Cette activité invite les participants à littéralement « prendre position » et à défendre leur point de vue.
Que pensez-vous du racisme et de la discrimination ?
Thèmes abordés
- La discrimination, sous toutes ses formes.
- Le fait d’assumer ses opinions personnelles et ses actes.
Objectifs
- Remettre en question les points de vue et opinions des participants sur le racisme, la discrimination et l’intolérance.
- Leur faire prendre conscience de la manière dont nous nous forgeons nos opinions et du fait qu’il est très difficile de les faire évoluer.
- Sensibiliser les participants à leur rôle en tant que membres de la société.
Préparation / Matériel
- Un tableau de conférence et des marqueurs, ou un ordinateur portable, un rétroprojecteur et un écran.
- 2 feuilles de papier, une sur laquelle vous inscrivez un signe « + », et une sur laquelle vous inscrivez un signe « - », scotchées sur deux murs opposés de la pièce.
- Une liste d’affirmations.
Instructions
- Demandez aux participants de se placer le long d’une ligne imaginaire qui sépare la pièce en deux, en leur montrant le signe « - » sur l’un des murs, et le signe (+) sur le mur opposé.
- Expliquez-leur que vous allez leur lire des affirmations. Les participants qui ne sont pas d’accord avec celles-ci devront se placer du côté « - » de la pièce, et ceux qui sont d’accord, du côté « + ». Les indécis ou les sans opinion devront rester au milieu de la pièce, le long de la ligne imaginaire, mais n’auront pas le droit de s’exprimer.
- Lisez la première affirmation.
- Une fois que tous les participants ont pris position, demandez-leur d’expliquer, chacun leur tour, pourquoi ils ont choisi ce camp. Prévoyez 5 à 8 minutes pour cette partie de l’activité.
- Lorsque tout le monde s’est exprimé, invitez ceux qui le souhaitent à changer de camp, en silence.
- Demandez aux participants de se replacer le long de la ligne, et lisez une deuxième affirmation.
- Après avoir travaillé sur toutes les affirmations, passez à l’évaluation.
Bilan et évaluation
- Qu’avez-vous ressenti pendant l’exercice ? Aviez-vous plus envie d’écouter les autres ou d’exprimer votre opinion ?
- A-t-il été difficile de choisir un camp ? Pourquoi ?
- A-t-il été difficile de rester au milieu, sans pouvoir s’exprimer ?
- Quels types d’arguments ont été utilisés : des arguments fondés sur des faits, ou des arguments qui font appel à l’émotionnel ? Lesquels ont été les plus efficaces ?
- A-t-il été difficile de franchir la ligne, de vous déplacer, de montrer que vous aviez changé d’avis ?
- Lorsque l’on a une opinion bien arrêtée sur un sujet donné, peut-on ne pas s’impliquer émotionnellement dans une discussion ? Dans quelle mesure cela influence-t-il notre réflexion ?
- Comment nous forgeons-nous nos opinions ? Sont-elles fondées sur des faits, sur ce que nous avons entendu dire, sur ce que rapportent les médias « sérieux », sur ce que l’on voit sur les réseaux sociaux, sur notre expérience personnelle, ou sur l’avis de nos amis ?
- Le format de cette activité et sa configuration (« + » / « - » ou « d’accord » / « pas d’accord ») ont-ils favorisé la tenue d’une discussion utile ? Pourquoi ? Quelle autre configuration pourrait-on imaginer ?
- Pouvez-vous donner des exemples concrets de personnes ayant des points de vue diamétralement opposés ? Quelles sont les conséquences d’une telle polarisation ?
- Ces affirmations sont-elles vraies, ne serait-ce qu’en partie?
- Dans une démocratie, quelles sont les conséquences d’une non-prise de position ?
Conseils pour les animateurs
Essayez de faire en sorte que chacun ait la possibilité d’exprimer son point de vue. Vous pouvez, pour cela, utiliser un objet qui fera office de micro et que les participants feront circuler. Peut-être vous faudra-t-il encourager certains d’entre eux à prendre position et à ne pas toujours rester sur la ligne, sans « se mouiller ». Il s’agit là d’un bon exercice pour amener les participants à réfléchir à la manière dont ils contribuer aux discussions de groupe. Ont-ils davantage tendance à se taire et à écouter, ou plutôt à se lancer dans la discussion en exprimant leurs opinions, voire à dominer la discussion ?
Vous pouvez adapter légèrement la méthode en autorisant les participants à se placer quelque part entre la ligne et les murs. Il leur sera ainsi plus facile de se positionner ; cela devrait aussi faciliter la tenue d’une discussion plus nuancée car, dans la réalité, les avis et attitudes des gens ne sont pas si tranchés.
Les affirmations peuvent couvrir plusieurs sujets, comme les exemples proposés ci-dessous, ou avoir trait à un sujet spécifique, tel que la pauvreté, le genre ou l’intolérance.
À la fin de l’évaluation, expliquez aux participants que les affirmations étaient intentionnellement controversées et provocantes. Il vous faudra peut-être donc poursuivre la discussion sur des questions spécifiques pour dissiper les éventuelles tensions et pour donner aux participants la possibilité d’approfondir les points soulevés.
Selon le groupe, vous pouvez développer la discussion sur plusieurs points :
- Malgré leur ambiguïté, ces affirmations contiennent une part de vérité. Expliquez que, comme dans tout processus de communication, une même affirmation est comprise différemment selon les gens. Il est également normal que les gens pensent différemment et qu’ils aient des avis différents. Il n’y a pas nécessairement de bonne ou de mauvaise attitude ou position. Le plus important est d’identifier et de comprendre les raisons qui motivent telle ou telle position.
- Essayez de mettre en évidence les liens avec la réalité de la vie quotidienne. Souvent, nous ne considérons le problème que sous un seul angle. Il arrive également que l’on nous demande de soutenir une cause sans nous laisser l’occasion de réfléchir plus posément à nos véritables motivations. Vous pouvez demander au groupe dans quelle mesure cela affecte la démocratie.
- Dans quelle mesure prêtons-nous réellement attention aux arguments des autres ? Exprimons-nous nos points de vue assez clairement ? Plus nos propos sont vagues, plus il y a un risque d’ambiguïté et de mauvaise compréhension.
- Sommes-nous cohérents dans nos opinions et nos idées ?
Variantes
Un « point de vue » est une opinion, mais au sens premier du terme, c’est l’endroit depuis lequel on regarde quelque chose. Faites des murs de la pièce les points cardinaux d’une boussole, en collant sur chacun d’eux des feuilles indiquant « Je suis d’accord » , « Je ne suis pas d’accord », « Je ne sais pas » et « Je veux dire quelque chose », respectivement.
La méthode consistant à se tenir debout le long de la ligne peut également être utilisée comme une activité de démarrage rapide, pour évaluer ce que les participants savent sur un sujet. Vous pouvez aussi leur demander de se lever et de répondre à la question soit en se mettant sur la pointe des pieds pour indiquer qu'ils sont d'accord, soit en s'accroupissant s'ils ne sont pas d'accord.
Suggestions de suivi
S’engager concrètement : Il n’est pas toujours facile d’avoir le courage de ses opinions ; parfois, c’est même dangereux. Mais ne vous sentez pas seul(e) : d’autres se battent aussi pour un monde meilleur. Il y a toujours quelque chose que l’on peut faire. Réfléchissez ensemble aux actions que vous pourriez mener pour améliorer la vie des minorités au sein de votre communauté et défendre les droits de l’homme dans votre pays et au-delà, et décidez de prendre certaines mesures, si infimes puissent-elles paraître. « L’alphabet d’actions » pour la campagne pourra peut-être vous inspirer.
Essayer une autre activité : Si vous souhaitez mener une autre activité rapide qui permette de former des groupes et soulève des questions sur le sentiment d’isolement, essayez « Je suis de trop ». « Bingo humain » permettra aux participants d’étudier les ressemblances et les différences entre les membres du groupe. Et sinon, « Les règles du jeu » les invitera à analyser plus en profondeur pourquoi il est si difficile de se faire entendre. Qui détient le pouvoir, et pourquoi ces personnes ne veulent-elles pas nous écouter ?
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