La violence à l’égard des femmes est une forme de violence fondée sur le genre, reconnue comme une forme de discrimination et une violation des droits fondamentaux de la femme.
Selon la Convention d’Istanbul, la violence à l’égard des femmes est toute violence faite à l’égard d’une femme parce qu’elle est une femme ou affectant les femmes de manière disproportionnée, et qui entraîne des dommages ou des souffrances de nature physique, sexuelle, psychologique ou économique, y compris la menace de se livrer à de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou privée. En 2014, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies et le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes des Nations Unies ont adopté conjointement une recommandation sur les pratiques préjudiciables aux filles3. La Convention d’Istanbul combat également toutes ces pratiques néfastes en tant que violences à l’égard des femmes.
Mutilations génitales féminines : Les mutilations génitales féminines sont une violence faite aux femmes et aux filles, et constituent une violation flagrante des droits humains. Elles portent gravement atteinte au droit à l’intégrité physique et mentale, à l’interdiction des actes cruels, inhumains ou dégradants et au droit à la santé4.
Mariage d’enfants et/ou mariage forcé : De nombreux pays d’Europe autorisent les enfants à se marier, généralement à partir de 16 ou 17 ans, avec l’autorisation de leurs parents ou des autorités judiciaires. La majorité des mariages d’enfants concernent des filles. Le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies souligne que le mariage avant 18 ans ne peut être autorisé que dans des circonstances exceptionnelles, et que les mariages précoces sont une forme de mariage forcé, car l’un des conjoints ou tous les deux n’ont pas exprimé leur consentement total et libre en connaissance de cause. Pour les filles, se marier signifie souvent abandonner l’école et passer trop rapidement de l’enfance à la vie adulte. Elles se retrouvent alors souvent soumises à d’autres formes de violence, notamment sexuelle et physique, ainsi qu’à des grossesses précoces ou non désirées.
Crimes commis au nom de « l’honneur » : Toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles au nom d’un code d’honneur traditionnel sont considérées comme des crimes dits d’honneur et constituent une grave violation des droits de la personne humaine. Ces violences prennent diverses formes, telles que les « meurtres d’honneur », les agressions, les tortures, les restrictions à la liberté de se regrouper, la séquestration ou l’emprisonnement, et l’ingérence dans le choix d’un conjoint ou partenaire.
À l’exception des paragraphes sur les mutilations génitales féminines, l’avortement et les stérilisations forcés, la Convention d’Istanbul (Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique) est rédigée dans une langue neutre et ses dispositions s’appliquent indifféremment aux deux sexes ; elles peuvent donc toutes être mises en œuvre afin de soutenir et de protéger les garçons victimes de l’une quelconque des formes de violence couvertes par le champ de la convention. S’agissant de la violence domestique, la convention encourage les États parties à appliquer ses dispositions aux enfants, ses rédacteurs reconnaissant que de nombreux enfants, filles et garçons, sont exposés à la violence domestique et ont donc besoin de soutien. Autrement dit, lorsque les enfants ne sont pas directement ciblés, ils sont témoins des violences contre leur mère. D’une façon ou d’une autre, ils souffrent et ont besoin de protection dans les deux cas.
Toutes les organisations internationales, y compris le Conseil de l’Europe, soulignent l’importance de la prévention, y compris les campagnes de sensibilisation et l’éducation ciblant les filles et les garçons.
Éduquer à l’égalité de genre
Les filles et les garçons d’aujourd’hui sont les femmes et les hommes de demain, tout simplement. Les attitudes, les convictions et les types de conduites se façonnent dès le plus jeune âge. Afin d’éradiquer la violence fondée sur le genre, il faut remettre en question les mentalités, attitudes et relations entre les femmes et les hommes. L’éducation à l’égalité de genre commence par une sensibilisation aux questions de genre. Cela signifie qu’il faut reconnaître les effets négatifs des stéréotypes liés au genre et s’attaquer aux inégalités qui en découlent. Chez les filles, cette éducation se traduit par
une plus solide confiance en soi, une plus forte affirmation de soi, une plus grande indépendance et un engagement accru dans la sphère publique. Les garçons parviennent grâce à cette éducation à surmonter la peur de l’échec, à être moins agressifs, plus sociables et responsables, et à s’engager davantage dans la sphère privée.
Pour éduquer efficacement à l’égalité de genre, les éducateurs doivent reconnaître leurs propres stéréotypes en la matière et se demander si leurs méthodes d’enseignement, leur langage et leur interaction avec les garçons et les filles reflètent l’égalité qu’ils s’efforcent de leur transmettre. Les éducateurs en général peuvent promouvoir l’égalité de genre par leur comportement et leur attitude en veillant à ce que les filles et les garçons aient les mêmes possibilités de participation et d’interaction dans toute activité.
La Convention d’Istanbul demande aux États parties de promouvoir auprès des enfants le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes, les rôles de genre non stéréotypés et la résolution non violente des conflits dans les relations interpersonnelles. La construction des relations entre les femmes et les hommes sur le respect mutuel et sur la reconnaissance, plutôt que sur la domination et le contrôle, est en effet le meilleur moyen de prévenir la violence fondée sur le genre.