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Nous devons défendre la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes

Journée des droits des femmes
Strasbourg 07/03/2019
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Nous devons défendre la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes

À l’approche de l’édition 2019 de la journée internationale des droits des femmes, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, a fait la déclaration suivante :

« Les droits des femmes sont des droits humains et l’égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale de nos sociétés, consacrée par les traités de droits humains. Pourtant, le chemin vers la pleine réalisation des droits des femmes est encore long. Nous devons défendre l’égalité de genre et éviter toute stagnation dans la mise en œuvre de ce principe.

Les progrès déjà enregistrés dans le domaine de la santé et des droits sexuels et reproductifs ont été étroitement liés aux droits des femmes. Ces progrès permettent aux femmes de prendre des décisions autonomes et éclairées concernant leur corps, leur santé et leur sexualité, et de décider d’avoir ou non des enfants. Les États sont tenus de veiller à ce que les femmes aient accès à des services de santé reproductive qui soient abordables, sûrs et de bonne qualité.

Pourtant, bien des femmes en Europe continuent de faire face à des dénis et à des violations de leurs droits sexuels et reproductifs. Quelques Etats conservent un cadre juridique très restrictif, qui empêche ou limite l’accès des femmes à un avortement légal et sécurisé, ou qui confère le caractère d’infraction pénale au fait d’aider une femme à avorter. Ces dernières années, des pays ont aussi adopté des lois et des politiques qui entraînent une régression en instaurant de nouvelles conditions d’accès aux services d’avortement telles que des délais d’attente et des conseils biaisés.  Dans quelques pays, il y a eu des tentatives, infructueuses jusqu’ici, d’introduire une interdiction quasi-totale des avortements.

Le refus de certains professionnels de santé de pratiquer des avortements pour des motifs de conscience entrave considérablement l’accès des femmes à l’avortement dans les pays européens dont les autorités n’ont pas suffisamment régulé ce secteur ou n’ont pas suffisamment fait appliquer les règles en vigueur pour garantir la disponibilité de ces services. Par ailleurs, trop de femmes font l’expérience de violences et d’abus dans le cadre des soins de santé maternelle, ce qui porte atteinte à leur dignité humaine. Des organisations de femmes qui défendent les droits sexuels et reproductifs, ainsi que des professionnels de santé qui travaillent dans ce domaine, ont fait l’objet de violences, de menaces et de propos haineux. À cela s’ajoutent des problèmes d’accès à une contraception abordable et des lacunes dans la mise en œuvre de programmes d’éducation sexuelle complète.

Les femmes ont le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible sans discrimination, en vertu du droit international et européen relatif aux droits humains. Plusieurs pays sont en train de réformer leur législation concernant la santé sexuelle et reproductive pour remplir leurs obligations en matière de droits humains. J’exhorte tous les gouvernements à faire respecter le droit, pour les femmes, de faire librement les choix touchant à leur santé sexuelle et reproductive, et de garantir aux femmes l’accès effectif à des structures, des biens, des services et des informations dans le domaine de la santé. Au lieu de stagner, nous devons progresser vers la réalisation des droits sexuels et reproductifs des femmes. »