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Les autorités russes devraient mettre fin au harcèlement judiciaire continu à l’encontre des défenseurs des droits de l'homme

Déclaration
Strasbourg 30/09/2020
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Les autorités russes devraient mettre fin au harcèlement judiciaire continu à l’encontre des défenseurs des droits de l'homme

Le verdict rendu le 29 septembre contre Iouri Dmitriev, historien et défenseur des droits de l'homme russe qui a été condamné à 13 ans d’emprisonnement dans un établissement de haute sécurité pour des faits dont il avait été déclaré non coupable précédemment, fait peser de sérieux doutes sur la crédibilité des poursuites engagées contre lui.

M. Dmitriev est connu dans son pays et à l’étranger pour ses travaux sur les victimes de la répression politique exercée dans le passé. Le procès qui a conduit à la lourde condamnation prononcée par la Cour suprême de Carélie et qui s’est déroulé en l’absence d’un avocat choisi par M. Dmitriev ne peut être considéré comme présentant les caractéristiques d’un procès équitable. C’est un exemple supplémentaire du harcèlement judiciaire dirigé contre les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et d’autres voix indépendantes ou critiques, qui s’intensifie en Fédération de Russie ces dernières années.

Une fois encore, je demande instamment aux autorités russes d’inverser cette tendance inquiétante consistant à prendre pour cible la société civile russe. Il faut mettre un terme immédiatement aux procédures pénales engagées contre un certain nombre de défenseurs des droits de l'homme, de journalistes et de militants de la société civile, parmi lesquels Abdulmumin Gadzhiyev, Yulia Tsvetkova, Anastasia Shevchenko et Semyen Simonov, poursuivis pour des activités légitimes de représentants de la société civile. En tant qu’État membre du Conseil de l'Europe, la Russie devrait aussi adopter des mesures structurelles, d’ordre politique, législatif et pratique, de manière à créer l’environnement dont les défenseurs des droits de l'homme ont besoin pour travailler en sécurité, comme l’exigent les normes européennes des droits de l'homme. Au lieu d’intimider et de harceler la société civile, les autorités russes à tous les niveaux devraient coopérer avec elle et reconnaître publiquement le rôle essentiel qu’elle joue dans le développement démocratique du pays.