Centre on Housing Rights and Evictions (COHRE) c. Italie, Réclamation n°
58/2009
La réclamation a été enregistrée le 29 mai 2009 et déclarée recevable par le
Comité européen des Droits sociaux le 8 décembre 2009. L’organisation
plaignante a demandé au Comité de conclure à la violation de certaines
dispositions de la Charte sociale européenne révisée par l’Italie, au motif
que :
- l’adoption de « Pactes de sécurité » (à partir de novembre 2006) et de
Décrets d’état d’urgence dits « nomades » (à partir de mai 2008) et des
ordonnances et lignes directrices pour leur mise en œuvre constituent des
démarches rétrogrades délibérées qui n’abordent pas les violations
constatées par le Comité dans le cadre de la réclamation n° 27/2004 et dans
ses conclusions suivantes portant sur le droit au logement des Roms et Sinti
en Italie ;
- la ségrégation en matière de logement, à la fois de facto et de jure, des
Roms et Sinti, ainsi que les obstacles rencontrés par les Roms et Sinti pour
acquérir ou maintenir un statut juridique ont aggravé leurs conditions de
vie alors que la Charte révisée exige une approche coordonnée pour lutter
contre la pauvreté et l’exclusion.
- en outre, la politique et la pratique de ségrégation des familles Roms et
Sinti dans des « ghettos » de par les procédures d’identification dont elles
font l’objet, conduisent à leur nier l’accès à un logement d’un niveau
suffisant et à la protection de la vie familiale;
la référence aux « nomades » en tant que menace à la sécurité nationale
ont nourrie une propagande raciste et xénophobe concernant l’émigration et
l’immigration des Roms et Sinti. Cela s’est traduit en un manque de
protection et d’assistance en leur faveur, en particulier en matière d’accès
au logement et en cas d’expulsions forcés de leurs logements ou du
territoire ;
Le gouvernement italien a demandé au Comité de trouver que la situation des
Roms et des Sintis en Italie ne constitue pas une violation de la Charte
révisée, compte tenu des ressources déployées, ainsi que les nombreuses
mesures concrètes prises par les autorités italiennes afin de garantir
l’application de l’Article E lu en combinaison avec les articles 16, 19, 30
et 31.
Une audition publique s’est déroulée le 21 juin 2010.
Une décision sur le bien-fondé a été adoptée le 25 juin 2010. Le Comité a
conlcu à l’unanimité à la violation par l’Italie de l’Article E (la clause
sur la non-discrimination) en combinaison avec les Articles 16 (Droit de la
famille à une protection sociale, juridique et économique), 19 §§1, 4 c. et
8 ((Droit des travailleurs migrants et de leurs familles à la protection et
à l’assistance), 30 (Droit à la protection contre la pauvreté et l’exclusion
sociale) et 31 (droit au logement) de la Charte révisée.
A sa 1096e réunion le 21 octobre 2010 le Comité des Ministres a adopté la Resolution
CM/Res/ChS(2010)8 à à l’égard de cette affaire prenant note de l’engagement des
autorités italiennes « à assurer l’application effective des droits
résultant de la Charte sociale européenne révisée à tous les individus, y
compris aux personnes appartenant aux communautés roms.
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