trasbourg, 03/02/11 – « Des efforts réels ont été faits pour permettre aux minorités religieuses de manifester leurs convictions librement. Toutefois, il reste un certain nombre de questions qui doivent encore être traitées par les autorités turques », a déclaré aujourd'hui le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, en publiant une lettre qu'il a adressée à ce sujet au Gouvernement turc. (en anglais uniquement)
Le Commissaire Hammarberg constate avec satisfaction que des mesures ont été prises pour renforcer la protection des lieux de culte, des biens et de la liberté religieuse des minorités non musulmanes ; il salue l'arrêté du Premier ministre contre les publications qui contiennent des éléments incitant à la haine ou traduisant une hostilité envers les communautés non musulmanes.
Observant que le séminaire théologique grec orthodoxe de Heybeliada (Halki) est toujours fermé, le Commissaire recommande une nouvelle fois d'autoriser sa réouverture et de lever les restrictions à la formation du clergé dans le pays, y compris du clergé arménien.
Le Commissaire Hammarberg est également préoccupé par la lenteur avec laquelle la Turquie met en œuvre les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme concernant la liberté de religion. « En 2007, la Cour a condamné la Turquie au motif que l'instruction religieuse ne répondait pas aux critères d'objectivité et de pluralisme et que la Turquie n'avait pas mis en place de moyens appropriés tendant à assurer le respect des convictions des parents de confession alévie. J'exprimais déjà des inquiétudes à ce sujet dans mon rapport de 2009 ; j'ai maintenant demandé des précisions sur les mesures que les autorités ont prises ou envisagent de prendre pour se conformer à l'arrêt ».
Le Commissaire a aussi demandé des informations complémentaires sur les mesures prévues pour remédier à l'absence d'aide financière pour la communauté alévie et à la non-reconnaissance de ses lieux de culte (Cemevleri), qui a aussi des conséquences financières importantes et des répercussions sur l'exercice de la liberté religieuse.
Enfin, le Commissaire Hammarberg appelle à régler la question de la mention de la religion sur les cartes d'identité en se conformant à l'arrêt de 2010 dans lequel la Cour de Strasbourg a condamné la Turquie pour violation du droit à la liberté de religion, précisément au motif que la carte d'identité du requérant mentionnait sa religion.
Lire la réponse des autorités turques (anglais uniquement)