Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI)


Communiqué de presse – 03.04.2001

La Commission contre le racisme publie de nouveaux rapports sur l’Albanie, l’Autriche, le Danemark, « l’ex-République yougoslave de Macédoine » et le Royaume-Uni

STRASBOURG, 03.04.2001 – La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI), organe du Conseil de l'Europe spécialisé dans la lutte contre le racisme, a publié aujourd’hui cinq nouveaux rapports détaillés sur le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’intolérance concernant l’Albanie, l’Autriche, le Danemark, « l’ex-République yougoslave de Macédoine » et le Royaume-Uni.

Ces rapports font partie d’un deuxième cycle de suivi des lois, politiques et pratiques des Etats membres dans la lutte contre le racisme. Les rapports pays-par-pays de l’ECRI couvrent, sous l’angle de la protection des droits de l’homme, chacun des 43 pays membres de l’Organisation, sur pied d’égalité. Les seconds rapports, qui sont établis après une visite de contact dans les pays en question, étudient la mise en œuvre des propositions faites par l’ECRI dans ses rapports précédents, contiennent des informations générales mises à jour, et offrent une analyse approfondie de certains aspects particulièrement préoccupants dans les pays concernés.

L’ECRI constate une évolution positive dans les cinq pays étudiés. Dans le même temps, les rapports font aussi état d’éléments qui demeurent préoccupants, dont les suivants :

En Albanie, les questions de discrimination ethnique ne sont pas reconnues comme étant de première importance, et il n’y a en conséquence que peu de prise en compte de ces questions. Des préjugés et stéréotypes négatifs existent notamment à l’encontre des Roms/Tsiganes. La corruption à grande échelle qui semble répandue dans les institutions publiques peut aussi engendrer une discrimination indirecte dont sont victimes celles et ceux qui n’ont pas les relations ou les moyens nécessaires pour avoir accès aux services publics, aux infrastructures de base ou à l’emploi. Il y a un manque aigu d’informations sur la situation et l’importance numérique des différents groupes minoritaires qui vivent en Albanie.

En Autriche, le racisme, la xénophobie et la discrimination affectent particulièrement les immigrés, demandeurs d’asile et réfugiés, mais aussi les ressortissants autrichiens d’origine immigrée. La plupart des dispositions juridiques visant à combattre le racisme et la discrimination n’apportent pas, à cet égard, de protection efficace. L’utilisation d’une propagande raciste et xénophobe en politique est un sujet de vive préoccupation. Le comportement de la police à l’égard de personnes appartenant à des groupes minoritaires suscite également certaines inquiétudes.

Au Danemark, l’état d’esprit actuel vis-à-vis des personnes d’origine étrangère ainsi que l’impact et l’utilisation d’une propagande xénophobe en politique sont des plus préoccupants. La discrimination, notamment sur le marché de l’emploi, mais aussi dans d’autres domaines, tels que le logement et l’accès aux lieux publics, est également préoccupante. Les personnes perçues comme étant musulmanes semblent être particulièrement touchées par ces phénomènes. La plupart des dispositions juridiques en vigueur visant à combattre le racisme et la discrimination ne paraissent pas offrir une protection efficace.

« L’ex-République yougoslave de Macédoine » demeure une société où les questions de discrimination et d’intolérance ne sont ni reconnues ni traitées à leur juste mesure. Les différentes communautés ethniques n’ont souvent que peu de contacts entre elles et leurs relations sont tendues du fait de stéréotypes négatifs et d’un climat de méfiance. En outre, les membres des groupes minoritaires ne participent pas pleinement aux institutions publiques à tous les niveaux de la société. Les informations concrètes concernant les manifestations de racisme et de discrimination sont rares, d’où bien souvent l’absence de dispositifs spécifiques destinés à lutter contre ces phénomènes.

Les problèmes de xénophobie, de racisme et de discrimination persistent au Royaume-Uni et sont particulièrement graves à l’égard des demandeurs d’asile et des réfugiés. Ceci apparaît dans la façon xénophobe et intolérante dont ces groupes sont évoqués dans les médias mais aussi dans le discours des politiques qui soutiennent l’adoption et l’application de lois de plus en plus restrictives sur l’asile et l’immigration. Les préjugés racistes dans la police demeurent un élément préoccupant. Les dispositions pénales et civiles ne sont pas toujours efficaces pour combattre les comportements racistes, xénophobes ou discriminatoires.