Echange de vues entre le Comité européen des Droits sociaux et M. Skouris,
Président de la Cour de Justice de l’Union Européenne
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A sa 242e session le Comité européen des Droits sociaux (CEDS) a eu un
échange de vues avec le Président de la Cour de Justice de l’Union Européenne,
M. Vassilios Skouris, en présence du Président de la Cour Européenne des Droits
de l’Homme, M. Jean-Paul Costa.
La discussion a porté en particulier sur les liens entre la Charte sociale
européenne et la Charte des Droits fondamentaux, le rôle de la Charte sociale
européenne dans l’ordre juridique de l’Union Européenne (Préambule du Traité sur
l’Union Européenne et article 151 du Traité sur le fonctionnement de l'Union
européenne, l’influence matérielle de la jurisprudence du CEDS sur
l’interprétation de la Charte de l’UE par la Cour de Justice et l’impact de la
législation de l’UE sur la mise en œuvre de la Charte sociale européenne par les
Etats Parties.
Les discussions ont plus particulièrement porté sur les liens entre la Charte
sociale européenne et la Charte des droits fondamentaux, la place de la Charte
sociale européenne dans le système juridique de l’Union européenne (Préambule du
Traité sur l’Union européenne et article 151 du Traité sur le fonctionnement de
l'Union européenne), l'influence matérielle de la jurisprudence du CEDS sur
l'interprétation de la Charte de l'UE par la Cour de Justice, et l’incidence du
droit communautaire sur la mise en œuvre de la Charte sociale européenne par les
Etats parties.
M. Skouris a souligné qu’il était rare que la Charte sociale européenne (CSE)
soit expressément mentionnée par la Cour de Justice (CEJ), mais qu’elle était
pour celle-ci une source d’inspiration. En fait, la CSE était souvent citée par
les avocats généraux et l’on s’est aperçu qu’il en avait été fait plus
fréquemment état depuis 2006. M. Skouris a fait remarquer la CEJ n’était guère
encline à citer la jurisprudence d’autres cours et tribunaux, y compris les
cours suprêmes nationales (à l'exception des arrêts de la Cour européenne des
droits de l'homme), mais cela ne signifie pas pour autant que la CEJ ne tienne
pas compte des travaux d'autres juridictions.
Il a aussi rappelé que la CSE était expressément mentionnée à l’article 151 du
Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
De l’avis général, il est dans l’intérêt de tous de continuer à échanger
informations et points de vues afin de mieux comprendre la jurisprudence des uns
et des autres et d'en assurer la cohérence. Actuellement, la plupart des
décisions du CEDS ne sont malheureusement guère connues et ne sont peut-être pas
aussi accessibles qu’elles devraient l’être. Le fait est pourtant que le CEDS
possède une jurisprudence inégalée, même si elle s’est constituée pour une bonne
part dans le contexte des rapports nationaux. La procédure de réclamations
collectives a contribué à clarifier certains aspects de la jurisprudence et à la
rendre plus accessible. Elle permet d’aborder les grandes questions sociales
dans une perspective axée sur les droits de l’homme, et c’est là ce qui fait
tout son intérêt pour la CEJ (et pour la CEDH).