Retour Droits humains et désinformation climatique : répondre aux préoccupations de la jeunesse

11 nov. 2025 11:30 - 13:00 Belém local time
Belém, Brazil
Information sur l'événement

Dans son Rapport sur les risques mondiaux 2024 (en anglais), le Forum économique mondial énumère 34 risques. La mésinformation et la désinformation se positionnent au premier rang des risques à court terme (deux ans) et au cinquième rang des risques à long terme (dix ans). Les cinq risques principaux dans une perspective de long terme concernent l’environnement.

L’initiative du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe « Vers un Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe » identifie également la dégradation de l’environnement et la désinformation comme des causes premières du recul démocratique.

En 2024, le Gouvernement brésilien, l’UNESCO et les Nations Unies ont lancé l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur les changements climatiques, un effort conjoint qui vise à renforcer la recherche et les mesures de lutte contre les campagnes de désinformation qui retardent et compromettent l’action en faveur du climat. Ces efforts sont essentiels pour soutenir durablement une action climatique urgente à un moment où les scientifiques avertissent que le monde s’approche de seuils critiques.

La désinformation et la mésinformation peuvent en effet avoir des effets extrêmement néfastes sur la société, car elles érodent la démocratie et sapent les droits humains et les libertés fondamentales. Le « désordre de l’information » met en péril la liberté d’expression et la liberté des médias, les droits à la santé et au respect de la vie privée, le droit d’être protégé contre la discrimination et la violence et le droit de participer aux affaires publiques, ce qui inclut les affaires liées à l’environnement. De plus, la désinformation ébranle la confiance du public dans la science et les institutions, fausse le débat public et entrave l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et d’une législation qui s’imposent de toute urgence pour faire cesser la dégradation de l’environnement.

En plus d’être essentiels à l’exercice de nombreux droits fondamentaux, l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière environnementale sont les grands piliers de la gouvernance environnementale. Ce sont également des droits garantis par plusieurs traités internationaux et du Conseil de l’Europe. La Convention d’Aarhus des Nations Unies concerne tout particulièrement l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière environnementale. Plusieurs autres conventions, instruments juridiques non contraignants et initiatives du Conseil de l’Europe portent sur l’accès à l’information, la liberté d’expression et la gouvernance démocratique.

Une multitude d’initiatives et de processus lancés au niveau mondial, de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe combattent la désinformation, en imposant ou en recommandant des réformes juridiques (sanctions et cadres de transparence et de responsabilité) et en encourageant l’autorégulation et la corégulation avec le secteur privé, l’autonomisation des utilisateurs (éducation aux médias, accès à des sources fiables et mécanismes de plainte), la recherche, les systèmes indépendants de vérification des faits, les systèmes de certification, la coopération multipartite et la constitution de réseaux. La désinformation climatique est souvent citée comme un exemple de problématique à traiter, au même titre que les processus électoraux, la covid-19 et la désinformation liée aux conflits.

Les mesures stratégiques et juridiques de lutte contre la désinformation doivent trouver un juste équilibre entre, d’une part, l’intérêt de préserver l’intégrité de l’information et les droits que la désinformation risque de mettre à mal et, d’autre part, l’obligation de protéger la liberté d’expression et la liberté des médias contre les restrictions indues. La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme contient des éléments qui permettent de trouver cet équilibre. La nécessité de créer des conditions favorables à l’action des défenseurs et défenseuses de l’environnement est également pertinente à cet égard, comme l’ont souligné le Commissaire aux droits de l’homme et plusieurs rapporteurs des Nations Unies.

 

Résultats de l’événement :

Cet événement parallèle a étudié les façons de préserver l’intégrité de l’information dans l’action climatique du point de vue des droits humains, en mettant l’accent sur l’engagement des jeunes. Il a ainsi permis :

  • de souligner l’importance de l’accès à des informations environnementales fiables et opportunes en tant que droit humain et fondement d’une gouvernance démocratique dans le domaine de l’environnement ;
  • d’examiner la manière dont les perspectives des jeunes sont intégrées dans les efforts du Conseil de l’Europe et des États membres visant à lutter contre la désinformation climatique ;
  • d’examiner le rôle des tribunaux et du pouvoir judiciaire dans la lutte contre la désinformation climatique et la promotion de la responsabilité ;
  • de présenter des exemples d’initiatives menées par des jeunes pour identifier, combattre et dénoncer la désinformation climatique ;
  • de traiter de la protection des groupes vulnérables et des défenseurs et défenseuses du climat, en veillant à ce que ces personnes ne fassent pas l’objet de représailles en raison de leurs activités de sensibilisation.

En réunissant des représentant·es d’institutions internationales, de gouvernements et d’organisations de jeunesse, l’événement a permis de favoriser le dialogue et d’identifier des actions communes visant à préserver l’intégrité de l’information et à permettre une participation éclairée à la lutte contre le changement climatique.

 

Modérateur : Mr Xabier Gomez, Project Lead on Environmental Defenders, Youth and Environment Europe

Intervenant·e·s :

  • Mr Rafael Benitez, Directeur des droits sociaux, de la santé et de l’environnement.

  • Ms Marta Saraiva - Ancienne Représentante permanente adjointe du Portugal auprès du Conseil de l’Europe.

  • Dr Elisa Morgera, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection des droits de l’homme dans le contexte du changement climatique.

  • Mr Connah Snape, Board Member, Youth and Environment Europe.