Cultionary

Dans ce jeu de compétition, qui repose sur le dessin, de petites équipes s’affrontent en essayant de deviner un mot.


Niveau :  2
 

Durée : 45-90 minutes
 

Taille du groupe : 6+
 

Thèmes :

  • Images / Stéréotypes

Quelle est la première image qui vous vient à l’esprit lorsque vous pensez à une personne d’un pays donné ? Si vous aimez le jeu Pictionary, vous allez adorer «Cultionary» !
 

Thèmes abordés

  • Les images que nous avons des gens.
  • Les stéréotypes et les préjugés.

Objectifs

  • Analyser nos stéréotypes, préjugés ou a priori sur les autres.
  • Travailler sur les images que nous avons des autres.
  • Encourager la créativité.

Préparation/Matériel

  • Une liste de nationalités, de cultures et de notions à faire deviner.
  • Un tableau de conférence et un marqueur pour noter le score.
  • Des feuilles de papier (de format A4) et des stylos pour que les participants puissent dessiner.
  • Du scotch ou des punaises, et un mur pour afficher les dessins.

Instructions

  1. Demandez aux participants se former des équipes de 3 ou 4 et de trouver un nom pour leur équipe.
  2. Invitez les équipes à venir prendre des feuilles de papier et un stylo, et à s’asseoir dans un coin, un peu à l’écart des autres.
  3. Appelez un membre de chaque équipe à vous rejoindre. Communiquez discrètement le même mot à ces 3 ou 4 personnes, en veillant bien à ce que les autres participants ne l’entendent pas.
  4. Ensuite, demandez-leur de regagner leur groupe et de traduire le mot en question par un dessin. Les autres membres de l’équipe doivent alors essayer de deviner de quoi il s’agit. Seules les images sont autorisées : les dessinateurs ne doivent utiliser ni chiffres, ni mots, et ne doivent pas parler non plus, si ce n’est pour confirmer l’exactitude d’une réponse.
  5. Les membres de l’équipe peuvent parler mais uniquement pour énoncer des propositions : il leur est interdit de poser des questions.
  6. Lorsqu’une équipe trouve la réponse, elle l’annonce au reste du groupe et marque un point. Inscrivez le score sur le tableau.
  7. Demandez à tous les dessinateurs d’écrire le mot à deviner sur leur dessin, qu’il soit terminé ou non.
  8. Ensuite, demandez aux équipes de choisir un autre dessinateur. Faites en sorte que chacun joue ce rôle au moins une fois.
  9. Arrêtez le jeu après avoir fait deviner six à huit mots. À la fin, demandez aux groupes d’afficher leurs dessins pour qu’ils puissent les comparer et discuter des différentes interprétations et des images associées à chaque mot.

Bilan et évaluation

  • Avez-vous apprécié cette activité? Pourquoi ?
  • Comparez la manière dont un même mot a été interprété par différentes personnes. Notez-vous des similitudes ? Des différences ?
  • Quelles sortes d’images les participants ont-ils utilisées pour illustrer des nationalités ou cultures étrangères ? Des formes de pays ? Des drapeaux ? Des artefacts culturels, tels que des plats typiques, des vêtements ou des instruments de musique ?
  • Si quelqu’un a été dérouté par une image donnée, demandez au dessinateur pourquoi il a choisi d’illustrer le mot en question de cette façon.
  • Dans quelle mesure les images traduisent-elles des stéréotypes courants ? Ceux-ci sont-ils positifs ou négatifs ?
  • Les stéréotypes sur les minorités sont-ils généralement positifs ou négatifs ?
  • D’où proviennent les images que nous avons ? Quel rôle jouent les réseaux sociaux à cet égard ?
  • Comment les stéréotypes affectent-ils nos opinions sur les individus et les groupes ? Donnez quelques exemples personnels.
  • L’un des participants a-t-il pris conscience de ses propres préjugés ?
  • Comment les stéréotypes peuvent-ils être utilisés à des fins politiques ? Donnez quelques exemples de manipulations reposant sur des stéréotypes.
  • Comment les stéréotypes et les préjugés peuvent-ils conduire à des actes de haine ?
  • Avez-vous déjà entendu parler de la pyramide de la haine ? Si oui, pouvez-vous citer des exemples de comportements correspondant à chacun des cinq niveaux de cette pyramide ? Lesquels observez-vous dans votre société ?
  • Que peut-on faire pour lutter contre nos stéréotypes et préjugés ?

Conseils pour les animateurs

Gardez à l’esprit que les personnes qui s’estiment nulles en dessin risquent de penser que cette activité sera difficile pour elles. Rassurez-les en leur expliquant que le but n’est pas de produire des chefs d’œuvre, et encouragez tous les participants à jouer au moins une fois le rôle de dessinateur. Commencez par un ou deux mots « faciles », comme « un Écossais » ou « un migrant », avant de passer à des notions abstraites, comme « la haine ».

Cette activité est susceptible de faire ressortir les stéréotypes les plus immédiats et les plus répandus, aussi attendez-vous à quelques moments gênants. Si créative et amusante cette activité soit-elle, il est essentiel que les groupes réfléchissent aux risques et aux graves conséquences qu’entraînent les stéréotypes.

Nous avons tous besoin de stéréotypes pour établir un lien avec notre environnement et les personnes qui nous entourent. Ce sont des sortes de « guides très synthétiques » qui permettent de préparer la rencontre avec un inconnu en nous donnant des orientations sur le comportement à adopter face à lui – par exemple, sur la manière de le saluer (lui serrer la main, lui faire la bise ?) ou sur les sujets de conversation appropriés. C’est le fait de juger l’autre en se fondant sur des stéréotypes qui pose problème. L’évaluation et la discussion doivent amener à prendre conscience du fait que les stéréotypes ne sont rien d’autre que des images et des suppositions, qui, bien souvent, sont très éloignées de la réalité. Être attentif aux stéréotypes et aux risques que comporte le fait de les prendre pour argent comptant est certainement la meilleure façon de prévenir les préjugés qui conduisent à la discrimination.

Il est intéressant de noter que nous avons rarement des clichés sur les personnes avec lesquelles nous avons peu de contacts. Réfléchissez à vos préjugés sur les habitants de Saint-Marin ou du Bhoutan, par exemple ; tout au plus penserez-vous que « ce sont des gens charmants » pour avoir rencontré une personne originaire de ces pays une fois dans votre vie. Nous vous suggérons par conséquent d’inclure dans votre liste de mots à faire faire deviner le nom d’au moins une personne issue d’une minorité représentée dans votre pays avec laquelle le groupe n’aura probablement eu que très peu de contacts directs, voire aucun.

Vous pourriez souhaiter aborder la question du genre, en évoquant par exemple le fait qu’en anglais, on utilise le mot Frenchman pour désigner un Français, mais le terme neutre de Spaniard pour désigner une personne originaire d’Espagne. Si les participants ont dessiné des « personnages » allumettes, il y a fort à parier qu’il s’agissait essentiellement de bonhommes. Pourquoi n’ont-ils pas dessiné des « bonnes femmes allumettes » ? D’autres questions se poseront dans les langues utilisant des articles genrés.

Autre point à examiner pendant cette discussion : l’origine des stéréotypes. Vous pourriez analyser le rôle des jeux et des livres d’enfants, celui des médias d’information, des réseaux sociaux, d’internet, de l’éducation formelle, de l’éducation informelle, de la famille et/ou des pairs à cet égard.

Les règles du jeu et le choix des mots à faire deviner doivent être fonction du contexte culturel et national du groupe. Par conséquent, les mots proposés ci-dessous ne sont que des suggestions. Lorsque vous établirez votre propre liste, réfléchissez à la manière dont vous illustreriez vous-même chaque mot. Certains sont plus faciles à faire deviner que d’autres. Pour « un(e) Écossais(e) », par exemple, on pourra dessiner un kilt, une cornemuse ou des montagnes. En revanche, quelles images utiliseriez-vous pour faire deviner « un(e) Géorgien(ne) » ou « la pauvreté » ?

Suggestions de mots à faire deviner :

Une personne aveugle, une personne sourde, un(e) ressortissant(e) du pays où se déroule l’activité, un(e) Écossais(e), une personne musulmane, le racisme, l’éducation, la discrimination, l’antisémitisme, un(e) refugié(e), l’égalité, un(e) paysan(ne), la pauvreté, une personne homosexuelle, l’éducation, la justice, une personne sans-abri, une personne séropositive, les réseaux sociaux, un(e) Rom, les droits de l’homme, la solidarité, la haine, l’équité, un membre d’une minorité présente dans le pays où se déroule l’activité, un(e) Ghanéen(ne), Nelson Mandela, un(e) courtier(e), un(e) responsable politique, une personne féministe, un(e) terroriste.


Suggestions de suivi

S’engager concrètement : Encouragez les membres du groupe à prendre davantage conscience de l’emploi de stéréotypes dans les médias et la publicité, ainsi que de leur réaction face à ces stéréotypes. Demandez-leur de réfléchir à des exemples qu’ils présenteront lors de la prochaine séance.

Essayer une autre activité : Les images que nous avons des autres personnes et cultures sont aussi liées à la musique. « Knysna Blue » vous invite à réfléchir aux « images musicales ».


Le saviez-vous ?

La pyramide ci-dessous représente l’échelle des comportements fondés sur des préjugés, du moins complexe au plus complexe (en partant de la base). Les comportements décrits à tous les niveaux ont des répercussions négatives sur les individus et les groupes, mais plus on s’approche du sommet, plus ces répercussions sont potentiellement mortelles. Comme dans toute pyramide, les niveaux supérieurs sont fondés sur les niveaux inférieurs. Si les gens ou les institutions considèrent que les comportements associés aux niveaux inférieurs sont acceptables ou « normaux », alors les comportements qui relèvent des niveaux immédiatement supérieurs sont plus facilement acceptés. Répondant à la question de la communauté internationale concernant l’origine de la haine qui conduit au génocide, la « Pyramide de la haine » montre que cette dernière est fondée sur l’acceptation des comportements décrits aux niveaux inférieurs de la pyramide.

The Pyramid of Hate

© 2018 Anti-Defamation League

Durée : 45 - 90 minutes | Taille du groupe : Au moins 6 personnes
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