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Le Représentant de l’OSCE pour la liberté des médias et la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe préconisent une approche systématique pour lutter contre la violence fondée sur le genre en ligne

Déclaration commune
Vienne 12/01/2019
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Dunja Mijatović et Harlem Désir ouvrant la conférence #SOFJO 2019 - ©OSCE/Ghada Hazim

Dunja Mijatović et Harlem Désir ouvrant la conférence #SOFJO 2019 - ©OSCE/Ghada Hazim

Le Représentant de l’OSCE pour la liberté des médias, Harlem Désir, et la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, ont ouvert ensemble la conférence "Perspectives accrues pour la liberté d’expression et la pluralité des médias" sur la sécurité en ligne des femmes journalistes (#SOFJO).

« Le harcèlement en ligne des femmes journalistes est un phénomène qui s’intensifie dans la région de l’OSCE et au-delà, et qui a des répercussions significatives sur la participation des femmes aux activités journalistiques et sur la capacité de la société à s’informer. Cette forme de violence fondée sur le genre qui s’exerce en ligne consiste à adopter envers les femmes journalistes des comportements sexuellement explicites, violents et misogynes, pour réduire l’espace auquel les femmes ont accès en ligne », a déclaré Harlem Désir dans son discours d’ouverture. « Je salue la décision prise par le Conseil ministériel de l’OSCE en décembre 2018, qui prend en compte les risques particuliers auxquels les femmes journalistes sont exposées sur internet. J’espère que ce n’est qu’une première étape et que les États participants vont continuer à élaborer des stratégies pour traiter ce problème et à progresser dans cette lutte. »

Au cours de la conférence, des femmes journalistes ont fait part de leur expérience et des spécialistes ont présenté différents thèmes liés au harcèlement sur internet, tels que les traumatismes causés par le harcèlement mais aussi le plaidoyer et les actions en justice stratégiques. Dunja Mijatović, actuelle Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et précédente Représentante de l’OSCE pour la liberté des médias, a souligné l’importance d’adopter une approche sensible au genre pour élaborer les politiques et relever les défis dans ce domaine, afin de garantir la pleine participation des femmes en ligne.

« Nos sociétés ne peuvent pas tolérer que des femmes journalistes soient réduites au silence en raison du harcèlement pratiqué sur internet. Les États doivent améliorer la mise en œuvre des normes des droits de l’homme qu’ils ont adoptées pour assurer la sécurité des journalistes et combattre la violence à l’égard des femmes. Il leur incombe de prendre des mesures de protection des femmes journalistes et d’encourager le secteur privé et les médias à lutter contre la violence fondée sur le genre qui s’exerce en ligne », a déclaré la Commissaire aux droits de l’homme.

Par ailleurs, les participants à la conférence ont pu voir un documentaire récent sur la sécurité en ligne des femmes journalistes, intitulé « A Dark Place ». En marge de la conférence s’est aussi tenu un atelier organisé par l’UNESCO et le Global Diplomacy Lab.

Le Représentant et la Commissaire ont appelé les États participants à faire en sorte que toute réponse concrète et systématique se fonde sur une approche globale et que les journalistes harcelées en ligne y soient largement associées. En vue d’aider les États dans cette entreprise, Harlem Désir a présenté un nouveau communiqué sur le pluralisme des médias, la sécurité des femmes journalistes et la protection des voix marginalisées en ligne.

Dans ce communiqué, il est notamment recommandé que les politiques et stratégies dans le domaine des médias prennent en compte la multiplicité des discriminations et des obstacles à la participation, afin de garantir un véritable pluralisme et de permettre à la diversité des points de vue de s’exprimer en ligne.

« Pour qu’une démocratie soit en bonne santé, il faut que tous les membres de la société puissent participer pleinement aux activités en ligne. Ce communiqué montre que l’OSCE s’engage dans la durée à donner la priorité à l’égalité d’accès, à la participation et à la liberté d’expression pour tous », a souligné Harlem Désir.

« Le communiqué d’aujourd’hui donne un nouvel élan à la lutte contre le harcèlement en ligne des femmes journalistes et invite les États à affirmer clairement que les violences contre des femmes journalistes sur internet n’ont pas leur place dans une société démocratique », a déclaré Dunja Mijatović.

Le communiqué, les recommandations et de nouvelles études sur les réponses juridiques au harcèlement en ligne sont disponibles sur le site internet du projet #SOFJO : https://www.osce.org/representative-on-freedom-of-media/safety-female-journalists-online

 

    

Le Représentant de l’OSCE pour la liberté des médias observe la situation des médias dans les 57 États participants de l’OSCE. Il donne une alerte précoce en cas de violation de la liberté d’expression et de la liberté des médias et encourage le plein respect des engagements de l’OSCE en matière de liberté des médias. De plus amples informations sont disponibles sur www.osce.org/fom, Twitter: @OSCE_RFoM et Facebook : www.facebook.com/osce.rfom.