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Le GRECO, dans son rapport sur Chypre, souligne la
nécessité d’une législation anti-corruption uniforme et davantage de
transparence dans le financement des partis politiques
Strasbourg, 4 avril 2011 – Le
Groupe d’Etats contre la Corruption (GRECO) du Conseil de l´Europe publie
aujourd’hui son rapport d’évaluation du Troisième Cycle sur Chypre, dans
lequel il met l’accent sur une claire nécessité d’établir un cadre juridique
uniforme pour l’incrimination des infractions de corruption. Le GRECO
conclut également que le financement des partis politiques par le secteur
privé devrait être plus transparent.
Le rapport porte sur deux thèmes distincts : l’incrimination de la
corruption et la transparence du financement des partis politiques. En ce
qui concerne l’incrimination de la corruption [Thème
I], Chypre a ratifié la
Convention pénale sur la corruption (STE 173) et son
Protocole additionnel (STE 191) et a rendu les infractions définies dans
ces instruments directement applicables dans son droit interne. Toutefois,
même si cette législation est en vigueur depuis plusieurs années, elle n’a
jamais été appliquée par les autorités chargées des poursuites ou par les
tribunaux. Ces instances persistent en effet à appliquer l’ancienne
législation relative aux infractions de corruption, qui n’est pas conforme
aux exigences de la Convention pénale sur la corruption et de son Protocole
additionnel.
La coexistence d’anciennes et de nouvelles dispositions faisant
partiellement double emploi contribue à rendre le cadre juridique des
infractions de corruption quelque peu incohérent. Pour des raisons de
sécurité juridique, le GRECO considère qu’il convient assurément d’établir
un cadre juridique uniforme et de garantir qu’il soit appliqué en pratique.
Concernant le financement des partis [Thème
II], le GRECO félicite Chypre pour l’adoption de la Loi relative à
l’enregistrement et au financement des partis politiques et autres questions
semblables (Loi sur les partis politiques, adoptée le 10 février 2011).
Cette loi établit un cadre juridique applicable aux partis politiques et règle
leur statut juridique et les conditions d’enregistrement. Elle établit aussi des
règles concernant la transparence de leur gestion financière. Cette loi
confère par ailleurs à l’Auditeur général, une autorité indépendante selon
la Constitution de Chypre, le pouvoir de procéder au contrôle du financement
des partis politiques.
Le GRECO considère que la nouvelle législation ne réglemente pas
suffisamment tous les aspects essentiels pour assurer une transparence du
financement privé des partis politiques, tel que requis par la
Recommandation Rec(2003)4 sur les règles communes contre la corruption dans
le financement des partis politiques et des campagnes électorales. Ainsi,
elle n’impose pas aux partis politiques de déclarer et de rendre publique la
provenance des dons privés et des parrainages; les prescriptions en matière
de comptabilité revêtent un caractère relativement général et le champ
d’application du contrôle par l’Auditeur général devrait être précisé.
Le GRECO adresse 8 recommandations à Chypre. Il appréciera leur mise en
œuvre dans le cadre de sa procédure de vérification spécifique, au cours du
deuxième semestre 2012.
Lien vers le rapport:
Thème
I sur les incriminations
Thème
II sur la transparence du financement des partis politiques