Retour Slovaquie : l'organe de lutte contre le racisme du Conseil de l'Europe constate des progrès, mais il reste des défis à relever en matière de discours de haine, d'égalité et d'intégration des Roms

Slovaquie : l'organe de lutte contre le racisme du Conseil de l'Europe constate des progrès, mais il reste des défis à relever en matière de discours de haine, d'égalité et d'intégration des Roms

Ces dernières années, la République slovaque a accompli des progrès et développé de bonnes pratiques dans la lutte contre la haine raciale et l'intolérance dans plusieurs domaines. Toutefois, certaines questions suscitent des préoccupations et nécessitent des mesures supplémentaires pour lutter contre les discours de haine et les crimes de haine, promouvoir l'égalité et l'accès aux droits et intégrer les communautés roms et LGBTI, selon la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI).

Dans son dernier rapport de suivi sur la Slovaquie, l'ECRI souligne des évolutions positives telles que l'adoption d'un nouveau cadre national de lutte contre la radicalisation et l'extrémisme, qui met un accent particulier sur la lutte contre le discours de haine en ligne et sur les enfants et la jeunesse. Elle se félicite également des efforts de sensibilisation visant à alerter les jeunes sur les dangers des discours de haine en ligne, du renforcement de la formation de la police contre les crimes de haine et des mesures de soutien aux enfants roms dans les écoles, notamment l'emploi de médiateurs roms et la création de partenariats entre les écoles et les organisations de la société civile.

L'accès aux soins de santé des Roms et des bénéficiaires d'une protection temporaire s'est considérablement amélioré, notamment grâce au travail des médiateurs roms et aux programmes visant à aider les femmes enceintes et les jeunes mères roms.

Toutefois, l'ECRI constate que des défis considérables subsistent. Les discours publics sont de plus en plus polarisés et les discours de haine, en particulier ceux qui visent les personnes LGBTI, les personnes migrantes et les Roms, ne sont que rarement remis en cause, notamment pendant les périodes électorales, que ce soit en ligne ou dans la vie réelle.

Des crimes de haine violents ont été recensés, parmi lesquels une attaque terroriste contre des personnes LGBTI en 2022. L'ECRI constate que les unités de la police chargées de détecter les crimes de haine et d’enquêter à ce sujet ne disposent pas de suffisamment de personnel ni d’outils numériques efficaces pour lutter de manière proactive contre la haine en ligne.

Les taux de fréquentation et de réussite scolaires des enfants roms restent nettement inférieurs à ceux des autres élèves et le problème de la ségrégation dans les écoles persiste.

Dans le domaine des soins de santé, l'ECRI souligne la nécessité de mettre en place des mécanismes solides pour garantir l'égalité d'accès à des soins de qualité, quelle que soit l'appartenance ethnique, et note que des personnes roms auraient été victimes d'agressions verbales ou de refus de soins. Le rapport s'inquiète également de l'absence d'interdiction légale des interventions médicales non consenties sur les caractéristiques sexuelles d'une personne.

Dans son rapport, l'ECRI souligne également l'incertitude juridique qui entoure la reconnaissance du genre.

L’ECRI adresse 15 recommandations aux autorités slovaques. Elle recommande aux autorités, à titre prioritaire, d’accroître de manière significative les capacités de toutes les structures spécialisées au sein de la police chargées de détecter les cas de discours de haine raciste et LGBTI-phobe, en particulier en ligne, et d’enquêter à ce sujet. Pour ce faire, les autorités devraient garantir des ressources humaines suffisantes, des outils numériques et d’autres outils techniques, et des formations pour les personnels de police travaillant dans ces structures.

Elles devraient également s’assurer en priorité que la reconnaissance juridique du genre est une procédure rapide, transparente et accessible et qu’elle n’est pas accordée moyennant des exigences excessives, telles que la stérilisation non volontaire, des procédures médicales et/ou des examens psychiatriques.

D'autres recommandations concernent, entre autres, la nécessité de veiller à ce que les discours de haine soient rapidement démentis par des personnalités publiques, d'inclure dans les programmes scolaires la promotion de discussions fondées sur des données probantes et respectueuses de l'égalité des personnes LGBTI et d'interdire toute intervention médicale sur les caractéristiques sexuelles d'une personne sans son consentement libre et éclairé. L'ECRI demande aussi de prendre des mesures visant à mettre fin à la ségrégation scolaire et à faciliter l’inclusion des enfants roms dans le domaine de l’éducation grâce à un soutien adapté aux élèves roms, à leurs familles et aux écoles.

L’ECRI et la République slovaque

Strasbourg 11 juin 2026
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