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Les autorités russes doivent mettre fin à la répression sans précédent des libertés d'expression, de réunion et d'association dans le pays

Déclaration
Chisinau 07/03/2022
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Yelena Osipova, une artiste et militante âgée, est escortée jusqu'au fourgon de police lors d'une manifestation anti-guerre, à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 2 mars 2022. Crédit : REUTERS/Stringer

Yelena Osipova, une artiste et militante âgée, est escortée jusqu'au fourgon de police lors d'une manifestation anti-guerre, à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 2 mars 2022. Crédit : REUTERS/Stringer

L'attaque militaire de la Russie contre l'Ukraine dure depuis près de 12 jours maintenant, causant morts et destructions. Elle entraîne également une répression à grande échelle des libertés en Fédération de Russie.

Depuis le début de la guerre, plus de 13 000 personnes, dont des enfants et des personnes âgées, ont été arrêtées dans des dizaines de villes russes pour avoir exercé leur droit légitime de protester pacifiquement contre la guerre. Plus de 5 000 personnes, - dont des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme, comme Oleg Orlov et Svetlana Gannushkina, ont été arrêtées hier. Beaucoup ont fait état de violences policières, de collecte forcée de données personnelles, d'intimidations et de représailles, notamment de menaces de poursuites pénales et de licenciement sur leur lieu de travail ou d'étude pour avoir exprimé leur opposition à la guerre.

Des dizaines de médias indépendants et étrangers ont été soumis à la censure en étant soit interdits, soit bloqués, soit contraints de supprimer toute information ne provenant pas de sources officielles. Alors que certains médias ont décidé de ne plus faire de reportages sur l'attaque militaire de la Russie contre l'Ukraine, d'autres, dont la chaîne de télévision indépendante "Dozhd" et la plus ancienne station de radio indépendante russe "Echo de Moscou", ont décidé d'arrêter complètement d'émettre.

Le parlement russe s'est empressé d'adopter plusieurs dispositions draconiennes criminalisant la diffusion de "fausses informations" sur les actes de l'armée russe, sa "discréditation" et les appels à des manifestations publiques, avec des sanctions pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison et de lourdes amendes - ne laissant aucun espace pour la liberté d'expression et d'opinion sur la guerre.

Immédiatement après l'adoption, le 4 mars, de ces dispositions législatives, les autorités chargées de l'application de la loi ont commencé à les mettre en œuvre, avec vigueur, contre des personnes ordinaires, des militants, des journalistes, des défenseurs des droits de l'homme et des groupes de la société civile dans tout le pays, sanctionnant toute forme de désaccord avec le discours officiel. Certaines ONG de défense des droits de l'homme, comme Memorial, le Comité d'assistance civile, le journal "Pskovskaya Gubernia" et un certain nombre de défenseurs des droits de l'homme - qui se sont élevés contre la guerre - ont fait l'objet de raids et de perquisitions injustifiés, sans respect des garanties juridiques de base. Cette situation a un énorme effet dissuasif sur la situation des droits humains dans le pays, incitant des centaines de journalistes, de défenseurs des droits de l'homme et de militants de la société civile à chercher refuge à l'étranger.

Les autorités russes détiennent la clé pour mettre fin aux souffrances de millions de personnes causées par leur attaque contre l'Ukraine. Je les ai exhortées à arrêter la guerre immédiatement. Je les exhorte également à mettre fin à la répression en Russie contre les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes, les militants et les citoyens ordinaires qui s'opposent à la guerre et à respecter pleinement leurs droits humains, y compris les libertés d'expression, de réunion pacifique et d'association, conformément aux obligations internationales et européennes en matière de droits humains auxquelles la Russie est tenue.