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Retour « Quel avenir nous reste-t-il ? » Le Forum mondial de la démocratie s'ouvre sur un appel au rétablissement de la confiance

Le Forum mondial de la démocratie rassemble 1 400 participants venus de 60 pays à Strasbourg
Les participants au Forum mondial de la démocratie. Le Forum se penche sur la « prospective démocratique » : comment l’Europe doit-elle anticiper l’avenir afin de renforcer la sécurité démocratique ?

Les participants au Forum mondial de la démocratie. Le Forum se penche sur la « prospective démocratique » : comment l’Europe doit-elle anticiper l’avenir afin de renforcer la sécurité démocratique ?

Alors que les jeunes du monde entier descendent dans la rue pour exiger un changement politique, défendre leurs droits et demander à avoir davantage leur mot à dire sur leur avenir, le Conseil de l’Europe, qui compte 46 membres, organise le Forum mondial de la démocratie afin d’évaluer l’état de la démocratie dans un contexte d’incertitude mondiale croissante et de rechercher des solutions pour renforcer la sécurité démocratique.

Lors de l’ouverture du forum, la présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Petra Bayr, a mis en garde contre le fait que les menaces les plus dangereuses pour la démocratie passaient souvent inaperçues. « Les menaces les plus dangereuses pour la démocratie ne font aucun bruit », a-t-elle déclaré, en pointant du doigt la désinformation, l’affaiblissement des institutions et l’érosion progressive de la confiance. « C’est ainsi que la démocratie meurt aujourd’hui : non pas dans un grand fracas, mais d’un simple clic. »

Quel avenir reste-t-il à la jeunesse européenne ?

Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a mis en avant les mouvements menés par les jeunes à travers l’Europe et ailleurs, unis par une même question : « Quel avenir nous reste-t-il ? »

« Partout dans le monde, les populations sont de plus en plus nombreuses à avoir le sentiment que le système ne fonctionne plus pour elles, et ces ruptures cumulées anéantissent leurs perspectives d’avenir », a déclaré M. Berset, faisant référence à des défis tels que la guerre, le changement climatique, les inégalités économiques, le coût de la vie et l’intelligence artificielle.

La manipulation de l’information et l’ingérence menées depuis l’étranger menacent également la démocratie. « Sur les quinze pays les plus pris pour cible dans le monde l’année dernière, onze sont des États membres du Conseil de l’Europe, et nous travaillons à l’élaboration d’un instrument juridique pour contrer cette menace », a-t-il souligné.

Le Secrétaire Général a appelé à un renforcement des institutions démocratiques, à la liberté des médias et à la transparence des élections, en mettant en avant le Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe afin de rétablir la confiance des citoyens face aux nouvelles réalités technologiques et géopolitiques.

Il a souligné le succès du mouvement étudiant serbe, adressant un message d’espoir : « Il y a deux ans, nombreux étaient ceux qui disaient à ces étudiants que leurs revendications étaient impossibles à satisfaire. Elles ont été exaucées il y a huit jours. L’avenir de la démocratie est tout aussi ouvert. Le choix nous appartient.

La transition démocratique de la Croatie et les défis de l’Europe

Le Premier ministre croate Andrej Plenković, dont le pays célèbre le 6 novembre ses 30 ans d’adhésion au Conseil de l’Europe, a qualifié l’adhésion de la Croatie en 1996, au lendemain de la guerre, de tournant décisif dans sa transition démocratique.

« Pour nous, cette adhésion représentait bien plus qu’une simple étape diplomatique. Elle constituait une reconnaissance de notre persévérance, un engagement envers nos valeurs européennes communes, ainsi que le début d’un parcours vers le renforcement des droits humains, de l’État de droit et des institutions démocratiques », a-t-il déclaré.

Évoquant le thème du Forum, « Rupture ou renouveau ? La sécurité démocratique pour l’avenir », M. Plenković a mis en garde contre les défis que représentent notamment l’agression de la Russie contre l’Ukraine, la désinformation, la perte de confiance des citoyens et l’intelligence artificielle.

« La Croatie ne connaît que trop bien les conséquences de la violation, du non-respect et de l’ignorance du droit international », a-t-il déclaré, soulignant que le soutien à l’Ukraine restait « inébranlable », tant sur le plan politique que militaire et financier.

Il s'est déclaré favorable au Nouveau Pacte Démocratique pour l'Europe, qu'il considère comme un moyen de renforcer la participation citoyenne et de protéger l'intégrité de l'information

Abordant la question des pressions économiques, le Premier ministre Plenković a averti que la hausse du coût de l'énergie risquait de saper la confiance dans les institutions démocratiques et d’alimenter la radicalisation politique.

« Cette insécurité peut alimenter le populisme et la radicalisation politique, en particulier au sein des communautés qui dépendent de la voiture et sont vulnérables à la hausse des prix des carburants. La sécurité énergétique est donc également essentielle à la résilience de nos démocraties », a-t-il déclaré.

Il a appelé à la mise en place de politiques visant à protéger le pouvoir d’achat et à réduire la vulnérabilité de l’Europe face aux pays fournisseurs qui utilisent l’énergie comme instrument de coercition.

« La démocratie doit répondre aux attentes des citoyens », déclare le Sous-Secrétaire général des Nations Unies

Guy Ryder, Sous-Secrétaire général des Nations Unies chargé des politiques, a mis en garde contre le fait que la promesse fondamentale de la démocratie, à savoir que le pouvoir appartient au peuple et que les dirigeants doivent rendre des comptes, était de plus en plus remise en question.

Il a défini trois priorités : rétablir la confiance en veillant à ce que les institutions démocratiques apportent des améliorations concrètes dans la vie des citoyens ; renforcer la participation démocratique, en particulier chez les jeunes ; et préparer les institutions aux défis à venir.

« La confiance ne s’exige pas. Elle se mérite par des actes et par des résultats », a-t-il souligné.

Le 14e Forum mondial de la démocratie, qui se tient à Strasbourg les 2 et 3 novembre, rassemble des dirigeants politiques, des représentants de la société civile, des universitaires et des jeunes afin de réfléchir aux moyens de renforcer la sécurité démocratique. Il contribue également aux consultations sur le Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe du Conseil de l’Europe.


 Lire le discours du Secrétaire Général

 En savoir plus sur le Forum mondial de la démocratie

 Le Secrétaire Général Alain Berset

 La Croatie et le Conseil de l'Europe

Strasbourg, France 2 novembre 2026
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