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Le Groupe d’Etats contre la Corruption (GRECO) publie son rapport d’évaluation du Troisième Cycle sur le Luxembourg
[Strasbourg, 25/08/08] – Le Groupe d’Etats
contre la Corruption (GRECO) du Conseil de l’Europe publie aujourd’hui
son rapport d’évaluation du Troisième Cycle sur le Luxembourg. Le
rapport, adopté le 13 juin 2008, est rendu public après autorisation des
autorités Luxembourgeoises. Le rapport se subdivise en deux thèmes, à
savoir l’incrimination de la corruption et la transparence du
financement des partis politiques.
En matière d’incrimination de la corruption (thème I), le Luxembourg
dispose d’un cadre juridique qui reflète dans une large mesure les
normes de la Convention pénale sur la corruption (STE 173) et de son
protocole additionnel (STE 191). Les insuffisances constatées concernent
souvent des oublis apparents du législateur ou un manque de cohérence
entre dispositions voisines. Cela concerne l’incrimination de la
corruption d’agents publics étrangers ou employés par une organisation
internationale et celle du trafic d’influence. Par ailleurs, les
dispositions concernant la corruption dans le secteur privé soulèvent
certaines interrogations. Dans les incriminations de base de la
corruption active et passive, il n’est pas toujours clair si les actes
unilatéraux de la corruption (« donner », « recevoir ») peuvent être
poursuivis sans avoir à démontrer l’existence d’un pacte de corruption
entre les parties, qui est toujours difficile à rapporter – quand il
existe. Le Luxembourg a restreint, dans certains cas, sa compétence à
l’égard des infractions de corruption. En pratique, le nombre de
condamnations pour corruption reste très faible, ce qui serait dû au
manque de moyens (juridiques et autres) des autorités judiciaires.
En ce qui concerne le financement des partis politiques (thème II), le
GRECO salue l’adoption de la loi du 21 décembre 2007 portant
réglementation du financement des partis politiques. Celle loi, en
vigueur depuis le 1er janvier 2008, introduit un financement public des
partis pour ce qui est de leurs activités régulières. Elle introduit en
parallèle des règles en matière de transparence, de contrôle et de
sanction en cas d’inobservation de la réglementation, comblant ainsi un
vide important au Luxembourg. Ce vide demeure en partie dans la mesure
où le financement des campagnes électorales et des candidats aux
élections n’a pas été suffisamment pris en compte. Le caractère novateur
de la loi ne permet pas encore d’en apprécier toute la portée en matière
de transparence, de contrôle (confié à la Cour des Comptes), et de
sanctions, mais quelques lacunes existent en tout cas sur le papier.
Le rapport, dans son ensemble, adresse 17 recommandations au Luxembourg.
La mise en œuvre de ces recommandations fera l’objet d’un nouvel examen
de la part du GRECO, début 2010, dans le cadre de sa procédure de
conformité spécifique.