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Le Groupe d'Etats contre la Corruption publie son rapport sur la Turquie
Communiqué de Presse
Strasbourg, 20 avril 2010 - Le
Groupe d’Etats contre la Corruption (GRECO) du Conseil de l’Europe
publie aujourd’hui son rapport d’évaluation du Troisième Cycle sur
la Turquie. Ce rapport traite de deux thèmes distincts :
l’incrimination de la corruption et la transparence du financement
des partis politiques.
En ce qui concerne l’incrimination de la corruption (thème
I), le cadre juridique prévu pour l’incrimination de la
corruption est d’une grande complexité et comporte plusieurs
lacunes par rapport aux obligations nées de la
Convention pénale sur la corruption.
Le rapport souligne la
nécessité d'une révision approfondie de la législation afin de désigner clairement les types
d’actes constitutifs de corruption. Certaines des lacunes les plus
importantes concernent la définition étroite des délits de
corruption qui exclut les actes commis sans accord entre les
parties ou sans manquement de l’agent public aux devoirs de sa
fonction. De plus, la corruption d’agents étrangers, d’agents
d’organisations internationales, de jurés et d’arbitres étrangers
(telle que définie par le
Protocole additionnel à la Convention pénale sur la corruption),
ainsi que la corruption dans le secteur privé et le trafic
d’influence ne sont pas complètement prises en compte par la
législation turque. Il existe également des risques d’abus
inhérents à la possibilité donnée à l’auteur d’un pot-de-vin de se
prévaloir de la défence spéciale de “repentir réel” s’il signale
l’existence d’un délit avant l’ouverture d’une enquête.
Concernant la transparence du financement des partis politiques (thème
II), la législation existante est, dans l’ensemble, de bonne facture et
par bien des aspects conforme aux principes énoncés dans la
Recommandation Rec(2003)4 du Comité des Ministres relative à des règles
communes contre la corruption dans le financement des partis politiques et
des campagnes électorales.
En revanche, les personnes engagées
individuellement dans des activités politiques comme les candidats de
partis, candidats indépendants à une élection et représentants élus ne sont
pas soumis à des dispositions légales comparables à celles qui s’appliquent
aux partis politiques. La lacune la plus évidente du système actuel est donc
l’absence de législation et de supervision spécifiques du financement des
campagnes pour les élections législatives, présidentielles et locales.
Pour
ce qui est du financement général des partis, le niveau de transparence
atteint en pratique n’est pas totalement satisfaisant. Les comptes des
partis tendent à être incomplets, ils ne sont pas certifiés par des
auditeurs indépendants et sont difficiles sinon impossibles à comparer entre
partis. La plupart des partis ne publient pas leurs comptes. En outre, la
supervision du financement des partis – actuellement réalisée par la Cour
constitutionnelle – mériterait d’être améliorée pour ce qui est de son
efficacité, de sa rapidité ainsi que de l’exhaustivité de la détection de
financement non déclaré, en particulier sous la forme de dons en nature.
Le présent rapport adresse au total 17 recommandations à la Turquie. La mise
en œuvre de ces recommandations fera l’objet d’un nouvel examen de la part
du GRECO, vers la mi-2011, dans le cadre de sa procédure de conformité
spécifique.