Document consolidé1
– Nouvelles méthodes de travail
Système de surveillance de l’exécution à deux axes
Remarques préliminaires
Dans le cadre du suivi de la Conférence et
Déclaration d’Interlaken, les Délégués ont
mis en place de nouvelles méthodes de travail pour répondre à la nécessité de
renforcer le principe de subsidiarité et pour accroître l’efficacité et la
transparence de la surveillance de l’exécution des arrêts de la Cour.
Lors de leur
1092e réunion (14-15 septembre 2010) (DH),
les Délégués ont « endoss[é] le principe du système de surveillance opérant
selon deux axes2
, tel qu’il figure dans le document
CM/Inf/DH(2010)37,
en vue de sa mise en œuvre à compter du 1er janvier 2011 ».
Par la suite, lors de leur
1100e réunion
(décembre 2010) (DH), les Délégués sont convenus d’un certain nombre de
modalités pratiques de mise en œuvre de ce nouveau système de surveillance.
1. Principes directeurs des nouvelles méthodes de
travail
1.1 En vertu du principe de subsidiarité, l’exécution
relève de la responsabilité des Etats3.
La surveillance de l’exécution relève de la responsabilité collective des Etats
membres, dans le cadre du Comité des Ministres.
1.2 La surveillance de l’exécution des arrêts est
exercée de manière continue, dégagée des réunions Droits de l’Homme4.
A ce titre, toutes les affaires dont l’exécution est pendante sont réputées
inscrites à l’ordre du jour de chaque réunion Droits de l’Homme5.
Les affaires à examiner lors d’une réunion Droits de l’Homme sont inscrites à
l’ordre des travaux6.
1.3 Les affaires sont réparties en deux procédures
parallèles et non cloisonnées : une procédure standard (et simplifiée) qui est
la norme, et une procédure soutenue pour les affaires répondant à un certain
nombre de critères (voir ci-dessous). Seules les affaires en procédure soutenue,
ou celles dont le transfert en procédure soutenue est proposé, peuvent faire
l’objet d’un examen au fond dans le cadre des réunions Droits de l’Homme, avec
ou sans débat, une fois inscrites à l’ordre des travaux d’une réunion donnée.
2. Critères de classification des affaires
2.1 Conformément au principe de subsidiarité, la norme
en matière de surveillance de l’exécution des arrêts est la procédure standard7.
Dès lors, toutes les affaires sont classées en procédure standard sauf si, en
raison de sa nature spécifique, une affaire justifie qu’elle soit examinée dans
le cadre de la procédure soutenue.
2.2 Lors de leur
1100e réunion,
les Délégués ont décidé que les indicateurs pour placer les affaires sous la
procédure de surveillance soutenue seront les suivants :
2.3 Le Comité des Ministres peut décider
d’examiner toute affaire dans le cadre de la procédure soutenue à l’initiative
d’un État membre ou du Secrétariat. Cette demande pourra être soumise à tout
stade du processus de surveillance. Les Etats membres et le Secrétariat
devraient garder à l’esprit les indicateurs sélectionnés lorsqu’ils demandent
qu’une affaire soit examinée sous la procédure soutenue.8
2.4 Dans la pratique, lors de chaque réunion Droits de
l’Homme, le Secrétariat établit la liste des nouveaux arrêts et des décisions
entérinant des règlements amiables, et prépare un projet de décision en vue de
leur inscription en procédure standard ou en procédure soutenue. Pour chaque
affaire proposée en procédure soutenue, le Secrétariat se fonde sur les critères
applicables ou sur l’affiliation à un précédent déjà classé en procédure
soutenue.
3. Obligation des Etats : plans et bilans d’action
3.1 Les États membres doivent présenter un plan d’action
ou bilan d’action9
dès que possible et en tout état de cause au plus tard dans un délai de six mois
à compter de la date à laquelle l’arrêt est devenu définitif10.
i. Un plan d’action11
est un document présentant les mesures que l’État défendeur entend prendre pour
exécuter un arrêt de la Cour européenne, y compris un calendrier indicatif. Le
plan présentera, si possible, toutes les mesures requises en exécution de
l’arrêt. Lorsqu’il n’est pas possible de définir toutes les mesures
immédiatement, le plan indiquera les actions à entreprendre pour déterminer les
mesures requises, y compris un calendrier indicatif pour ces mesures.
Il va de soi que les plans d’action pourront contenir
des informations sur les mesures déjà prises.
Les plans d’action sont des documents évolutifs qui
doivent être mis à jour régulièrement avec des informations sur les
développements intervenus en ce qui concerne leur mise en œuvre. Ils doivent
être modifiés si les plans initiaux se révèlent non réalisables ou inappropriés
au vu de nouveaux développements.
ii. Un bilan d’action12
est un rapport de l’État défendeur présentant les mesures adoptées pour exécuter
un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme, et/ou les raisons pour
lesquelles aucune mesure additionnelle n’est requise.
3.2. Les plans et bilans d’action sont mis en ligne sur
le Site du Service de l’Exécution des arrêts, ainsi que sur le site du Comité
des Ministres en tant que documents DH-DD. Ils sont en règle générale diffusés
en tant que documents publics sauf si une demande raisonnée de confidentialité a
été formulée au moment de la soumission des informations13.
3.3 Lors de chaque réunion Droits de l’Homme, une liste
des plans et bilan d’action reçus est diffusée et annexée aux documents de
travail. Elle est accompagnée d’un projet de décisions qui prend note des plans
d’action et invite les autorités des États membres concernés à tenir le Comité
des Ministres régulièrement informé des développements dans leur mise en œuvre.
3.4 En l’absence de plan ou bilan d’action dans le délai
imparti, le Secrétariat envoie un rappel à l’Etat concerné. L’absence de
plan/bilan d’action ou d’explications à l’issue de ce rappel, est un motif de
transfert de procédure standard en procédure soutenue14.
4. Modalités pratiques de la surveillance standard
4.1. Le rôle du Comité des Ministres dans le cadre de la
procédure standard se limitera à vérifier si les plans d’action ou bilans
d’action ont été présentés par les États membres. Cette vérification s’opère par
le biais de décisions adoptées régulièrement à cet effet15.
Cette implication formelle du Comité sera nécessaire non seulement pour le bon
fonctionnement du processus d’exécution, mais contribuera également à sa
transparence et visibilité16.
Le Comité n’intervient plus qu’en fin de processus pour constater la clôture de
l’affaire, après évaluation du Secrétariat des bilans d’action reçus.
4.2 Le Secrétariat évalue les plans et bilans d’action
transmis par les Etats défendeurs. Il contacte éventuellement les autorités
nationales si des informations complémentaires et des éclaircissements sont
nécessaires17.
4.3 En cas d’accord entre un Etat défendeur et le
Secrétariat sur un bilan d’action, l’affaire est présentée au Comité des
Ministres avec une proposition de clôture18
(en général avec la préparation d’un projet de résolution mettant un terme à
l’examen de l’affaire).
5 Modalités pratiques de la surveillance soutenue
5.1. Le Comité des Ministres suit le processus
d’exécution des arrêts au moyen de décisions adoptées lors des réunions Droits
de l’Homme19.
Ce suivi de l’exécution s’effectue de deux manières en pratique : décisions
adoptées sans débat ou à l’issue d’un débat. La tenue d’un débat ou non est
proposée dans le projet d’ordre des travaux20,
sous la responsabilité de la Présidence, et doit être approuvée par le Comité21.
5.2 Le Secrétariat accomplit parallèlement tous
les efforts requis pour répondre aux demandes des Etats en vue d’une coopération
ciblée afin de faciliter le processus d’exécution22.
6. Transfert d’une modalité de surveillance à l’autre
6.1 Une affaire peut être transférée d’une procédure à
une autre en application d’une décision dûment motivée du Comité des Ministres23.
6.2 A titre d’exemples, les situations suivantes peuvent
être envisagées24:
i. Transfert de soutenu à standard :
ii. Transfert de standard à soutenu :
- aucun bilan d’action n’a été présenté, ni
explication, dans le délai imparti ;
- en cas de désaccord entre l’Etat défendeur et le
Secrétariat sur le contenu d’un plan/bilan d’action de manière à ce que le
Comité des Ministres puisse guider le processus d’exécution ;
- en cas de retard important dans la mise en œuvre
des mesures annoncées dans le plan d’action ;
- l’absence d’information persistante sur le
versement de la satisfaction équitable.
7. Surveillance simplifiée du paiement de la
satisfaction équitable25
7.1 Les principes de fonctionnement : le principe est
l’enregistrement du paiement par les États des sommes octroyées par la Cour au
titre de la satisfaction équitable, par le Service de l’Exécution des arrêts de
la Cour, un contrôle n’étant effectué qu’en cas de contestation par le requérant
du paiement ou du montant des sommes versées.
7.2 Modalités de la surveillance :
- un formulaire simple et standardisé26
est mis à la disposition des Etats sur le site collaboratif du Service de
l’exécution des arrêts ;
- Si dans un délai de deux mois à compter de
l’enregistrement des informations de paiement, la partie requérante ne se
manifeste pas, le paiement est réputé être accepté dans les conditions où il a
été effectué.
- les informations de paiement fournies sont mises en
ligne sur le site du Service de l’exécution des arrêts.
7.3 La liste des affaires payées est annexée aux
documents de travail de chaque réunion Droits de l’Homme aux fins
d’informations, tandis qu’une liste des affaires non payées (ou pour lesquelles
aucune information sur le paiement n’est disponible) est accompagnée d’un projet
de décision constatant l’absence de paiement de la satisfaction et invitant les
Etats concernés à procéder au paiement dû.
7.4 En cas de contestation de la partie requérante, le
problème sera approfondi par le Service de l’exécution et le cas échéant porté à
l’attention du Comité des Ministres.
8. Clôture des affaires
Le Secrétariat prépare des projets de résolutions et les
soumet pour adoption par le Comité des Ministres à chaque réunion Droits de
l’Homme. Les résolutions comprennent un lien vers les bilans d’actions adoptés.
Elles sont adoptées en principe sans débat.
9. Documentation simplifiée des réunions DH
9.1 Toutes les affaires pendantes étant réputées
inscrites à l’ordre du jour de chaque réunion, aucun ordre du jour n’est préparé
pour les réunions DH. L’état des
affaires pendantes
figure dans la base de
données sur le site du
service de l’exécution des arrêts.
9.2 Les affaires proposées pour examen à une réunion DH
donnée figurent dans l’ordre des travaux de la réunion.
i. Préparation et contenu du projet d’ordre des
travaux
Il comprend une partie consacrée aux affaires proposées
pour examen dans le cadre de la procédure soutenue, avec ou sans débat. Chaque
affaire est accompagnée de la liste des documents de référence, d’un bref
descriptif de l’affaire, de l’état d’exécution, éventuellement de notes plus
détaillées.
Pour les affaires proposées sans débat, un projet de
décision est en principe prévu.
Pour celles proposées avec débat, le Secrétariat est
chargé de préparer à titre de règle générale des projets de décisions
préliminaires sur toutes les affaires au titre de l’article 34 de la
Convention
inscrites à l’ordre des travaux, à diffuser avec le projet d’ordre des travaux
révisé, à moins que le ou les Etats sous examen ne s’y opposent. En cas
d’objection, le Secrétariat préparera des éléments de réflexion pour orienter le
débat.27.
Le projet d’ordre des travaux comprend en outre une
série de projets de décisions sur la gestion des affaires, telles que la
classification des nouveaux arrêts et nouvelles décisions de la Cour, la
surveillance du paiement de la satisfaction équitable, la transmission des plans
d’action et l’adoption des résolutions mettant un terme à l’examen de certaines
affaires28.
Tous ces projets de décisions sont adoptés en principe sans débat.
Deux documents sont annexés à l’ordre des travaux :
Annexe 1 Liste de toutes les affaires pour lesquelles
un plan d’action plan / bilan d’action a été reçu depuis la dernière
réunion
Annexe 2 Liste des affaires
payées
Un premier projet d’ordre des travaux est diffusé un
mois avant la réunion, sous la responsabilité de la Présidence29.
Les délégations disposent d’un délai expirant 10 jours calendaires avant la
tenue de la réunion pour faire parvenir leurs commentaires ou propositions
d’amendements au projet d’ordre des travaux30.
A l’expiration de ce délai, un projet d’ordre des travaux révisé est diffusé,
sur la base des commentaires reçus.
Le Comité des Ministres approuve l’ordre des travaux au
début de la réunion. Afin d’accroitre la transparence, à chaque réunion Droits
de l’Homme une première liste indicative d’affaires à inclure dans le projet
d’ordre des travaux pour la réunion suivante est préparée31.
ii. Ordre des travaux annoté et décisions :
L’ordre des travaux est considéré comme un document interne, non assujetti aux
règles de déclassification. En revanche, son contenu ainsi que les décisions
adoptées à l’issue des réunions sont compilés dans un document public intitulé
Ordre des travaux annoté et décisions adoptées.
10. Règles de surveillance de l’exécution des arrêts
Les
règles du Comité des Ministres pour la surveillance de l’exécution des arrêts et
des termes des règlements amiables n’ont pas
été modifiées pour prendre en compte les nouvelles méthodes de travail. Elles
ont été estimées suffisamment souples pour pouvoir s’adapter aux nouvelles
méthodes de travail.
Note
1
Ce document prend en compte les documents suivants : CM/Inf(2010)28 et
CM/Inf(2010)28 rev,
CM/Inf/DH(2010)37,
CM/Inf/DH(2010)45 final,
CM/Inf/DH(2011)29, ainsi que les décisions adoptées à ce titre par le Comité des
Ministres.
Note
5 Point 4 de la décision adoptée à la
1100e réunion.
Note
6 Voir §9 ci-dessous.
Note
9 Ce mécanisme a été mis en place dès 2009, voir document
CM/Inf/DH(2009)29rev : Plans
d'Action - Bilan d'Action - Définitions et objectifs ; document
CM/Inf/DH(2010)37, Annexe I.
Note
13 Point 5 de la décision précitée, adoptée sur les nouvelles
méthodes de travail lors de la
1100e réunion.
Note
15 Voir ci-dessus : contrôles et sanctions prévus concernant les
plans et bilans d’action.
Note
20 Voir pour plus de détails la partie consacrée aux ordres des
travaux.
Note
21 Voir §9 ci-dessous
Note
22 Voir document
CM/Inf/DH(2010)45 final, §17 pour les détails de
cette coopération.
Note
24 Document
CM/Inf/DH(2010)37, §§ 25-30 et Annexe II, §§14-15.
Note
26 Document
CM/Inf/DH(2010)37, Annexe II, §5 contient un tel
formulaire.
Note
27 Décision adoptée à la
1150e réunion (septembre 2012) (DH) Point a,
i.
Note
31 Décision point b. adoptée lors de la
1128e réunion, décembre 2011.