Les partis pris des médias

Lors de cette activité de longue durée, les participants font des recherches sur les médias pour apprendre à détecter leurs partis pris.


Niveau :  4
 

Durée : 
Partie A : 2 heures et demie
Partie B : 1 semaine
Partie C : 2 heures et demie
 

Taille du groupe : 
10 personnes au minimum, 25 au maximum.
Les participants doivent avoir plus de 13-14 ans.
 

Thèmes :

  • Images / Stéréotypes
  • Mécanismes
  • Action

Si vous n’y prenez garde, les journaux vous feront détester les opprimés et aimer les oppresseurs.

Malcom X

Thèmes abordés

  • Les stéréotypes, les préjugés et la manière dont ils se diffusent dans la société
  • La quantité et la qualité des informations qu’on trouve dans les médias
  • Les partis pris des médias et les moyens de les reconnaître

Objectifs

  • Étudier les images et les informations qui circulent sur les groupes minoritaires
  • Analyser le rôle des médias dans la création et la diffusion des stéréotypes et des préjugés dans la société

Préparation / Matériel

  • Partie A : tableau de conférence et feutre
  • Partie B : selon les ressources disponibles
  • Partie C : tableau de conférence et feutres pour chaque groupe et pour les animateurs

Instructions

Cette activité s’effectue en trois étapes :

Partie A : préparation

  1. Demandez aux participants de former des équipes.
  2. Expliquer que la semaine qui vient, les participants vont enquêter sur la couverture médiatique de la situation des migrants.
  3. Demandez aux participants comment ils s’informent sur l’actualité. Selon leurs réponses, décidez quels médias englober dans l’enquête.
  4. Répartissez les médias que vous avez choisis entre les équipes, et invitez-les à organiser leur travail. Par exemple, elles doivent décider sur quels réseaux sociaux et médias en ligne enquêter, si les membres de l’équipe vont travailler séparément ou ensemble… Une semaine plus tard (à la séance suivante), ils mettront leurs résultats en commun pour produire un rapport d’équipe.
  5. Discutez avec les participants de ce qu’ils peuvent rechercher, à quoi être attentifs lorsqu’ils cherchent des contenus. Par exemple :
  • Quel temps / quelle place les actualités au sujet des migrants occupent-elles dans les médias ? Y a-t-il des gros titres, des entrefilets, des articles complets ? Dans quelle rubrique sont-elles classées : éducation, politique, international, société ?
  • Les personnes sont-elles traitées ou dépeintes différemment selon leurs origines ? Le traitement change-t-il selon les populations concernées ?
  • Quels types de photos et autres images sont utilisés ? Plutôt « positifs » ou « négatifs » ?
  • Combien de reportages sont consacrés aux migrants ?
  • Comment sont-ils présentés ? Plutôt comme des « bonnes » ou des « mauvaises » nouvelles ?
  • En quels termes les migrants sont-ils décrits ? Sont-ils surtout positifs, négatifs ou neutres ?
  • Les articles cherchent-ils à susciter l’émotion chez les lecteurs, ou à fournir des informations factuelles ?
  • La question n’est-elle abordée que sous un seul angle, ou y a-t-il un effort pour être plus équilibré ?
  • Y a-t-il des déclarations ouvertement racistes ? Si oui, s’agit-il de citations des propos de personnalités publiques, ou d’opinions exprimées par les journalistes ?
  • Qui détient et finance les médias sur lesquels vous enquêtez ? Ont-ils des affiliations politiques ou défendent-ils certains intérêts ? Si oui, lesquels ?

Partie B : travail de terrain

Dans l’intervalle entre les deux réunions de leur groupe, les participants effectuent leurs recherches.

Partie C: résultats

  1. Donnez 45 minutes aux membres de chaque équipe pour mettre leurs résultats en commun et en rédiger une synthèse sur une feuille de tableau de conférence.
  2. En plénière, invitez chaque groupe à présenter ses résultats.

Bilan et évaluation

  • Avez-vous aimé cette activité ? Si oui / non, pourquoi ?
  • Cette activité vous a-t-elle conduits à lire des choses que vous ne liriez pas en temps normal ? D’habitude, que lisez-vous ?
  • Est-il possible d’établir des généralisations sur les migrants et sur la façon dont les médias les présentent ? Y a-t-il des différences d’approche selon que les articles parlent, par exemple, de migrants saisonniers ou médecins ?
  • Avez-vous trouvé le même type d’articles dans tous les médias ? Si non, pourquoi ?
  • Quelles sont les grandes différences dans la manière de traiter le sujet, à l’intérieur d’un même média et d’un média à l’autre ?
  • Les articles reposent-ils plutôt sur des faits et des chiffres ou sur des présupposés / jugements / opinions ? Comment faire pour le savoir ? Comment avez-vous procédé pour le vérifier ?
  • Quelle proportion d’articles allait au-delà des « faits nus » pour les analyser ou les mettre en perspective ?
  • Avez-vous constaté que certains faits étaient déformés ou certaines informations, manipulées ? Comment et, à votre avis, pourquoi ?
  • Avez-vous trouvé dans les médias en ligne des actualités absentes des réseaux sociaux ? À votre avis, qu’est-ce qui peut l’expliquer ?
  • Les médias généralistes citent souvent les réseaux sociaux, en particulier Twitter. À votre avis, Twitter met-il en danger le journalisme d’investigation ?
  • Sur vos fils de réseaux sociaux, recevez-vous les mêmes actualités que vos amis ? Si non, pourquoi ?
  • Sur les réseaux sociaux, les reportages, articles, vidéos, posts, etc. sont souvent appelés « stories ». Comment comprenez-vous le mot « story » ? À votre avis, une story est-elle forcément vraie ? À l’heure des infox, faut-il continuer de présenter les actualités comme des « récits » ?
  • Habituellement, comment réagissez-vous aux stories que vous lisez ? Par un « like », un re-post, un commentaire ? À quelle fréquence ? Pourquoi réagissez-vous ? Quelles peuvent être les conséquences ?
  • En tant que lecteurs, quelles sont nos responsabilités face aux infox ou aux articles qui relaient des stéréotypes et des préjugés ? Que pouvons-nous faire ? Donnez des exemples précis.

Conseils pour les animateurs

Pour planifier cette activité, tenez compte de l’âge des participants : il influe sur leur manière de s’informer. Les « millenials », aussi nommés « génération Y » (25-34 ans environ aujourd’hui), consultent l’actualité à la télévision, sur leur smartphone et à la radio. Mais les jeunes de la génération Z (nés à partir de la seconde moitié des années 1990, 18-24 ans) utilisent surtout leur smartphone et les réseaux sociaux. En fonction, invitez les équipes à étudier tout ou partie des médias suivants : télévision, radio, presse papier ou en ligne, magazines et réseaux sociaux. Si vous comprenez l’anglais, nous vous conseillons la lecture de cet article : « How Young People Consume News and the Implications for Mainstream Media », sur www.digitalnewsreport.org.

Si tous vos participants appartiennent à la « génération Z », qui fait grand usage de médias à la demande et triés / personnalisés par des algorithmes, le plus intéressant sera de comparer les différents réseaux sociaux. Nous vous conseillons cependant d’inciter les participants à consulter aussi, pour comparaison, la presse en ligne et les chaînes d’actualité télévisées.

Vous pouvez bien sûr adapter cette activité aux centres d’intérêt du groupe. Vous examinerez, par exemple, la couverture d’un incident raciste, d’un crime de haine contre un groupe religieux, d’un procès en rapport avec les questions d’égalité des chances pour les femmes, etc.


Variantes

Rassemblez des exemples de couverture d’une même actualité dans différents médias, de la presse écrite aux réseaux sociaux. En petits groupes, les participants vont les lire, les analyser et les commenter. La liste de questions ci-dessus vous sera utile pour faire le bilan.


Suggestions de suivi

S’engager concrètement : en fonction des résultats de l’activité, le groupe peut décider de réaliser des reportages positifs sur les migrants et de les poster sur les réseaux sociaux. Il peut aussi fonder un groupe de veille, chargé de repérer les cas de distorsions et de reportages biaisés dans les médias. Ce travail pourrait déboucher sur la rédaction de lettres ouvertes aux organes de presse ou aux chaînes de télévision ou de radio concernés.

Essayer une autre activité : le jeu « Cultionary » vous permettra d’approfondir, dans la bonne humeur, les relations entre idées, mots et images. Vous pouvez aussi essayer un jeu de plateau, « Le chemin du développement », qui soulève de nombreuses questions sociales, économiques et politiques régulièrement couvertes par les médias.

Niveau 4 | Durée: 2h30 + 1 semaine + 2h30 | Taille du groupe: • 10 personnes au minimum, 25 au maximum
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