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La Commissaire appelle le Gouvernement italien à suspendre les activités de coopération avec les garde-côtes libyens qui entraînent le retour en Libye des personnes interceptées en mer

Déclaration
Strasbourg 31/01/2020
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« Le Mémorandum d’entente signé entre l’Italie et la Libye sera reconduit tacitement le 2 février prochain. Je déplore que les autorités italiennes n’aient pas décidé l’annulation de cet accord ou – du moins – renégocié ses termes », a déclaré aujourd’hui la Commissaire aux droits de l’homme.

« J’ai déjà souligné à plusieurs reprises, notamment dans ma Recommandation de juin 2019 et dans les observations écrites que j’ai présentées en novembre 2019 concernant une devant la Cour européenne des droits de l’homme, que certaines formes d’assistance fournies aux garde-côtes libyens ont fait augmenter le nombre de migrants, y compris de demandeurs d’asile, renvoyés en Libye, où ils ont souffert de graves violations des droits de l’homme.

La situation sécuritaire en Libye est maintenant aggravée par un conflit armé et de très nombreux éléments tendent toujours à indiquer que les migrants et les demandeurs d’asile y subissent de graves violations de leurs droits fondamentaux.

J’appelle par conséquent le Gouvernement italien à suspendre de toute urgence les activités de coopération avec les garde-côtes libyens qui entraînent, directement ou indirectement, le retour en Libye des personnes interceptées en mer, jusqu’à ce que des garanties claires de respect des droits de l’homme soient en place. L’octroi de toute aide supplémentaire aux garde-côtes libyens devrait aussi être reporté tant qu’ils ne seront pas en mesure d’assurer le respect des droits de l’homme. Entretemps, l’Italie, de même que d’autres États membres, devrait appuyer les efforts déployés par les organisations internationales pour obtenir la libération des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants placés en rétention en Libye, et faciliter la création de couloirs humanitaires sûrs. Pour prévenir de nouveaux décès en mer, les États doivent aussi veiller à ce que suffisamment de navires spécifiquement dédiés aux opérations de recherche et de sauvetage soient déployés en Méditerranée.

Des milliers de personnes ont risqué leur vie pour chercher à obtenir une protection, mais nous détournons les yeux. C’est une honte. Cette tragédie dure depuis bien trop longtemps maintenant, et les pays européens y ont contribué. Il est urgent que l’Italie, l’Union européenne et tous ses États membres prennent des mesures pour y mettre fin. »