|
www.coe.int/greco |
|
| |
A propos du GRECO |
| |
Réunions |
| |
Evaluations |
| |
Documents |
| |
Flashes infos et communiqués de presse |
| |
Ressources web |
| |
Conférence 10e Anniversaire |
| |
Plan du site |
| |
Contactez-nous |
| |
Accès restreint |
Le Groupe d’Etats contre la Corruption (GRECO) publie son rapport sur la France
Communiqué de presse
[Strasbourg, 12/03/09] – Le Groupe d’Etats
contre la Corruption (GRECO) publie aujourd’hui son rapport d’évaluation du
Troisième Cycle sur la France, suite à l’autorisation donnée par les
autorités du pays. Le rapport porte sur deux thèmes distincts :
l’incrimination de la corruption et la transparence du financement des
partis politiques.
En ce qui concerne l’incrimination de la corruption (Thème
I), le GRECO reconnaît qu’à la suite des diverses modifications
apportées aux incriminations de la corruption, les dernières datant de
décembre 2007, la France dispose d’un cadre juridique élaboré qui lui permet
ainsi de répondre dans une très large mesure aux exigences pertinentes de la
Convention pénale sur la corruption (STE 173) et de son
Protocole additionnel (STE 191). La France utilise aussi ces
dispositions pénales, ce qui a permis le développement d’une jurisprudence
en la matière.
Cela dit, des incertitudes importantes demeurent concernant la notion de pacte de corruption, en particulier quant à savoir si la preuve de l’existence d’un tel pacte doit être rapportée dans tous les cas. Par ailleurs, la France a restreint assez fortement sa compétence et ses capacités de poursuite à l’égard des affaires de dimension transnationale, ce qui est fort dommage compte tenu de l’importance du pays dans l’économie internationale et du poids de beaucoup de ses sociétés commerciales.
La France a effectué deux réserves à la Convention pénale que le GRECO
invite à lever ou ne pas renouveler. Les autres améliorations souhaitables
concernent notamment le délai de prescription en matière de délits de
corruption et de trafic d’influence ou encore le fait que les amendes
prononcées dans ce type de dossiers ne sont pas toujours recouvrées en
pratique.
Concernant la transparence du financement des partis politiques (Thème
II), le cadre juridique actuel est largement en accord avec les
dispositions soumises à évaluation de la
Recommandation Rec(2003)4 du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe sur
les règles communes contre la corruption dans le financement des partis
politiques et des campagnes électorales.
La France dispose ainsi de diverses règles destinées à assurer un certain
niveau de transparence du financement de la vie politique, règles comprenant
des procédures de contrôle et de sanctions. Aucune divergence grave entre
les textes applicables et la pratique politique n’a pu être constatée. Il
n’en reste pas moins que le dispositif existant ne s’applique pas encore à
certains domaines, comme par exemple les élections sénatoriales et le
financement des groupes parlementaires. Il laisse aussi une marge
d’appréciation non négligeable aux partis quant à la délimitation du
périmètre de leurs comptes et le monopole des mandataires financiers des
partis politiques mériterait d’être renforcé.
Par ailleurs, la France montre une réelle capacité à mettre en place des
organes de contrôle spécialisés dans le domaine du financement de la vie
politique et de la lutte contre la corruption, mais il est regrettable que
ceux-ci ne soient pas toujours dotés de véritables pouvoirs. Il existe aussi
un éventail de pénalités administratives et pénales permettant de
sanctionner la grande majorité des manquements, mais des possibilités plus
larges de modulation de ces sanctions, en fonction de la gravité des faits,
seraient les bienvenues.
Le rapport adresse au total 17 recommandations à la France. La mise en œuvre
de ces recommandations fera l’objet d’un nouvel examen de la part du GRECO,
au cours du deuxième semestre 2010, dans le cadre de sa procédure de
conformité spécifique.
Rapport: Incriminations de la corruption / Transparence du financement des partis politiques