Enseignement de l'histoire

Au-delà des manuels – principes et valeurs

Technologie de l'information et de la communication

"Les technologies de l’information et de la communication1 font partie intégrante de la socialisation des individus. Il existe certes des disparités importantes entre les pays ainsi qu’entre les régions d’un même pays, et il importe de déplorer ces disparités et de tout mettre en oeuvre pour les éliminer parce qu’elles empêchent notamment des citoyens d’avoir accès à des savoirs, à des informations, à des renseignements et à des moyens de communication qui contribueraient à ce qu’ils participent plus activement et plus significativement encore à la vie de leurs communautés locale, régionale et nationale de même qu’à la vie harmonieuse de la communauté internationale. Malgré ces disparités, on peut observer qu’un nombre croissant d’individus se retrouvent dans l’obligation de partager leur espace et d’interagir avec les technologies dans leur milieu de travail et que beaucoup de citoyens prennent la décision personnelle d’intégrer certaines technologies dans leur environnement quotidien, dans leur vie familiale et sociale.

En réalité, les technologies de l’information et de la communication font déjà partie intégrante de la vie régulière de beaucoup d’individus et l’observation de la montée de l’intégration de ces technologies dans diverses sphères de la société et dans les communications entre les personnes indique que cette intégration n’est pas sur le point de s’arrêter. Tous ces mouvements et, surtout, tous les milieux sociaux qui intègrent ces technologies, y compris la famille et les milieux de garde des enfants d’âge préscolaire, concourent à ce que le processus de socialisation des individus intègre la présence et les apports des technologies de l’information et de la communication.

Lorsqu’un phénomène fait partie de la socialisation des individus, il prend inévitablement un caractère incontournable pour plusieurs institutions sociales. Dans le cas des technologies de l’information et de la communication, ce trait caractéristique est encore plus accentué que dans celui d’autres phénomènes, parce qu’elles assument des tâches ou des fonctions importantes, qui soutiennent plusieurs êtres humains dans leurs démarches manuelles (robotisation, automatisation, régulation automatisée) ou intellectuelles (modélisation, simulation, représentation graphique, traduction de textes, traitement de textes, correction de textes), parce qu’elles augmentent non seulement les moyens mais également la vitesse de communication (courrier électronique, conférence électronique, discussion thématique électronique) et parce qu’elles contribuent à changer les rapports que les individus entretiennent entre eux (interaction scripturale, interaction à distance, interaction impersonnelle) et qu’ils entretiennent relativement aux informations et aux savoirs (consultations documentaires, consultations de base de données, recherches thématiques, vidéographie). Une société donnée peut réagir à de telles forces de socialisation en tentant de contrecarrer ou de limiter l’entrée du phénomène en question dans divers domaines d’activités ou de relations, comme elle peut, au contraire, offrir tout le soutien nécessaire afin que ce phénomène soit de plus en plus présent et qu’il soit de plus en plus indispensable. Tout porte à penser que, pour ce qui est des technologies de l’information et de la communication, les sociétés actuelles ont adopté cette dernière perspective.

(Extrait de "L’enseignement de l’histoire face aux défis des technologies de l’information et de la communication", 1999, publiée dans le cadre du projet "Apprendre et enseigner l'histoire de l'Europe du 20e siècle")