Des représentants de 16 comités intergouvernementaux du Conseil de l’Europe se sont réunis aujourd’hui à Strasbourg pour examiner ce que devrait signifier la sécurité démocratique dans l’Europe d’aujourd’hui et comment leur travail doit s’adapter.
« Nous recherchons la sécurité par le biais de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit, jamais au détriment de ceux-ci », a déclaré la Secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe, Tanja Gonggrijp, en ouvrant la discussion. Même dans les circonstances actuelles, il y a des raisons d’espérer, a-t-elle fait valoir. « La plupart des épisodes d’autocratisation survenus au cours des trente dernières années ont été inversés. Le recul démocratique n’est pas une fatalité », a conclu la Secrétaire générale adjointe.
Cet échange s’inscrit dans le cadre des consultations menées en vue du Nouveau pacte démocratique pour l’Europe, lancé en 2025 pour faire face au recul de la démocratie. Énoncé pour la première fois lors du Sommet de Vienne de 1993, le concept de sécurité démocratique repose sur le principe selon lequel la sécurité s’assure par la démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit, et non au détriment de ceux-ci.
Ce concept doit désormais tenir compte de nouvelles pressions, allant de l’agression militaire et de l’ingérence étrangère à la désinformation, en passant par les risques posés par l’intelligence artificielle et la perte de confiance dans les institutions. Il y a toutefois des raisons d’espérer : les données historiques montrent que 70 % des épisodes d’autocratisation observés au cours des trente dernières années ont été inversés.
Réunissant des experts dans des domaines variés allant du droit constitutionnel à la lutte contre la corruption, en passant par les technologies émergentes, la liberté de la presse, les droits sociaux, l’égalité des sexes et la jeunesse, les participants, représentant divers comités de pilotage intergouvernementaux et organes de suivi du Conseil de l’Europe, ont débattu de la signification de la sécurité démocratique dans le contexte actuel et des causes profondes du recul des droits de l’homme sur le continent. Ils ont également examiné comment les organes d’experts de l’organisation peuvent coopérer plus étroitement sur des questions transversales et répondre aux moteurs du changement, aux nouvelles tendances et à l’influence croissante des acteurs privés et non étatiques sur la gouvernance démocratique.
Des experts en prospective ont animé des exercices basés sur des scénarios et d’analyse prospective, et ont aidé les comités à intégrer la planification à long terme dans leurs travaux et à passer de l’identification des défis à l’exploration des opportunités pour renforcer la sécurité démocratique.
