« J'exhorte les députés grecs à rejeter un amendement prévoyant la suspension de l'enregistrement des demandes d'asile des personnes arrivant par bateau d'Afrique du Nord, ainsi que leur retour forcé, sans enregistrement, vers leur pays d'origine ou de provenance », a déclaré aujourd'hui le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, commentant un amendement législatif déposé hier soir par le gouvernement grec.
« Cette proposition légaliserait le renvoi de personnes exposées à un risque de torture et d'autres violations graves, en violation des obligations découlant de la Convention européenne des droits de l'homme, de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, ainsi que d'autres instruments, tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte des droits fondamentaux de l'UE.
Je suis également pris connaissance des mesures supplémentaires annoncées hier au Parlement par le Premier ministre Mitsotakis, notamment l'arrestation et la détention de toutes les personnes concernées par cet amendement qui, si elles étaient mises en œuvre, soulèveraient de nouvelles questions de conformité avec le droit international des droits humains », a ajouté le Commissaire.
Avec ces propositions, les autorités grecques souhaitent remédier à la situation sur les îles grecques de Crète et de Gavdos, compte tenu de l'augmentation des arrivées irrégulières dans ces deux îles en 2025.
« Je reconnais que l'augmentation des arrivées à Gavdos et en Crète au cours des six derniers mois a créé de nouveaux défis pour les autorités grecques. Cependant, comme je l'ai souligné lors de ma visite en Grèce en février dernier, la situation humanitaire serait gérable si les autorités remédiaient rapidement au manque de capacités d'accueil. Quoi qu'il en soit, toutes les mesures prises pour relever ces défis doivent respecter les instruments juridiques internationaux applicables. En d'autres termes, les autorités doivent veiller à ce que les droits humains des personnes concernées soient respectés, que leurs besoins de protection soient évalués individuellement et efficacement, et que les personnes éligibles à la protection internationale bénéficient de mesures de protection efficaces. »
