Protection de l’environnement par le droit pénal
La nouvelle Convention du Conseil de l’Europe sur la protection de l’environnement par le droit pénal (STCE n° 228) constitue le premier instrument international juridiquement contraignant visant à lutter contre la criminalité environnementale, couvrant un large éventail d’infractions pénales qui aggravent la triple crise planétaire que sont les changements climatiques, la pollution et la perte de biodiversité.
La Convention et son Rapport explicatif
La Convention a pour objet de prévenir et de réprimer la criminalité environnementale, de favoriser la coopération nationale et internationale, et d’établir des normes minimales destinées à orienter les États dans leur législation nationale. Son objectif principal est de promouvoir et de renforcer la protection de l’environnement.

La triple crise planétaire : changements climatiques, pollution et perte de biodiversité
La Convention s’inscrit dans la lignée de nombreux instruments internationaux relatifs à la protection de l’environnement, aux droits humains et à la criminalité transnationale (par exemple, la Convention européenne des droits de l’homme, l’Accord de Paris, la CITES, la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée). Elle reconnaît la triple crise planétaire et son impact sur les droits humains, conformément à la Déclaration de Reykjavik. Elle adopte une définition large de l’environnement, incluant les ressources naturelles (air, sol, eaux), les écosystèmes et leurs services, la faune et la flore sauvages, ainsi que les habitats.
Fonctionnement de la Convention
La Convention comprend 58 articles, structurés en chapitres et sections pour garantir clarté et lisibilité.
Dépliant [EN]
Infractions
Le droit pénal matériel (26 articles) érige en infractions pénales des actes notamment liés à :
- La pollution illicite (substances chimiques, matières radioactives, mercure, substances appauvrissant la couche d’ozone, gaz à effet de serre fluorés)
- La gestion illicite des déchets dangereux
- L’exploitation ou fermeture illicite d’installations liées à des activités ou substances dangereuses
- Le recyclage illicite de navires et les rejets illicites par les navires
- L’exploitation minière illicite
- Le commerce de bois issu de coupes illicites
- La mise à mort, destruction ou commerce illicite d’espèces sauvages protégées
- La détérioration illicite d’habitats protégés
Protection
La Convention comporte des dispositions relatives à la protection des victimes, des témoins et des lanceurs d’alerte, en reconnaissance de leur rôle crucial dans les poursuites efficaces.
Prévention
Un chapitre entier est consacré à la prévention, soulignant l’importance de campagnes de sensibilisation et du rôle de la société civile et d’autres parties prenantes.
Infraction particulièrement grave / Écocide
Une disposition sur les infractions particulièrement graves vise les actes intentionnels illicites susceptibles d’avoir des conséquences graves (pollution étendue, accidents industriels majeurs, incendies de forêts à grande échelle), comparables à l’écocide, reconnu dans certains États et débattu au niveau international.
Approche transversale
La Convention prévoit des mesures pour favoriser une approche intégrée, incluant :
- Le renforcement des stratégies nationales avec des ressources adéquates
- La formation des professionnels
- La création d’unités spécialisées judiciaires et de poursuite
- La coopération internationale pour lutter contre la criminalité environnementale transfrontière
Dispositions spécifiques
La Convention comprend des dispositions pénales relatives à :
- La compétence territoriale et extraterritoriale
- La responsabilité des personnes morales
- Les sanctions (y compris sanctions pécuniaires, publication des décisions, réparation environnementale)
- Les circonstances aggravantes (crime organisé, agents publics, avantages financiers importants)
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Calendrier
Sous l’autorité du Comité des Ministres et du Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC), le Comité d’experts sur la protection de l’environnement par le droit pénal a achevé ses travaux le 9 octobre 2024, après avoir élaboré à la fois le projet de Convention et son rapport explicatif.
La Convention devrait entrer en vigueur après dix ratifications, dont au moins huit par des États membres du Conseil de l’Europe. Elle est ouverte à la signature des États membres du Conseil de l’Europe, des États non membres ayant participé à son élaboration, ainsi que de l’Union européenne. D’autres États non membres pourront être invités à y adhérer après son entrée en vigueur.
(done)3 décembre 2025
Ouverture à la signature en marge de la réunion plénière du GME
(done)14 mai 2025
Adoption de la Convention par le Comité des Ministres
(done)9 octobre 2024
Finalisation du projet de Convention par le PC-ENV
(done)3 avril 2023
Création et première réunion du Comité d’experts sur la protection de l’environnement par le droit pénal (PC-ENV)
Acteurs impliqués
Sous l’autorité du Comité des Ministres et du Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC), le Comité d’experts sur la protection de l’environnement par le droit pénal (PC-ENV) a été chargé de la rédaction de la nouvelle Convention.
Le PC-ENV était composé d’experts en criminalité environnementale, y compris des représentants désignés par des États membres, par des États observateurs ainsi que par d’autres organes et secteurs du Conseil de l’Europe, en particulier les comités intergouvernementaux concernés, l’Assemblée parlementaire, le Commissaire aux droits de l’homme et la Cour européenne des droits de l’homme. Des organisations internationales et supranationales étaient également activement impliquées, en particulier l’Union européenne, mais aussi les Nations Unies et INTERPOL. Plusieurs organisations non gouvernementales telles que : Global Initiative to End Wildlife Crime, Wild Legal and Wildlife Justice Commission ont apporté leur expertise et/ou des contributions précieuses au processus d’élaboration de la Convention.

Processus de Reykjavík et l'environnement
- Convention du Conseil de l’Europe sur le paysage
- Convention de Berne - Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe
- Conventions sur la protection des animaux
- Convention sur la protection de l’environnement par le droit pénal
- Accord européen et méditerranéen sur les risques majeurs






