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Les pays européens doivent donner la priorité à l’intégration des migrants

Document thématique
Strasbourg 31/05/2016
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© Union européenne, Fond européen pour les réfugiés (ERF) - Belgique, Bruxelles

© Union européenne, Fond européen pour les réfugiés (ERF) - Belgique, Bruxelles

« A la suite de l’arrivée de plus d’un million de personnes en quête de protection ces derniers mois, les pays européens se trouvent tous soumis à la nécessité impérieuse de prendre leurs responsabilités en matière d’intégration », a déclaré Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, en rendant public un rapport sur l’intégration des migrants.

« Après avoir été accaparés par des impératifs à court terme, comme l’accueil des nouveaux arrivants et le traitement des demandes d’asile, les gouvernements européens doivent maintenant se consacrer à un objectif à plus long terme : promouvoir l’intégration réussie des migrants », a ajouté le Commissaire Muižnieks.

Le document vise à aider les gouvernements et les parlements à concevoir et à mettre en œuvre des politiques d’intégration efficaces. En particulier, il attire l’attention sur les normes européennes qui s’appliquent à ce domaine et formule des recommandations concrètes destinées à favoriser l’intégration des migrants. Elles concernent notamment le regroupement familial, le droit de séjour, les cours de langue et d’intégration, l’accès au marché du travail et à une éducation de qualité, la protection contre la discrimination et la participation politique.

Parmi les principales mesures préconisées dans le document figurent celles qui permettent de réaliser le droit au regroupement familial. Le Commissaire a rappelé que c’est « un droit de l'homme reconnu qui devrait être garanti par tous les pays d’accueil européens ». « Les gouvernements devraient lever les obstacles pratiques qui s’opposent à ce que les migrants puissent être rejoints rapidement par leur famille », a-t-il précisé.

Une autre des mesures proposées consiste à accorder un permis de séjour de longue durée aux ressortissants étrangers qui résident légalement dans un pays européen depuis au moins cinq ans. « Les Etats devraient faciliter le séjour de longue durée, qui constitue un point de départ indispensable à une pleine intégration, et lever tout obstacle disproportionné s’opposant à l’obtention du statut de résident de longue durée et à la jouissance de l’égalité des droits associée à ce statut. »

En outre, le Commissaire appelle les Etats européens à proposer des cours de langue et d’intégration gratuits pour favoriser l’intégration des migrants. Il recommande aussi d’assouplir les conditions d’accès des migrants au marché du travail, de garantir aux enfants migrants une éducation de qualité, d’établir un cadre juridique solide pour lutter contre la discrimination et de permettre aux migrants de participer effectivement à la vie politique et civique, notamment en leur accordant le droit de vote aux élections locales et régionales.

« Les migrants ne sont pas une menace mais une chance. Les pays européens devraient s’attacher à la réussite de l’intégration et considérer celle-ci comme un investissement à long terme dans la stabilité et la sécurité. »

Lire le document thématique "Intégration des migrants : il est temps que l'Europe prenne ses repsonsabilités"