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Communiqué de presse – 18.03.2004

Peter Schieder : « Le racisme et l'intolérance sont les auxiliaires de la terreur »

Strasbourg, 18.03.2004 - « Sept jours après la tragédie d'Atocha, d'El Pozo et de Santa Eugenia, les images de l'horreur provoquée par les bombes des terroristes continuent de hanter les esprits. Le 11 mars – et les plus de deux cents victimes sauvagement assassinées ce jour là – seront à jamais gravées dans la mémoire collective de l'Europe et du monde. (…) Le message qu'il convient de tirer de la tragédie de Madrid, c'est que devant une telle horreur notre colère est humaine, normale et justifiée. Je dis bien « colère » et non pas haine. La colère peut nous rendre plus forts ; la haine ne peut que nous affaiblir. La colère peut nous aider à gagner ; mais si nous succombons à la haine, nous avons déjà perdu », a déclaré aujourd'hui à Strasbourg Peter Schieder, Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, à l'occasion de la Conférence marquant le 10e anniversaire de l'ECRI.

« Plus les préjugés dans nos sociétés sont virulents, plus il y a de chances pour que la réaction à un acte de terrorisme soit inappropriée, mal ciblée et erronée. Le racisme et l'intolérance sont les auxiliaires de la terreur. C'est la raison pour laquelle le travail de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) est si important », a ajouté M. Schieder.

Dénonçant la montée du populisme en Europe, Peter Schieder a poursuivi: « A cet égard, la classe politique est loin d'être sans reproches. Nous sommes tous responsables de nos actes, mais nous sommes aussi responsables de nos propos et des attitudes dont nous favorisons l'émergence. Les dernières années ont produit nombre de petites phrases politiques faciles, mais il y a une expression qu'on entend de plus en plus souvent : je veux parler de la « tolérance zéro ». En termes de lutte contre le racisme, cette expression est totalement inopportune – la « tolérance » c'est justement le maître mot de l'ECRI. Et il est triste de constater que nos gouvernements font de moins en moins preuve de tolérance.

Je voudrais lancer un défi à tous les Etats membres du Conseil de l'Europe : celui de présenter un plan d'action concret, qui énonce clairement des mesures, des structures et des délais pour parvenir à « l’intolérance zéro », au racisme zéro et à la xénophobie zéro. Seule « l'intolérance zéro » pourra nous donner la victoire dans la lutte contre le terrorisme ; seule « l'intolérance zéro » pourra rendre justes et équitables les politiques concernant les demandeurs d'asile et autres migrants. Voilà le vrai défi, la véritable tâche et le seul moyen de trouver des solutions réelles et durables aux problèmes que nous connaissons. »

M. Schieder a conclu son discours à quelques jours du 21 mars, Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, en félicitant l'ECRI pour son important travail. « L'ECRI nous présente un miroir pour que nous contemplions notre image. Cette image n'est pas toujours celle que nous aimerions voir, ni celle que nous voudrions que les autres voient, mais c'est l'image qui correspond le plus exactement à ce que nous sommes véritablement… Ne nous voilons pas la face : nous sommes tous prompts à condamner le racisme, l'intolérance, l'antisémitisme, la xénophobie ou l'islamophobie en termes généraux, ou lorsqu'ils sévissent à l'autre bout du monde mais, s'agissant de la situation dans nos propres pays, il nous manque souvent le courage ou la volonté d'être entièrement honnêtes et véritablement critiques».