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L’annonce, par la Turquie, de son retrait de la Convention d’Istanbul met en danger les droits des femmes

Déclaration
Strasbourg 22/03/2021
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L’annonce, par la Turquie, de son retrait de la Convention d’Istanbul met en danger les droits des femmes

« Il est regrettable que, par un décret publié le 20 mars, le Président turc ait annoncé que son pays se retirait de la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. En effet, cette décision fragilise les droits des femmes et constitue une mauvaise nouvelle pour toutes les femmes, qu’elles vivent en Turquie ou ailleurs », a déclaré la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović. « Alors que les féminicides et d’autres formes de violence à l’égard des femmes sont en augmentation dans le pays, le moment est bien mal choisi par la Turquie pour faire machine arrière et pour se priver d’un moyen de lutter contre ce fléau. »

C’est pourtant dès 2012 que la Turquie a ratifié la « Convention d’Istanbul », ainsi nommée car elle a été ouverte à la signature dans cette ville. Ce traité, déjà ratifié par 34 États membres du Conseil de l'Europe, est un instrument juridique unique destiné à combattre la violence à l’égard des femmes. Il vise, outre la violence domestique, des formes de violence à l’égard des femmes comme les atteintes à l’intégrité psychologique et physique, le harcèlement, y compris sexuel, le viol, les crimes commis au nom du prétendu « honneur » ou encore le mariage forcé. La Convention d'Istanbul exige des États qu'ils mettent en œuvre un ensemble complet de mesures pratiques pour prévenir la violence à l'égard des femmes, protéger les victimes et poursuivre les auteurs de ces actes. Elle établit aussi un mécanisme de suivi spécifique, le GREVIO, afin d’assurer une application effective de ses dispositions par les États parties. En outre, la convention envoie un signal fort à la société en soulignant que la violence domestique ne peut jamais être considérée comme une question d’ordre privé ou familial mais que c’est une violation des droits humains qui concerne la société dans son ensemble.

La décision de ratifier la convention a été adoptée à l’unanimité par le Parlement turc et le texte est soutenu par tous les défenseurs des droits des femmes de Turquie, qui ont manifesté partout dans le pays pour demander sa pleine mise en œuvre. J’encourage vivement les autorités turques à écouter leurs voix et à revenir sur la décision de sortir de la convention. Les autorités montreraient ainsi que la Turquie reste déterminée à protéger les femmes contre la violence.

Je soutiens sans réserve toutes les femmes de Turquie et d’ailleurs. Elles peuvent compter sur moi pour défendre leurs droits et pour promouvoir la ratification et la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul. Je continuerai à discuter de cette question avec les États membres, de manière à vaincre les résistances et les critiques infondées contre ce document majeur, et à garantir à toutes les femmes européennes le droit de vivre à l’abri de la violence. »