Il s'agit de la première étude comparative sur la formation des enseignants de disciplines scolaires à l’échelle européenne. La formation des enseignants en général, et celle des professeurs d’histoire en particulier, a rarement été abordée au niveau international ou européen. Elle reste encore largement un sujet d’intérêt national, et il existe peu de comparaisons avec les structures de formation des pays voisins, par exemple. Même au sein d’un même pays, une institution de formation des enseignants peut ignorer presque tout des objectifs et des méthodes de formation appliqués par une autre institution située dans une ville voisine. Nous avons constaté un manque général d’information et de communication sur les structures de formation, tant dans les pays individuellement qu’au niveau européen. Ces structures de formation sont relativement hétérogènes, d’où l’idée de commencer par mettre en lumière les structures communes à la formation initiale des professeurs d’histoire dans treize États membres du Conseil de l’Europe, avant de décrire les différences entre les principaux concepts dans ce domaine.
Ces treize pays – Albanie, Autriche, Bulgarie, République tchèque, Estonie, France, Hongrie, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Fédération de Russie, Espagne et Royaume-Uni – ont été sélectionnés, d’une part, pour des raisons géopolitiques, et d’autre part, parce qu’ils permettaient de traiter des différences caractéristiques dans les concepts de formation. Lors de la rédaction des premiers questionnaires sur la formation initiale des enseignants d’histoire en 1998, nous n’étions pas très sûrs des questions pertinentes à poser. Au cours des premiers mois de l’enquête, nous savions à peine ce qui se passait dans notre propre institution de formation, et encore moins dans celles avec lesquelles nous avions des contacts de longue date. Au cours des deux dernières années, nous avons non seulement appris à poser des questions plus pertinentes, mais aussi acquis une connaissance approfondie des structures sous-jacentes aux premières réponses obtenues. Les discussions avec des collègues d’autres pays, lors des séminaires de Vienne (avril 1998)² et de Prague (juin 1999)³, nous ont aidés à mettre en perspective nos propres opinions et idées sur le sujet – et plusieurs collègues nous ont indiqué avoir eu des expériences similaires.