Dans un rapport rendu public aujourd’hui, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) du Conseil de l’Europe appelle les autorités norvégiennes à intensifier la lutte contre les discours de haine et les crimes de haine, tout en mettant l’accent sur l’égalité de traitement et l’inclusion dans l’éducation et les soins de santé. Sur les douze recommandations adressées à la Norvège, deux doivent être mises en œuvre à titre prioritaire dans un délai de dix-huit mois.
La première recommandation prioritaire porte sur la promotion d’une culture du vivre-ensemble parmi les élèves, abordant notamment des questions de société sensibles, comme l’antisémitisme, le racisme envers les personnes musulmanes, et l’intolérance à l’égard des personnes LGBTI. Dans le cadre de sa seconde recommandation prioritaire, l’ECRI appelle les autorités à élaborer et à adopter une stratégie nationale en faveur de l’égalité et de l’inclusion dans les soins de santé. Cette stratégie devrait viser à identifier et à éliminer les obstacles structurels qui entravent l’accès aux soins de santé des groupes relevant du mandat de l’ECRI.
Dans ce rapport, l’ECRI salue les progrès réalisés et les bonnes pratiques mises en place dans plusieurs domaines depuis son précédent rapport, publié en 2021. Les autorités norvégiennes se sont employées à combattre les discours de haine en ligne avec l’aide de l’Unité nationale d’expertise en matière de crimes de haine récemment créée et rattachée au district de police d’Oslo. La police nationale a publié un plan d’action qui comprend des mesures de lutte contre les crimes de haine, accompagnées d’analyses et de statistiques à ce sujet. Dans le domaine de l’éducation, la Norvège a mis en place des formations destinées aux personnes immigrées arrivées depuis peu, afin de favoriser le recrutement de personnes multilingues à des postes pédagogiques et d’assistants ou assistantes scolaires dans les maternelles, les écoles, ou dans le cadre d’activités périscolaires.
Toutefois, l'ECRI exprime certaines préoccupations. Les autorités devraient notamment accorder une priorité élevée à la lutte contre l’antitsiganisme et à l’élaboration d’un plan d’action national visant à prévenir et à combattre la haine à l’égard des Roms et des Romani/Taters.
La Commission contre le racisme recommande également que toutes les personnes transgenres qui souhaitent entreprendre une transition médicale, aient un accès sûr, abordable et en temps utile aux traitements dont elles ont besoin, conformément à sa Recommandation de politique générale n°17 sur la prévention et la lutte contre l’intolérance et la discrimination envers les personnes LGBTI.
Par ailleurs, l’ECRI met en avant la nécessité de se doter d’une législation qui protège le droit des personnes intersexes à l’intégrité physique et interdit les interventions chirurgicales pratiquées sans nécessité médicale, ainsi que les autres traitements non thérapeutiques, jusqu’à ce que l’enfant intersexe soit capable de participer à la décision.
Enfin, l’ECRI recommande aux autorités norvégiennes de prendre des mesures concrètes pour garantir un accès effectif à la justice aux personnes victimes de discrimination raciale ou autre. Elles devraient notamment mettre en place un système permettant à ces personnes de ne pas avoir à prendre en charge les frais de représentation juridique devant le Tribunal pour l’égalité et la non-discrimination, ni les frais de justice et administratifs liés aux procédures judiciaires.

