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La Commissaire appelle les autorités maltaises à mettre un terme aux procédures en diffamation qui se poursuivent à titre posthume contre la famille de Daphne Caruana Galizia

Lettre
Strasbourg 19/09/2019
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La Commissaire appelle les autorités maltaises à mettre un terme aux procédures en diffamation qui se poursuivent à titre posthume contre la famille de Daphne Caruana Galizia

La Commissaire a publié aujourd’hui une lettre adressée au Premier ministre de Malte, Joseph Muscat, dans laquelle elle recommande d’arrêter les procédures maintenues contre la famille de Daphne Caruana Galizia après le décès de cette dernière.

« Une trentaine d’actions en diffamation au civil sont toujours en cours », écrit la Commissaire, soulignant que la poursuite de ces procédures fait subir une pression psychologique et financière injustifiée à la famille de Daphne Caruana Galizia. Cette situation est perçue comme une forme d’intimidation à l’encontre de la famille et « amène à se demander si les autorités maltaises tiennent véritablement à identifier et à traduire en justice les commanditaires de ce crime odieux ».

La Commissaire souligne que, dans la mesure où la charge de la preuve incombe aux défendeurs, la famille de Mme Caruana Galizia pourrait être obligée de révéler des informations sur le travail journalistique et sur les sources de celle-ci. « Non seulement cela constitue, dans ce cas, une charge excessive et très complexe pour les défendeurs, mais c’est aussi une ingérence injustifiée dans l’exercice du droit à la protection des sources journalistiques », poursuit la Commissaire, ajoutant que la législation maltaise devrait permettre aux tribunaux d’adopter une approche plus équilibrée et d’envisager d’inverser la charge de la preuve.

Enfin, la Commissaire conclut que la situation difficile dans laquelle se trouvent les héritiers de Daphne Caruana Galizia est « un avertissement autant qu’une menace pour tous les journalistes de Malte ». Selon elle « les dispositions juridiques en vigueur, qui permettent que des actions en diffamation au civil puissent être intentées à l’encontre des héritiers du défendeur, mettent les journalistes et leurs familles en danger et découragent le journalisme d’investigation. Les autorités devraient abroger ces dispositions ».