, notamment de la communauté rom et de groupes religieux minoritaires, ainsi qu’à l’encontre des immigrés. La situation de la minorité musulmane de la Thrace occidentale devrait encore s’améliorer. La situation des immigrés est loin d’être totalement régularisée et il n’existe pas encore de politique d’intégration complète et ciblée en matière d’immigration.

En Hongrie, les progrès réalisés pour lutter contre les problèmes de racisme, d’intolérance et de discrimination restent, à de nombreux égards, limités. La minorité rom demeure fortement défavorisée dans la plupart des domaines de la vie, dont ceux de la santé, du logement, de l’emploi et de l’éducation. Des insuffisances ont été repérées dans la loi et la pratique relatives aux droits des réfugiés et des demandeurs d’asile. De plus, les initiatives prises au niveau national pour lutter contre le racisme et la discrimination ne se concrétisent pas toujours avec succès au niveau local.

Ces nouveaux rapports font partie d’un troisième cycle de suivi des lois, politiques et pratiques des Etats membres dans la lutte contre le racisme. Les rapports pays-par-pays de l’ECRI sont disponibles en anglais et en français ainsi que dans la langue nationale du pays concerné sur le site internet www.coe.int/ecri. Ils couvrent, sous l’angle de la protection des droits de l’homme et sur un pied d’égalité, tous les pays membres. Les rapports du troisième cycle sont centrés sur la question de la «mise en œuvre » : ils examinent si les principales recommandations de l’ECRI contenues dans ses rapports précédents ont été suivies et appliquées, et si oui, jusqu’à quel degré d’efficacité.