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10th meeting of the Committee of the Parties Council of Europe Convention on Preventing and Combating Violence against Women and Domestic Violence (Istanbul Convention)

Strasbourg (Agora - G03) 13 April 2021
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Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les membres du Comité,

Le 22 mars, j’ai reçu, en ma qualité de dépositaire des traités du Conseil de l’Europe, une note verbale de la Turquie confirmant qu’elle dénonçait la Convention d’Istanbul, nom sous lequel – paradoxalement – ce traité restera connu.

Les autorités turques avaient déjà annoncé leurs intentions publiquement.

A la lumière de cette annonce, le 20 mars, j’ai fait une déclaration publique exprimant mon profond regret à l’égard de leur décision.

Les Présidents du Comité des Ministres et de l’Assemblée parlementaire ont exprimé le même sentiment le lendemain.

Cette évolution très regrettable de la situation a déclenché en Europe et plus largement au niveau international un fort soutien en faveur de la Convention et de notre Organisation, y compris de la part des dirigeants des États-unis.

Ce soutien essentiel arrive à point nommé.

Lorsque je me suis adressée aux Délégués des Ministres la semaine dernière, j’ai été claire.

S’il relève bien entendu de la prérogative de chaque État de dénoncer un traité, j’ai soulevé certaines questions importantes, qui méritent d’être examinées et traitées avec la plus grande attention par tous nos États membres.

Tout d’abord, c’est la première fois dans l’histoire de notre Organisation qu’un État se retire d’un traité majeur dans le domaine des droits de l’homme.

En tant que tel, c’est un évènement grave.

Ensuite, les raisons avancées pour le retrait dans la communication du ministère des Affaires étrangères de la Turquie sont fallacieuses.

Le seul et unique but de la Convention d’Istanbul est de protéger les femmes contre la violence, qui constitue la pire forme de violation des droits des femmes.

La Convention n’a rien à voir avec une prétendue “idéologie de genre”.

Troisièmement, et c’est le point le plus important, la justification avancée pour le retrait s’appuie sur le fait que la Turquie dispose d’un droit interne solide en matière de prévention et de lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.

C’est là un argument dangereux qui remet en question la nature même de notre système collectif de protection des droits de l’homme créé dans le droit international après la Deuxième Guerre mondiale.

Cet argument nous ramène à une époque où le Conseil de l’Europe n’existait pas encore.

Accepter le type d’argument et de rhétorique avancés par les autorités nationales ces derniers temps conduirait inévitablement à un affaiblissement du rôle des organisations internationales et de leur importance.

En définitive, cela serait fatal pour le multilatéralisme tel que nous le connaissons depuis plus de 70 ans.

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But what matters now is the way forward.

I stressed before the Ministers Deputies that I will spare no efforts to uphold, promote and preserve the Convention and all it represents – a “gold standard” in its area – and that I would reiterate this message in my exchange with you.

Certainly, I know that members of this Committee share my determination.

And we will have the occasion to demonstrate our commitment at the Conference of 11 May marking the 10th anniversary of the Convention’s opening for signature.

The declaration that you will adopt in this context will be an important contribution. 

Our best response to recent events is in fact to expand the circle of those committed to the treaty.

I know that the President of GREVIO, to whom I spoke last week, and who will address you later today, shares this view.

This requires a focused approach.

And in the weeks, months and years ahead, I am doubly determined to  develop and promote the positive and honest narrative that  supports the Istanbul Convention.

This dispels myths, highlights facts, and is crystal clear that any further withdrawals from the Convention would come at the expense of women left exposed to violence.

There can be no winners from this – only losers – and we must do everything to prevent it.

The relevant 2019 Venice Commission opinion will be integral to making this argument.

But narrative rests on three additional indisputable facts.

First, the standards for the protection of women set by the Istanbul Convention are significantly higher than the national laws of many countries.

Second, the Convention provides for a unique, independent and international monitoring mechanism to evaluate implementation at national level and assist compliance.

Third, by withdrawing from the Convention, a country can no longer benefit from its provisions relating to international co-operation in criminal matters and seek co-operation from other states parties to bring the perpetrators of crimes against women to justice.

Instead, borders are placed in the way of justice.

In making the case and in stating these facts I count on your support, which comes with the authority given to you by the treaty.

Your role will be crucial in bringing clarity to the Convention’s purpose and in supervising the implementation of the recommendations addressed to state parties.

We will not be deterred.

Rather, we will make progress.

We will move forward together, and I am grateful for the central role that you play.

Thank you for inviting me to speak today.