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Conférence de presse du Commissaire aux droits de l'homme à Tbilissi : « les gens ordinaires devraient être protégés des conséquences du conflit »

Visite en Géorgie
Strasbourg 04/12/2009
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Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a effectué une visite en Géorgie du 27 novembre au 3 décembre. Il était résolu à mettre à profit cette mission pour contribuer à la libération de détenus et permettre à des familles de se retrouver. Il a obtenu, d'une part, la libération de deux adolescents géorgiens qui étaient détenus à Tskhinvali depuis le 4 novembre 2009 et, d'autre part, la promesse des dirigeants de Tskhinvali que les deux autres restant détenus seraient eux aussi libérés le 13 décembre 2009 au matin. De plus, cinq Ossètes, libérés à Gori, ont pu retrouver leurs familles.

Cela étant, plusieurs personnes sont encore détenues d'un côté ou de l'autre et restent séparées de leur famille. Le mouvement positif amorcé cette semaine doit se poursuivre. Les autorités compétentes doivent prendre fermement position contre les enlèvements et les séquestrations. Il faut faire passer clairement le message que ces actes sont des infractions graves qui ne seront pas tolérées.

Par ailleurs, des personnes sont toujours portées disparues. Le Commissaire tient à souligner que la disparition est une atteinte grave à leurs droits, lourde de conséquences. Les disparitions touchent en profondeur l'ensemble de la société, d'abord les proches mais aussi tous ceux qui souffrent de ne pas savoir. Le Commissaire est profondément convaincu qu'il est indispensable de faire toute la lumière sur toutes ces affaires, notamment sur le cas de trois jeunes Ossètes filmés en captivité au mois d'octobre de l'année dernière. Il faut que l'on sache ce qu'ils sont devenus.

Plus généralement, l'objectif de la visite du Commissaire était d'évaluer l'avancée de la mise en œuvre des six principes visant à garantir les droits de l'homme et à assurer une protection humanitaire d'urgence qu'il a formulés juste après le conflit d'août 2008.

Ces principes sont : le droit au retour ; le droit des personnes déplacées et autres touchées par le conflit à être soutenues et prises en charge ; la protection contre l'absence d'un état de droit ; la libération des détenus et la restitution des dépouilles mortelles ; le déminage ; l'aide internationale et ses possibilités d'accès.

Les progrès sont considérables mais de nouvelles mesures sont nécessaires pour que ces six principes soient pleinement appliqués. C'est ce qui ressortira du prochain rapport du Commissaire, où figureront aussi des recommandations pratiques.

Au cours de sa conférence de presse, le Commissaire a insisté sur le fait que « les gens ordinaires doivent être protégés des conséquences du conflit ». Il reste à la disposition des parties pour les assister en vue d'atteindre cet objectif.