Le Groupe d'Etats contre la Corruption publie son rapport sur la Croatie
Communiqué de presse
Strasbourg, 9 décembre 2009 - Le
Groupe d’Etats contre la Corruption (GRECO) du Conseil de l’Europe
publie aujourd’hui son rapport d’évaluation du Troisième Cycle sur
la Croatie. Ce rapport traite de deux thèmes distincts :
l’incrimination de la corruption et la transparence du financement
des partis politiques.
En ce qui concerne l’incrimination de la corruption (thème
I), le GRECO reconnaît que –suite à des réformes législatives du Code
pénal en 2000, 2004 et 2006 - le droit pénal croate est conforme, dans une
large mesure, aux dispositions pertinentes de la Convention pénale sur la
corruption (STE 173). Cependant, certaines insuffisances et incohérences
demeurent dans la législation actuelle, notamment le manque de référence
claire aux pots-de-vin destinés à des tiers (autres que l’agent public) ; la
gamme plus restreinte des auteurs possibles d’actes de corruption dans le
secteur privé ; le niveau peu élevé des sanctions prévues pour les
infractions de corruption active dans les secteurs public et privé ; enfin
le risque d’utilisation abusive du moyen de défense basé sur le « regret
effectif », une possibilité de défense offerte à un auteur de faits de
corruption qui les dénonce après leur commission.
Concernant la transparence du financement des partis politiques (thème
II), le rapport se félicite de la récente adoption de la loi sur le
financement des partis politiques et des listes et candidats indépendants,
entrée en vigueur en janvier 2007, qui est à bien des égards conforme aux
normes instaurées par la Recommandation Rec(2003)4 du Comité des Ministres
du Conseil de l’Europe sur les règles communes contre la corruption dans le
financement des partis politiques et des campagnes électorales. Cependant,
il apparaît que le système de financement politique souffre d’un manque de
contrôle substantiel et proactif, allant au delà du simple contrôle formel
des renseignements fournis. De surcroît, le GRECO demande aux autorités
croates d’harmoniser les dispositions sur le financement des campagnes
électorales contenues dans les différentes lois électorales et d’aligner ces
dispositions sur les normes de la loi susmentionnée en matière de
transparence, contrôle et sanctions. En outre, la législation actuelle devra
être révisée dans certains domaines afin d’accroître le niveau des
obligations de déclaration et d’étendre le contrôle du financement politique
aux candidats membres d’un parti et aux entités liées à un parti politique
ou placées sous son autorité.
Etant donné la révision en cours du Code pénal et la création récente
d’un groupe de travail interministériel qui a pour mandat d’analyser la
législation existante en matière de financement politique et de proposer des
amendements, le présent rapport et ses recommandations doivent être
envisagés comme une contribution opportune au processus de réforme. Le
présent rapport adresse au total 11 recommandations à la Croatie. La mise en
œuvre de ces recommandations fera l’objet d’un nouvel examen de la part du
GRECO, vers la mi-2011, dans le cadre de sa procédure de conformité
spécifique.
Lien vers le rapport:
Thème I
et Thème II