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La CEPEJ a pour objet l'amélioration de la qualité de la justice et de l'efficacité de son fonctionnement dans les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe. |
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La CEPEJ s'engage dans le 3ème cycle
d'évaluation des systèmes judiciaires européens. Il s'agit d'une
étape importante de son travail destiné à donner aux décideurs
publics (ministères, parlements) et aux professionnels de la
justice (conseils de la justice, tribunaux, parquets, barreaux,
etc.) des outils fiables de politique publique, leur permettant
d'orienter les nécessaires réformes des systèmes judiciaires.
Stéphane LEYENBERGER |
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Dossier : Les données juridiques |
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La CEPEJ lance un nouveau cycle d’évaluation du fonctionnement des systèmes judiciaires dans tous les Etats membres du Conseil de l’Europe. Les études de ce type suscitent aujourd’hui un intérêt accru, pour plusieurs raisons. En période de récession économique, les ministres des Finances cherchent en effet à réaliser des économies budgétaires, y compris en réduisant les dépenses des systèmes judiciaires. Les ministres de la Justice analysent les chiffres relatifs aux tribunaux, à leurs effectifs et aux affaires traitées ainsi que la durée des procédures judiciaires. Tous veulent procéder à une rationalisation sans précédent de l’organisation de la justice (en partie à cause de la récession). Dans ces circonstances, la justice électronique est en train d’apparaître comme un outil d’efficacité incontournable. A juste titre, puisque des décisions rapides dans les affaires contentieuses et immédiates dans les cas non litigieux ou encore des procédures d’inscription raccourcies sont des facteurs favorables à la croissance économique. Pour ce qui est des affaires pénales, l’efficience des procédures et des jugements concourt à la prévention de la criminalité et au sentiment de justice.
Parmi les principales innovations, il convient de mentionner les
communications électroniques entre les parties aux procédures.
Cette méthode est particulièrement utile dans les affaires
civiles nécessitant de fréquents échanges d’informations et
transmissions de documents. De nombreux actes de procédure et
formalités devraient passer par la voie électronique. Les
affaires non contentieuses, en particulier les inscriptions (par
exemple auprès du tribunal de commerce), devraient être traitées
simplement en ligne sans qu’il soit nécessaire de se rendre au
tribunal et d’attendre longtemps une décision.
Il est grand temps d’accélérer de manière décisive la mise en
œuvre du traitement électronique des données dans l’organisation
judiciaire, qu’il s’agisse de la gestion, de l’administration,
de la création et de l’utilisation de bases de données
juridiques ou de la communication entre les parties. A
l’évidence, la justice électronique accélère le déroulement des
procédures, améliore l’organisation et la planification et
facilite les relations avec les instances judiciaires.
Les technologies de l’information et de la communication (TIC)
sont déjà présentes dans les systèmes judiciaires ; toutefois,
il ressort des études effectuées à ce jour que le degré
d’informatisation et d’utilisation des TIC est très variable
selon les pays européens. Certains pays sont déjà engagés très
avant dans l’ère des TIC et de la justice électronique. Les
données de 2006 indiquent que l’informatisation est achevée dans
un Etat sur six (c’est-à-dire que toutes les juridictions ont
recours aux communications électroniques). L’informatisation des
dossiers et l’enregistrement électronique des actes et autres
formalités facilitent et accélèrent considérablement les
procédures. Il est également possible d’établir automatiquement
des rapports et des statistiques et d’assurer en continu un
suivi de l’avancement des procédures, de leur durée et des
dépassements de délais.
En revanche, dans plusieurs pays la mise en œuvre des nouvelles
technologies ne progresse que lentement. Dans un Etat membre sur
cinq, moins de 10 % des tribunaux sont équipés d’ordinateurs et
les communications électroniques sont pour ainsi dire inconnues.
Des procédures et des tâches administratives laborieuses, la
correspondance, l’envoi des pièces et les convocations se font
encore en grande partie manuellement. L’établissement des
rapports nécessaires à des fins de statistiques et de
planification se fait encore par des méthodes archaïques,
souvent sous des formes malcommodes.
Dans certains cas, les technologies ne sont employées que dans
certaines juridictions, par exemple les tribunaux de commerce,
ou pour certains registres, comme le registre du cadastre et des
hypothèques ou le registre du commerce. Il arrive aussi que des
tribunaux ou des parquets introduisent des innovations (dossiers
informatisés, transfert électronique des documents) de leur
propre initiative. C’est le cas par exemple du projet SAS –
Application de la justice électronique au parquet général du
Land de Brandebourg, l’un des lauréats de l’édition 2009 du prix
« Balance de cristal de la justice pénale ». Ce projet porte sur
la mise en place d’un système électronique intégré spécialement
développé pour créer et traiter les documents des parquets. Le
système comprend une base de données contenant les pièces des
dossiers, les documents et les décisions des procureurs. Il crée
automatiquement de nombreux documents qui étaient auparavant
très longs à établir. Il permet de rechercher, de remplir et
d’envoyer facilement des documents normalisés. Beata GRUSZCZYNSKA
Chaque tribunal des Etats membres du Conseil de l'Europe se doit
de rendre ses jugements dans un délai raisonnable et dans une
qualité optimale. Les statistiques sont des instruments qui
permettent de gérer efficacement le volume des affaires d'un
tribunal. La CEPEJ a défini des standards statistiques.
En se fondant sur les chiffres élémentaires mentionnés
ci-dessus, divers indicateurs utiles peuvent être calculés,
notamment:
• Taux de variation du stock d’affaires pendantes (indicateur CR
– clearance rate) : rapport entre les affaires nouvelles et les
affaires résolues pendant une période, exprimé en pourcentage.
• Durée estimée d’écoulement du stock d’affaires pendantes :
rapport entre le nombre d’affaires résolues et le nombre des
affaires pendantes à la fin de la période considérée. On calcule
ainsi le nombre de fois pendant l’année (ou la période donnée)
que le stock d'une certaine catégorie d’affaires tourne ou est
résolu pendant l’année.
• Durée d'écoulement du stock d'affaires pendantes (indicateur
DT – disposition time) : Cet indicateur mesure la rapidité à
laquelle un tribunal vient à bout des affaires dont il est saisi
et permet de mieux comprendre comment il gère son flux
d'affaires.
Les lignes directrices mentionnées ci-dessus renseignent de
façon détaillée sur la méthode de calcul de ces indicateurs
(voir le chiffre 5 de l'annexe I aux lignes directrices).
• Affaires de licenciement : affaires concernant la rupture d’un
contrat de travail à l’initiative de l’employeur (dans le
secteur privé). Cela ne concerne pas les révocations de
fonctionnaires, par exemple à la suite d’une procédure
disciplinaire.
• Le vol qualifié consiste à voler une personne en faisant usage
de la force ou en menaçant d’y recourir. Si possible, les
chiffres en question devraient comprendre les vols avec violence
(vol à l’arraché, vol à main armée, etc.) et exclure le vol à la
tire, l’extorsion de fonds et le chantage (selon la définition
du Recueil européen de statistiques relatives à la criminalité
et à la justice pénale). Les tentatives ne doivent pas figurer
dans les données.
• L’homicide volontaire est défini comme le fait de tuer
intentionnellement une personne. Si possible, les chiffres
devraient inclure les coups et blessures ayant entraîné la mort,
l’euthanasie et l’infanticide et exclure l’aide au suicide
(selon la définition du Recueil européen de statistiques
relatives à la criminalité et à la justice pénale). Les
tentatives ne doivent pas figurer dans les données.
Jacques BÜHLER
Docteur en droit Différences concernant la collecte des données en matière pénale et en matière civile Dans la collecte de données judiciaires, certaines exigences et règles d’organisation pour la gestion de l'information paraissent semblables en matière pénale et en matière civile, surtout si la collecte se fait à l’aide d’une base de données informatisée(1).
Par ailleurs, des différences (entre la collecte des données en matière pénale et en matière civile) pourraient découler de certains objectifs spécifiques de la collecte et du traitement des données :
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(1) La majorité des systèmes judiciaires d'Europe bénéficie de l’aide plus ou moins importante de systèmes informatiques, notamment pour la gestion des données. Ce bref article s’intéresse à la collecte des données informatisées. (2)
Daniela INTRAVAIA Ministère italien de la Justice, Milan Le rôle du greffier du tribunal dans la collecte de données
Le rôle du greffier du tribunal dans la collecte de données
-statistiques et non statistiques- et l'automatisation des
tribunaux sont étroitement liés. En ce qui concerne les données statistiques, qui sont aussi à l’origine de certaines questions dans le rapport du CEPEJ, il a fallu fournir des données en début de procédure. La collecte, le contrôle et la fourniture de telles données font partie intégrante des tâches du greffier, qui, de ce fait, en est en quelque sorte le garant. On comprendra aisément qu’il ne dispose pas de données de référence et qu’il lui faut collecter ces informations pour la première fois, et ce, exclusivement pour alimenter les bases de données du tribunal. Autrement dit, l'automatisation des procédures judiciaires n'a pas d’incidences sur le travail du greffier pour ce qui concerne la collecte des données statistiques. Il lui faut toujours s’assurer de la cohérence des données et en garantir la qualité. D’où la nécessité de contrôles ultérieurs. La procédure judiciaire offre maintes occasions de vérifier et contrôler les données, que ce soit par le juge, le Rechtspfleger, le greffier et autres fonctionnaires des tribunaux. Le greffier, en effet, n'intervient pas uniquement au début de la procédure. Il suit le dossier de bout en bout. Vu l’importance des changements et autres mouvements de personnel, des erreurs peuvent aisément se produire. C'est donc au greffier qu'il appartient de saisir l'affaire en termes statistiques, de gérer la base de données, de classifier l'affaire et de figer les données concernant le début et la fin du procès, en s’aidant des mécanismes prévus à cet effet dans les bases de données. C'est grâce au travail du greffier que tous les fonctionnaires de justice peuvent vérifier, à tout moment, le statut d'une procédure. Dans son rapport, le CEPEJ relève, à plusieurs reprises, les dates de début et de fin des procédures judiciaires, ce qui lui permet de formuler des observations sur la durée moyenne de ces dernières dans les différents États membres. Le greffier fournit donc la matière première des statistiques concernant l'arriéré judiciaire et les affaires en instance. À cet égard, ses activités s'inscrivent dans le droit fil des objectifs du rapport du CEPEJ, à savoir fournir des données fiables et assurer la cohérence et la qualité des données, bien qu’elles se situent à un niveau différent, en relation directe avec le dossier judiciaire. Le greffier est pleinement conscient de son rôle de garant de la collecte de données.
Harald WILSCH Les mécanismes de collecte des données dans les pays en transition : l’exemple de l’Albanie »
I. Aperçu
L’Albanie connaît actuellement un développement économique alors même que de nombreuses réformes sont en cours. Le pays est en train de réformer son système judiciaire. C’est pourquoi nous avons certains problèmes pour la collecte des données et concernant les résultats des statistiques judiciaires. Ce sont des procédures totalement nouvelles pour les administrateurs des tribunaux et le personnel du ministère de la Justice chargés de mettre en place un service unique de statistiques dans le domaine de la justice. Les statistiques judiciaires ont pour objectif de faciliter le fonctionnement du système judiciaire et de contribuer à guider les politiques des pouvoirs publics en matière de justice. Par conséquent, les statistiques judiciaires doivent permettre aux responsables de l’élaboration de la politique et aux juristes praticiens d’obtenir des informations pertinentes sur la performance des tribunaux et la qualité du système judiciaire, c’est-à-dire sur la charge de travail des tribunaux et des juges, la durée nécessaire de traitement de ces affaires, la qualité des décisions des tribunaux et les ressources humaines et financières dont le système a besoin pour traiter les affaire entrantes.
Comme tous les Etats membres, l’Albanie a adopté certaines dispositions institutionnelles en matière de statistiques afin de collecter, coordonner, regrouper et traiter les informations de divers fournisseurs de statistiques nécessaires pour évaluer le fonctionnement et mesurer l’activité des tribunaux, du ministère public et des services administratifs au sein du système judiciaire et de tous les autres organes intervenant dans le domaine.
II. Procédures
____________________ (1) Le bureau du procureur général est une institution indépendante, selon la Constitution de la République d’Albanie. (2) CEPEJ(2005)12Rev. (3) CEPEJ(2008)2. (4) CEPEJ(2008)8. Rezana BALLA Ministère de la Justice, Albanie |
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Evénements récents |
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La cérémonie de remise de prix de la Balance de Cristal s’est tenue à Bruxelles, le 5 juin 2009. « Le travail volontaire des détenus en Pologne », présenté par le Service polonais des établissements pénitentiaires de la Commission centrale (Pologne) a gagné l’édition 2009. 3 autres projets ont été distingués :
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Activités en cours: quoi de neuf ? |
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Evaluation des systèmes judiciaires
Pour en savoir plus:http://www.coe.int/t/dghl/cooperation/cepej/evaluation/ Délais de procédure En s'appuyant sur les Lignes Directrices pour la gestion du temps judiciaires adoptées par la CEPEJ en décembre 2008, le Centre SATURN de la CEPEJ pour la gestion du temps judiciaire poursuit l'élaboration d'outils destinés à mesurer de manière homogène la durée des procédures de certains types d'affaires, avec le concours du Réseau des tribunaux-référents. Le Centre SATURN a ainsi vocation à évoluer vers un observatoire des délais judiciaires en Europe. Pour en savoir plus: http://www.coe.int/t/dghl/cooperation/cepej/Delais/ Journée européenne de la Justice civile
Pour en savoir plus: http://www.coe.int/t/dghl/cooperation/cepej/events/EDCJ/ Qualité de la justice Un manuel "pour la réalisation d’enquêtes de satisfaction auprès des usagers des tribunaux" est en cours de finalisation au sein du CEPEJ-GT-QUAL. Il est notamment destiné aux chefs de juridictions qui souhaitent organiser des telles enquêtes. Par ailleurs, une étude sur les "systèmes qualité" en Europe, dirigée par Philip Langbroek, sera prochainement discutée par le groupe d'experts. Celui-ci poursuit enfin son étude sur la contractualisation des procédures judiciaires. Pour en savoir plus: http://www.coe.int/t/dghl/cooperation/cepej/quality/ Exécution des décisions de justice
La 4ème réunion plénière du Réseau des tribunaux-référents s'est tenue à Strasbourg le 10 septembre. Les tribunaux-référents concourent en particulier à la mise en place de l'Observatoire européen des délais de procédures et ont été invités à organiser en 2010 des enquêtes de satisfaction auprès des usagers en utilisant les outils qui seront mis à leur disposition par la CEPEJ. |
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Publications
Courrier des lecteurs Vous souhaitez réagir à un article publié dans ce numéro ou nous suggérer des thématiques à aborder pour les prochaines éditions, envoyez-nous vos suggestions par e-mail à l'adresse suivante : cepej@coe.int. |
Evénements à venir
Strasbourg, France
Réunion du Réseau des Tribunaux référents et du Groupe SATURN Genève, Suisse |
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