Concours « Euroblagues »

Cette activité s’inspire du Concours Eurovision de la chanson sauf qu’ici les candidats ne sont pas des chanteurs, mais des humoristes. Le public attribue des points allant de 1 à 10 et la meilleure blague remporte le concours.


Niveau : 3
 

Durée : 60 minutes
 

Taille du groupe : indifférente
 

Thèmes :

  • Images / Stéréotypes
  • Mécanismes

C’est juste pour rire ! Qu’est-ce que ça peut faire que nous fassions des blagues sur les autres ? Ne soyez pas si susceptible, souriez !
 

Thèmes abordés

  • Les stéréotypes et les préjugés
  • La façon dont l’humour est utilisé pour entretenir ou alimenter les préjugés
  • Les liens entre les relations de pouvoir, les privilèges et notre langage
  • La responsabilité qui nous incombe à chacun de réagir face à des situations que nous désapprouvons

Objectifs

  • Sonder les ressorts de notre humour
  • Prendre conscience des effets que les plaisanteries et les mots ont sur nous, sur les personnes qu’ils visent et sur la société en général
  • Assumer de prendre position contre l’utilisation de blagues et d’un langage qui posent problème

Préparation / Matériel

  • Réfléchissez à plusieurs blagues et expressions appropriées pour votre groupe. Six ou huit suffiront. Notez-les sur des bouts de papier que vous mettrez dans un sac ou un chapeau.
  • Une grande feuille de papier ou un tableau de conférence et un marqueur pour noter les scores.
  • Aménagez une estrade où les participants effectueront leur prestation

Instructions

  1. Expliquez le concept du concours « Euroblagues » et demandez si des personnes sont volontaires pour se produire sur scène. Le reste du groupe constitue le public. L’animateur joue les modérateurs et compte les points.
  2. Demandez à chaque volontaire de tirer une blague du chapeau et de se préparer à la raconter.
  3. Invitez les humoristes à raconter, tour à tour, leur blague sur scène.
  4. Chaque prestation est suivie d’un vote. Expliquez que, pour garantir l’impartialité des votes, tout le monde doit fermer les yeux. Après avoir compté jusqu’à trois, demandez à chacun d’attribuer une note de 1 à 10 en montrant le nombre de doigts correspondant.
  5. Notez les scores sur le tableau.

Bilan et évaluation

  • Cette activité vous a-t-elle plu ? Quels sentiments vous a-t-elle inspirés ?
  • Quelle blague a gagné et pourquoi ? Quelle est celle qui a obtenu le moins bon score et pourquoi ?
  • Comment avez-vous voté pendant le jeu ? Sur quels critères vous êtes-vous basés pour juger une blague ?
  • Qu’est-ce qui fait qu’une blague est drôle ?
  • Pourquoi racontons-nous des blagues ? Pourquoi les apprécions-nous ?
  • Parmi les personnes qui s’étaient portées volontaires, y en a-t-il eu qui ont refusé de raconter la blague qu’elles avaient tirée ? Pour quelle raison ?
  • Des personnes se sont-elles abstenues (n’ont pas voté) à un moment du jeu ? Quelle était la blague concernée et pourquoi n’ont-elles pas voté ?
  • Quelqu’un s’est-il senti personnellement offensé par l’une des blagues ? Si oui, pourquoi ? Qu’est-ce qui était offensant ? Qu’a ressenti la personne ?
  • En général, quels sentiments vous inspire une blague sur un sujet qui vous tient particulièrement à cœur ? Donnez un exemple et dites quelle a été votre réaction.
  • Les groupes qui ont été visés par les blagues lors du jeu ont-ils quelque chose en commun ?

À ce stade du bilan, commencez à orienter la discussion vers l’humour en général :

  • Les blagues et l’humour en général nous apprennent-ils quelque chose sur les stéréotypes et les préjugés, les relations de pouvoir ou les privilèges dans notre société ? Si oui, quoi ?
  • Qu’est-ce qui fait qu’une blague est inacceptable ou tout du moins problématique ? Est-ce l’intention de la personne qui la raconte ou l’offense ressentie par celle visée par la blague en question ?
  • Est-il justifié de critiquer l’humour offensant ?
  • Peut-on justifier que des responsables politiques ou l’autorité soient tournés en ridicule ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ?
  • Y a-t-il des limites à ne pas franchir en matière d’humour et de dérision ? Si oui quelles sont-elles, qui en décide et comment ?
  • Une multitude de contenus offensants circulent sur les réseaux sociaux. Devraient-ils être réglementés ? Par qui ?
  • Comment réagissez-vous lorsqu’une personne fait une blague ou une remarque que vous jugez inacceptable ?
  • Avons-nous la responsabilité de réagir dans ces cas-là ? Que devrions-nous faire ?
  • Quelle est la chose la plus importante que vous voudriez faire différemment la prochaine fois que vous vous retrouverez dans cette situation ?

Conseils pour les animateurs

Le choix des blagues est essentiel pour vous permettre de garder le contrôle d’une activité qui pourrait rapidement vous échapper. Votre sélection devra également être variée et inclura aussi bien des blagues peu choquantes que très choquantes, afin d’amener les participants à s’interroger sur les raisons pour lesquelles certaines posent problème et d’autres non.

Vous pouvez choisir des blagues sur l’appartenance ethnique, la religion, la nationalité, la race, la classe sociale, le sexe, l’orientation sexuelle, la profession, la taille et la corpulence, les aptitudes et les déficiences, le mode de vie, les opinions et sur des sujets tabous et sensibles. Internet recèle à ce titre une mine de matériels potentiels pour cette activité ; tapez « blagues xx » ou « blagues sur xx » dans un moteur de recherche.

Prenez garde aux blagues qui pourraient profondément blesser certains membres du groupe et utilisez-les uniquement si vous jugez que le groupe est prêt à les entendre et si vous êtes en mesure d’installer un climat suffisamment serein pour gérer leurs émotions et leurs réactions. Vous aurez en revanche besoin de blagues provocantes !

Intéressons-nous également aux blagues que les autres font sur nous. L’humour peut-il nous aider à porter un regard différent sur nous-mêmes ? Ces blagues peuvent-elles nous apprendre quelque chose ? Prenons un seul exemple : les Français font des blagues sur les Belges, mais quelles blagues les Belges ou les habitants d’autres pays font-ils sur les Français ?

Prenez par exemple la blague que font les Anglais : « Pourquoi les Français mangent-ils des escargots ? Parce qu’ils n’aiment pas la restauration rapide ! ». Cette blague est-elle drôle ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ? Que nous apprend-elle sur la relation des Français et des Anglais à la nourriture ?


Variantes

Cette activité peut être réalisée à l’aide de dessins humoristiques ou de mèmes. Dans ce cas, vous aurez besoin de matériel pour projeter les images afin qu’elles soient visibles par tous.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, jeter un œil au jeu de société ‘Cards against Humanity’ (disponible gratuitement en ligne) soit pour trouver des idées pour cette activité, soit pour jouer avec le groupe en gardant un regard critique.


Suggestions de suivi :

S’engager concrètement : Constituez un répertoire de blagues qui vous font rire et qui vous donnent matière à réfléchir. En voici deux pour commencer :

  • Au paradis les policiers sont anglais, les cuisiniers sont italiens, les mécaniciens sont allemands, les amants sont français et tout est organisé par les Suisses. En enfer, les policiers sont allemands, les cuisiniers sont anglais, les mécaniciens sont français, les amants sont suisses et tout est organisé par les Italiens
  • Ce n’est pas juste. La parité hommes-femmes devrait être respectée dans les prisons.

Vous pouvez aussi inventer vos propres blagues et créer vos propres dessins humoristiques que vous partagerez avec d’autres groupes et organisations.

Essayer une autre activité  : Intéressez-vous de plus près à la manière dont nous discriminons certains groupes et les en tenons ensuite pour responsables. Essayez l’activité « Faites-le ! ». Vous pouvez aussi réfléchir aux meilleures façons de réagir dans des situations délicates avec « Discrimination, osons en parler ! ».

Niveau 3 | Durée : 60 MINUTES | Taille du groupe : indifférente
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